À la poursuite du Turbomédia : “La BD numérique est une forme attractive de contenu web“

Cécile Mazin - 12.02.2016

Interview - Turbomédia BD numérique - contenu web - forme création auteure


Les copains du BDZ Mag sont allés à la rencontre d’une auteure de BD, ClemKle. Son profil ? C’est elle qui en parle le mieux : « Je suis née dans les années 90, alors j’ai grandi avec Internet ; les marketeux diront que je fais partie des digital natives. J’ai passé toute mon adolescence sur une île perdue dans l’océan Indien, et le web était ma fenêtre vers le reste du monde, ma façon d’apprendre de nouvelles choses. » Entretien !

 

 

 

Depuis son site, Digital Native Comic, ClemKle expérimente, cherche, et souvent trouve des choses originales. Plus qu’un blog, un laboratoire expérimental. Et c’est dans le domaine du Turbomédia qu’elle exerce une grande partie de son art – avec de l’encre de Kraken (authentique, jure-t-elle). C’est bien entendu dans les pas de Balak, l’homme qui a inventé le Turbomédia, qu’elle marche, avec sa propre vision.  

 

« L’appel du turbomédia est irrésistible. C’est un art tout nouveau, les codes restent à inventer ; une vraie aventure ! En plus je n’ai pas d’animal de compagnie, alors il fallait bien que je trouve autre chose », explique ClemKle. « Ce fut ma grande révélation. Je crois que je fais partie d’un groupe très large de personnes, d’internautes, scrutant leurs écrans numériques à la recherche de nouvelles histoires à découvrir. J’avais enfin trouvé le format qui me convenait, qui allait continuer de me surprendre et de m’émouvoir, sur mon support préféré ! »

 

Digital Native, probablement, mais également lectrice digitale. « Si j’avais le choix entre lire une même histoire en BD papier ou en BD nativement numérique, je choisirais la seconde sans hésiter. Ça correspond davantage à mes habitudes, je trouve ça plus pratique. Cela dit, si on avait une offre de BD numériques aussi vaste et de même qualité que la BD papier, j’achèterais quand même des Bds papier. Beaucoup moins, mais quand même. J’aurai une bibliothèque plus réduite, mais plus représentative des Bds que je préfère, avec des éditions luxueuses que je serai prête à payer plus cher. »

 

Adaptation de Fight Club

 

 

Créatrice, elle porte un regard clair sur le développement d’une bande dessinée numérique, et les contraintes qui se posent aux auteurs : « Je crois que le meilleur moyen de promouvoir le turbomédia et la BD numérique en général, c’est de soutenir sa création. Je pense sincèrement que la BD numérique est une forme attractive de contenu web, à l’heure où de plus en plus de gens ont les yeux portés vers au moins un écran numérique dans leur vie quotidienne. Le seul frein que je vois au développement de ce type de contenu, c’est que ses créateurs y mettent leurs propres ressources en temps et argent, ce qui limite leur marge de manœuvre.

 

En attendant, je continue mon bout de chemin sur le blog. Je donne aussi un coup de main au niveau des contenus dessinés sur la plateforme de TurboInteractive, gérée par BatRaf, sur laquelle on peut trouver plein de turbomédias. C’est ma façon de promouvoir le turbomédia, avec mes pouvoirs limités :)

 

J’espère que ça donnera envie à d’autres personnes de lire et de créer plus de BD numériques — ou même, d’en soutenir les créateurs ! »

 

Et pour l’avenir, justement, des auteurs. « La BD numérique, que l’industrie de la BD papier refuse de considérer ou soutenir, pourrait être une alternative à un modèle ancien dont les règles en défaveur des créateurs peinent à évoluer. J’aime le fait d’avancer sur un domaine encore relativement nouveau, avec tout à apprendre et à inventer. En tout cas, c’est la voie que j’ai choisie ! »

 

L’ensemble de l’entretien est à retrouver à cette adresse.