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Redéfinir le monde : du texte au tissage, un planisphère de la diversité

Nicolas Gary - 19.05.2017

Evènement - salon livre Turin salto30 - planisphère monde identité - exposition art contemporain


#salto30 – Dans l’espace dédié à la jeunesse du salon de Turin, les livres ne manquent pas. Une diversité impressionnante à portée de main — littéralement, les tables d’exposition sont pensées pour que des enfants puissent s’en saisir. Mais une fresque qui habille les murs retient plus encore l’attention, d’autant qu’elle est comme découpée et éclatée dans les lieux.


Redéfinir le monde au-delà des frontières
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

 

Dans l’édition 2017 du Bookstock Village, c’est l’art contemporain qui s’est taillé une place. Le tout sous l’égide de Roland Barthes — excusez du peu — et de ses Variations sur l’écriture. Publié chez Einaudi en 1974, le livre évoque ce passage précisément : 

 

Singulier cosmonaute, je traverse bien des mondes, sans m’arrêter à aucun d’eux : la blancheur du papier, la forme des signes, la figure des mots, les règles de la langue, les contraintes du message, la profusion des sens associés. 

 

Pour la 30e édition de la manifestation, la collaboration entre le Salon du livre et le Dipartimento Educazione Castello di Rivoli se poursuit. Cette année, elle se caractérise par ce projet riche en couleurs, qui s’inscrit dans la thématique Oltre le confine — Par-delà les frontières. En partenariat avec la Galerie civique d’art moderne et contemporain de Turin, s’expose ainsi une fresque (pas vraiment de meilleur terme pour définir cet assemblage hétéroclite), qui se présente comme une mise en réseau. 

 

Incarnant tout à la fois une carte colorée du monde, et une construction de matériaux divers (toile, papier, plastique, etc.), il s’agit de montrer comment le concept même de lieu, d’espace, est constamment redéfini. En réunissant des matériaux divers, qui sont eux-mêmes inscrits dans une continuité, et pourtant répartis dans l’ensemble de l’espace, c’est l’éclatement que l’on constate, dans une certaine continuité.


Redéfinir le monde au-delà des frontières
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

 

La métaphore est simple à déchiffrer et intrigue les enfants : la construction d’un réseau avec des repères communs, des éléments que l’on retrouve. C’est également le retour à l’étymologie même du mot texte, du latin textum, ce qui est tissé, qui apparaît, en seconde lecture. Une autre cartographie qui se dessine. « Nous avions l’intention de faire réfléchir sur des thèmes comme l’identité et la différence », expliquent Anna Pironti et Paoloa Zanini du Dipartimento Educazione Castello di Rivoli Museo d’Arte Contemporanea.

Une cartographie au sens premier, d’ailleurs, puisque c’est un planisphère qui est représentée — avec ce paradoxe, notent judicieusement les enfants, que les continents disparaissent à mesure que l’on s’en approche.
 

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Dans le flux des visiteurs, cette exposition attire l’attention, la retient, prête à sourire sans méchanceté ni sarcasme. C’est la trame même du monde qui veut ici se dessiner, une chaîne globale, où les frontières et les identités en réalité se déclinent, évoluent…



Les histoires sans fin