Jérôme Dumont : "J’aime le contact direct avec les lecteurs qu’offre l’autoédition"

La rédaction - 05.10.2015

Interview - Jérôme Dumont - autoédition publication - livres auteurs public


Installé au Canada, Jérôme Dumont a déjà séduit plus de 10.000 lecteurs avec sa série Rossetti & McLane, des enquêtes policières autoéditées, qui embarquent le lecteur de péripéties en péripéties entre le Québec et la Côte d’Azur, sur les traces du couple formé par un avocat niçois et une dirigeante de start-up canadienne. Il participe à la Rentrée des Indés , la rentrée littéraire des auteurs autoédités, avec Tension à Bord , la septième enquête de la série, un huis clos maritime dans le cadre du célèbre Queen Mary 2.

 

 

 

Parlons d’abord de Tension à bord. Pouvez-vous le résumer en quelques phrases ?

 

S’il fallait résumer à une seule phrase la septième enquête de Rossetti & MacLane : une croisière supposée idyllique qui va très mal tourner ! Cette traversée transatlantique va mettre à rude épreuve le tandem formé par l’avocat niçois et la dirigeante de startup, flanqué d’un couple d’amis formé de Martinez et Chloé. Après un premier dîner digne d’un crime de l’Orient Express, ils seront confrontés à une menace bien pire : le paquebot au complet se retrouve pris en otage !

 

Quelle a été votre source d’inspiration, l’évènement qui vous a poussé à écrire ce livre ?

 

Chaque enquête de Rossetti & MacLane est profondément ancrée dans le réel, qu’il s’agisse de détournements de données personnelles, de vols d’identité, de génétique, de règlements de comptes mafieux ou de victimes de tueurs en série. Avec des personnages bien installés dans la série, la connivence avec le lecteur était là pour s’aventurer dans un domaine plus proche du roman d’action que de l’enquête traditionnelle.

 

Dans mon « cahier des charges » pour l’écriture de Tension à bord, j’étais certain d’une chose : je voulais une aventure maritime mais comme ni l’un ni l’autre ne sont navigateurs au long cours, il fallait de l’action !

 

À partir de là, un mélange d’événements tels que le détournement de l’Achille Lauro qui, même s’il remonte à 1985, demeure toujours d’actualité, ainsi que des actes de piraterie plus récents tels que des « faits d’armes » de pirates somaliens m’ont donné des éléments supplémentaires pour m’atteler à l’écriture.

 

Enfin, on dit souvent d’un héros qu’il s’agit d’une personne ordinaire qui réagit à une situation dramatique de façon extraordinaire. J’ai donc décidé de placer Rossetti & MacLane face à l’inimaginable et, tout en gardant un côté profondément réaliste – il ne s’agit pas de superhéros ou de militaires surentraînés – afin de tester leur héroïsme… autant dire que l’épreuve a été rude pour mes personnages…

 

Une bonne raison de lire Tension à bord ?

 

Un roman qui commence comme une enquête d’Hercule Poirot et se termine en Jason Bourne !

 

Une enquête qui bouge tout en restant crédible, tant du point de vue des méchants que du comportement de ses autres protagonistes.

 

Pourquoi avez-vous choisi l’autoédition ? Avez-vous déjà publié par ailleurs chez un éditeur ?

 

J’aime la liberté, la rapidité et le contact direct avec les lecteurs qu’offre l’autoédition. Si l’on ajoute à cela mon côté technophile, ce choix, que j’avais déjà testé en 2011, m’est apparu comme une évidence lorsque vint le temps de publier des romans.

 

Je n’ai pas publié chez un éditeur traditionnel, ce qui pourrait parfaitement s’envisager pour la distribution des versions papier de mes romans. Je pense que les deux canaux sont amenés à interagir de plus en plus et je ne peux que me réjouir du changement d’image de l’autoédition que nous sommes en train de vivre : de plus en plus d’auteurs autoédités émergent, avec des textes de qualité, travaillés de façon professionnelle, apportant autant de voix nouvelles que, souvent, des éditeurs traditionnels ne prendraient peut-être pas le pari de publier.

 

Parlons de vous : depuis quand écrivez-vous ? Comment vous est venue l’envie d’écrire ?

 

Si l’on parle de romans, le premier Rossetti & MacLane a été écrit durant l’été 2013. L’inspiration a été au rendez-vous : deux ans après, j’en suis à mon huitième roman (même si le dernier n’est pas un Rossetti & MacLane !).

 

C’est souvent un lieu commun de dire qu’on a toujours voulu écrire. J’ai beaucoup rédigé dans ma vie professionnelle mais écrire des romans, cela m’est venu récemment et j’ai commencé par imaginer des personnages dont les parcours reflétaient le mien, tant en ce qui concerne le juridique que les nouvelles technologies, puisque j’ai la chance d’avoir exercé plusieurs carrières. Je dirais que Rossetti & MacLane sont le fruit d’une longue gestation. J’ai cette impression d’avoir commencé l’écriture à un moment de ma vie où cela se mettait en place naturellement.

En ce qui me concerne, j’aime raconter des histoires, du genre de celles qui se dévorent et pour lesquelles on n’a pas de répit avant d’avoir lu le mot « Fin ». Si, en prime, elles me permettent de développer différentes facettes de personnages qu’on prend plaisir à retrouver, j’adore ça !

 

Avez-vous des rituels d’écriture ? Comment cherchez-vous l’inspiration pour vos livres ?

 

Le seul rituel que je m’impose, c’est d’écrire tous les jours. Le plus difficile est parfois de s’y mettre, mais une fois mon ordinateur ouvert, je peux être dans un café bondé ou dans le silence total, j’écris. Il n’y a que pour les phases de correction et de relecture que j’ai impérativement besoin de calme.

 

Quant à l’inspiration, la chercher est souvent le meilleur moyen de ne pas la trouver… Je note tout ce qui me passe en tête au cours d’une journée, ce peut-être une phrase, un dialogue, une scène, un décor. Que ce soit en cours d’écriture ou en dehors d’un projet particulier, même si ce que je trouve le plus difficile, c’est de ne pas avoir d’écriture en cours ! En ce moment, je travaille sur trois projets, totalement différents. Certains m’inspirent plus que d’autres, alors je laisse aller ma plume !

 

 

 

Quels sont vos auteurs favoris, ceux qui vous inspirent ou que vous considérez comme vos modèles ?

 

Les deux premiers noms qui me viennent à l’esprit sont ceux de Patrick O’Brian, pour son souci du détail, du réalisme historique, et sa constance, ainsi qu’Andrea Camilleri, dont les enquêtes du commissaire Montalbano sont des expériences toujours réjouissantes. Mais comment ne pas citer des James Patterson, Michael Connelly, ou Harlan Coben ? Mais il est très difficile d’en faire un inventaire. Par exemple, parallèlement à ces auteurs, je relis avec délectation Sempé dont la délicatesse est toujours un pur régal…

 

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui rêve d’écrire un livre mais n’a jamais osé se lancer ?

 

Faites-le ! Soyez authentique et fidèle à vous-même. N’écrivez pas en vous demandant si ça va plaire. Demandez-vous si ça VOUS plait, si c’est que vous souhaitez écrire, ce que vous souhaiteriez lire. Et si vous envisagez d’autopublier, n’allez pas trop vite (je sais combien c’est difficile !). Prenez le temps de corriger, de le faire lire à des personnes sans complaisance et de le faire corriger par plusieurs personnes différentes. N’hésitez pas à investir dans ce domaine, ainsi que dans le design de couvertures.

 

Tension à bord est disponible sur le site de Jérôme Dumont, en version numérique, à 3,99 €

 

 

À propos​ de la Rentrée des Indés :

 

Pour la première fois cette année, en écho à la rentrée littéraire orchestrée par les éditeurs, 40 auteurs autoédités se réunissent pour s’offrir une visibilité inédite pendant tout le mois d’octobre et toucher de nouveaux lecteurs.

Épaulés par Iggybook.com (la plateforme des auteurs indépendants), Actualitte.com (le magazine des univers du livre) et Babelio.com (la première communauté de lecteurs francophones), ils lancent LA RENTRÉE DES INDÉS 2015.

Découvrez-les sur le site de la Rentrée des indés