Avec Castelmore, l'idée est d'offrir de l'imaginaire aux ados

Clément Solym - 20.09.2010

Interview - castelmore - litterature - adolescent


Entretien avec Barbara Bessat-Lelarge, directrice de la collection jeunesse Castelmore (Bragelonne).


ActuaLitté : Ce boulot de direction du label Castelmore, ça empiète sur ton travail de dessinatrice ?

BBL : Haha ! Pour que « dessinatrice » soit un « travail », il faudrait que je gagne de l’argent avec ! Donc mon travail à temps plein, c’est éditrice. Et mon hobby préféré, le dessin, empiète furieusement sur mon temps de sommeil, pas sur mon temps de travail.

ActuaLitté : Les ouvrages présentés surfent pas mal sur la tendance actuelle : du vampire, en tout cas, c’est le plus mis en avant. Comment anticiper ce qui sera au goût des jeunes lecteurs ?
BBL : Ce n’est pas forcément le plus mis en avant, c’est surtout que Vampire Academy est la première série que nous sortons à intervalles rapprochés (trois tomes en quatre mois).

Barbara Bessat-Lelarge
Je ne sais pas si on peut anticiper les goûts des lecteurs. J’observe ce qui se passe à l’étranger, mais je n’en tire pas de vérité absolue : parfois, ce qui marche ailleurs ne marche pas en France et inversement.

Avec Castelmore, l’idée est d’offrir de l’imaginaire aux ados, avec des héros de leur âge qui ont les mêmes préoccupations qu’eux. Après, vampires, sorciers ou fées… si le roman est rythmé et bien construit, et si les lecteurs s’attachent aux héros, c’est un livre qui leur plaira. Il me semble que les ados sont plus ouverts que les adultes : ils s’attachent moins aux genres qu’aux personnages, ils ne sont pas déroutés quand les codes sont adaptés ou pris à contrepied. En jeunesse, les genres se mélangent beaucoup : dans Vampire Academy, par exemple, les vampires ont aussi des pouvoirs magiques qu’ils tirent des quatre éléments. Bientôt, peut-être, les vampires voyageront-ils dans le futur (le passé, ils connaissent) dans une machine à vapeur ? Si les personnages sont chouettes et que l’intrigue est prenante, je suis preneuse, et je pense que les lecteurs suivront.

ActuaLitté : Tiens, d’ailleurs, moi, je n’y connais rien en jeunes lecteurs, mais puisque tu parles de « trois clics », quelle position pour ce label, concernant le numérique ?
BBL : Certains titres Castelmore seront disponibles en format numérique pour différents supports et sur différentes plateformes de vente, mais ce ne sera pas avant début 2011. Se lancer sur ce marché demande beaucoup de travail et de réflexion en amont, autant d’un point de vue technique que d’un point de vue contenu. On en fera, mais il faudra encore patienter quelques mois !

ActuaLitté : Au fait, des romans, d’accord, mais tu prévois d’autres publications ? (artbook, BD, hmm ?)

Non, rien de tout cela pour le moment. C’est déjà beaucoup de travail de lancer un label de romans avec un rythme de parution de deux à trois titres par mois. Les artbooks et la BD, ce sont des livres d’images, et ce n’est pas non plus la même façon de travailler que pour du roman, où il s’agit de texte, en noir et blanc… Ce qui ne veut pas dire qu’on n’en fera jamais. Ce n’est juste pas à l’ordre du jour.



ActuaLitté : Comment décrirais-tu globalement les titres que tu choisis et surtout, comment décides-tu de les intégrer ?
BBL : Les titres que je choisis répondent à deux critères : il faut qu’il y ait du fantastique, imaginaire, merveilleux, paranormal, et que l’âge et les préoccupations des héros soient proches de celles des lecteurs (amour, découverte des autres, de soi, du monde, perte d’innocence face à des adultes qui ne sont plus, tout d’un coup, parfaits).

Ensuite, les personnages doivent être attachants et l’intrigue bien ficelée.

C’est un petit casse-tête de décider à quel moment sortir quel titre : il faut tenir compte des délais de traduction, des séries dont on veut sortir les tomes de façon rapprochée… Les plannings changent et s’ajustent au fur et à mesure. Certaines séries sont déjà entièrement écrites en VO, d’autres non.

Ce qui est sûr, c’est que je ne manque pas de choix. La littérature pour ados est à l’image de la littérature jeunesse en général : elle se réinvente en permanence, et je ne m’y ennuie jamais.