Benjamin Guérif, éditions Gallmeister : “Donner à lire l'Amérique dans sa diversité”

Laurène Bertelle - 11.05.2017

Interview - editions gallmeister totem - littérature americaine poche - François Guérif Gallmeister


ENTRETIEN - Les éditions Gallmeister, créées en 2006 par Oliver Gallmeister, sont spécialisées dans la littérature américaine. Parmi les différentes collections, Totem, créée en 2010, publie entre autres les plus grands succès de la maison en version poche. Depuis un an, la collection s’est refait une beauté et affiche une nouvelle identité graphique très marquée. Benjamin Guérif, directeur de collection, nous présente son Totem. Entre histoires de cowboys et polars urbains, on discute également traductions, cessions de droits et marché numérique.  




ActuaLitté : Quel a été votre parcours, comment êtes-vous arrivé à ce poste de directeur de collection ?


Benjamin Guérif : À l’origine, j’ai un doctorat en Histoire : je m’étais intéressé à la Scandinavie et à la Laponie. Après m’être rendu compte que je n’avais pas envie d’être prof, je suis parti en Norvège, j’y ai passé un certain temps. Quand je suis rentré, j’ai été traducteur. J’avais une connaissance d’une langue peu répandue à l’époque, qui ne m’a d’ailleurs pas beaucoup servi.
 

Grâce à ce début, je suis devenu traducteur d’anglais. Mon frère était parti aux États-Unis comme étudiant. Il avait besoin de gagner sa vie, mais il ne pouvait pas travailler en dehors de l’université. Et donc j’ai eu une super idée : je trouvais des bouquins à traduire de l’américain à Paris, souvent issus de la culture populaire. Par exemple, on a traduit une biographie d’Eminem. Il y avait beaucoup d’argot, beaucoup de culture locale, ce n’était pas évident à faire. Mon frère habitant là-bas, sur le campus il trouvait tout ce qu’il fallait. Moi, après je rédigeais. J’étais plutôt fort en français, lui en anglais. À nous deux, on a fait plutôt un bon traducteur pendant plusieurs années. On a traduit des ouvrages de rap, Eminem, Marilyn Manson… Ce n’est pas très littéraire, mais cela demandait des connaissances assez pointues.
 

Je faisais aussi des piges pour Rivages. Mon père travaillait chez Rivages, il était éditeur. De temps en temps, lorsqu’il avait un mauvais dossier, quand il avait une mauvaise traduction à reprendre, par exemple, un livre qui avait été traduit par deux traducteurs et qui n’avaient pas donné le même nom au personnage... Ce genre de choses, il me le donnait à faire, à l’extérieur. En 2007, mon père a pensé prendre sa retraite. Comme il était précieux pour la maison, il est resté, mais avait besoin de quelqu’un. J’ai donc été embauché à mi-temps chez Rivage, puis à temps plein.

Finalement mon père, qui devait rester 3 ans, est resté 10 ans. Quand Rivages a été racheté par Actes Sud, il est parti et moi aussi. Oliver m’a alors proposé de rejoindre les éditions Gallmeister. De fil en aiguille, on passe de l’histoire scandinave au nature writing américain.
 

Pouvez-vous présenter les éditions Gallmeister et la collection Totem en quelques mots ?


Benjamin Guérif : Gallmeister, c’est une maison d’édition spécialisée dans le roman américain. Au début, il y a eu une image assez proche du nature writing au sens large, c’est-à-dire pas seulement les histoires d’ours, de trappeurs, d’hommes des bois ou de pêcheurs, mais de toute la littérature de la confrontation des Européens d’origine et des premiers Américains à cet immense continent sauvage, par rapport à l’Europe, et regorgeant de richesses, de merveilles, de place, pour des gens qui venaient de pays surpeuplés, miséreux.

 

C’est la littérature de la frontière qui a donné le western, qui a donné un certain roman noir. C’est la somme de l’expérience américaine avec toutes ses facettes, du nature writing traditionnel au Far West, à l’histoire de cowboys, l’histoire d’ermites dans leurs collines. C’est aussi bien le désert de l’Arizona que l’Alaska ou les zones urbaines. C’est assez vaste.


La collection de poche Totem elle, est une collection qui souhaite donner à lire l’Amérique dans sa diversité. Pour cette raison, il y a des sous-genres : Nature Writing, qui était le corps de métier d’origine, mais qui maintenant s’est élargi, mais également Noir, un autre sous-genre issu, en partie, du western, ce qu’on ne fait pas toujours en France. Le troisième est Americana, et vient des grands formats sortis sous la direction de Philipe Beyvin qui est éditeur chez nous, qui est une littérature assez différente, mais également reflet de l’expérience américaine, d’une autre nature. C’est beaucoup moins les grands espaces, c’est beaucoup plus sociologique.

Les derniers succès de la maison, d’ailleurs, Les douze tribus d’Hattie ou La Femme qui avait perdu son âme sont issus de cette collection : on n’est plus du tout dans le cow-boy, c’est complètement autre chose.




Avec ça, on a inauguré une dernière catégorie, qui est Les Classiques. C’est une mise en perspective : on se rend compte que le nature writing vient du début du 19e siècle, dès le début des Etats-Unis, avec deux auteurs notamment, qui sont Thoreau et Cooper. Walden, de Thoreau, est la compréhension de l’importance d’une vie proche la nature, une critique de la société industrielle et de ses valeurs alors que cette société n’existe pas encore.

C’est la prémonition que les blancs vont saccager le territoire américain en exploitant les richesses, massacrer les Indiens, couper les forêts, éventrer les montagnes... Il y a une espèce de mouvement tout au long du XIXe et du XXe siècles qui se développe avec l’industrialisation et le peuplement des États-Unis. Il a une généalogie d’écrivains qui dès le début ont conscience de ce qui se prépare et de ce qui risque d’arriver et qui attaquent. Il y a Thoreau avec son côté ermite, sa poésie, son humour qu’on ne connaissait pas forcément très bien. Et puis il y a Cooper, avec Le dernier des Mohicans et autres, qui parle de la frontière, qui parle des Indiens.


Avec les Classiques, on voudrait remettre tout ça en perspective pour montrer qu’il y a toute une partie de la littérature américaine qui se développe de manière tout à fait cohérente, depuis le XIXe siècle  jusqu'à aujourd’hui. Cette perspective peut inclure Jack London, Hemingway... À travers Totem, on voudrait montrer une sorte de développement. Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas voir les choses autrement, mais ça montre un fil directeur.
 

La catégorie des Classiques vient donc d’être créée ?


Benjamin Guérif : Oui c’est tout récent, c’est de cette année. Walden vient de sortir. La désobéissance civile [de Thoreau également, NdR] c’était pour les élections, on s’attendait à ce que ce soit un sujet d’actualité. D’ailleurs, ça marche très bien.
 

Walden c’est pareil : c’est un texte qui est connu, qui a été traduit trois ou quatre fois, que beaucoup de gens connaissent mais que finalement peu de gens lisent. On a voulu le remettre en avance pour montrer que ce n’est pas parce que c’est un classique que c’est poussiéreux, que c’est ancien et que ça ne peut pas entrer en résonnance avec une littérature western ou autre. Certes, c’est assez littéraire, ça appartient à son époque, mais ce n’est pas difficile à lire et ce n’est pas du tout ennuyeux, contrairement à ce qu’on pense. Donc on voudrait maintenant donner de la profondeur temporelle à la littérature que l’on aime.
 

Et pourquoi le nom Totem ?


Benjamin Guérif : C’est le nom qu’avait choisi Oliver quand il a commencé à faire du poche il y a six ans. Je n’y suis pour rien (rires). Mais c’est pas mal comme nom, ça évoque les États-Unis, la nature.
 

Les titres de la collection Totem sont-ils forcément des ouvrages qui sont sortis d’abord en grand format dans une autre collection de Gallmeister, ou y a-t-il des titres que vous ne sortez qu’en poche ?
 

Benjamin Guérif : Maintenant, surtout, il y a des titres qui ne sortent que dans la collection Totem. À l’origine, c’était surtout des passages en poche de ce qui était en grand format.
 

Après, outre le fait que c’est difficile de ressortir en grands formats des classiques qui ont parfois été édités plusieurs fois en grand format et depuis longtemps, souvent on prend comme perspective les ajouts qu’on peut proposer : des chronologies particulièrement soignées, par exemple.
 

Mais quand un livre existe depuis longtemps, notamment en poche, le ressortir en grand format est difficile. On ne peut plus avoir un lien exclusif entre le grand format et le poche. D’autant plus qu’on ressort aussi en Totem des ouvrages  qu’on considère importants pour l’histoire littéraire américaine – qui existent déjà en français – mais souvent dans des traductions contestables. C’est le cas de Fantasia chez les ploucs - Bikini Diamant. Ce n’est pas toujours la traduction, mais pour plusieurs raisons qui justifient de refaire une édition française, et ça c’est directement en poche. Mais cela reste encore majoritairement le passage du grand format en poche. 

 

La traduction est très importante pour une maison d’édition spécialisée dans la littérature américaine. Comment cela se passe chez Totem ? Quels sont les défis majeurs d’une bonne traduction ?

 

Bnejamin Guérif : On n’a pas beaucoup de traducteurs. Souvent, ce sont des traducteurs qui sont là depuis les origines. La maison n’a que 11 ans. C’est Oliver qui les a choisis au départ. Parmi ceux avec lesquels il travaillait, il a conservé ceux qui convenaient. Petit à petit, au fur et à mesure de la collaboration, 10 ans de collaboration pour certains, ils ont pris des habitudes de travail qu’ils ont perpétuées et que moi je continue aussi.
 

Il y a deux choses qui comptent : d’une part l’exactitude. À chaque remise de traduction, il y a quelqu’un dédié pour relire, vérifier qu’il ne manque rien, qu’il n’y a pas d’erreurs, de contre-sens. Je ne parle pas de la correction. Ici, il s’agit d’un réviseur qui relit ligne par ligne. Ensuite il y a la relecture édito : une autre personne, l’éditeur en l’occurrence, est chargée de reprendre le texte pour vérifier que la langue coule, et surtout que la langue donne la même impression, qu’elle est aussi proche que possible que la version originale.
 

Évidemment, le français et l’anglais n’ont pas la même économie : quelque chose qui passe en anglais ne passe pas forcément en français. Il faut, sans trahir le texte, adapter sa musique. C’est souvent une question d’arbitrage. C’est beaucoup plus difficile que de ne pas faire de fautes. C’est retrouver l’équivalence de la musique, de la subjectivité.

Ça c’est évidemment très important. C’est pour ça qu’un traducteur qui ne fait aucune faute n’est pas forcément le meilleur traducteur. Et il y a des traducteurs qui parfois font des erreurs, des étourderies mais qui écrivent tellement bien, qu'en définitive c'est mieux. L’équilibre n’est pas facile à trouver et pas facile à expliquer parce que cela dépend en partie de la subjectivité de ce que les gens entendent, de la façon dont ils entendent la langue. C’est un exercice délicat.

 

Combien publiez-vous de titres par an dans la collection Totem ?


Benjamin Guérif : On en est à une vingtaine de titres par an. Cela représente une évolution significative, parce qu’il n’y a pas si longtemps on était à la moitié. Pour montrer ce développement, on a relooké complètement la maquette.
 

Justement, la collection Totem s’est récemment dotée d’une nouvelle identité graphique. Pouvez-vous nous en dire plus ?


Benjamin Guérif : La nouvelle maquette est toute récente, depuis janvier environ. Ce sont des graphismes qui s’inspirent beaucoup de l’illustration américaine, dans les couleurs, les dessins. Cela vient lointainement du pulp, mais on a voulu faire quelque chose de plus élégant.
 

On trouve que de cette manière, ils ont une identité plus forte que l’ancienne maquette, que personnellement j’aimais beaucoup, mais qui était très blanche. Là il y a plus de variété, ça permet plus de couleurs. Et puis sur une table, c’est très joli.
 

Les nouveaux titres sont évidemment avec la nouvelle maquette. Mais quand on réimprime un ancien titre, on fait une nouvelle édition, avec une nouvelle couverture, avec un nouvel ISBN. Là on est à 83 titres environ dans Totem ; on a changé de maquette au 70e titre à peu près. Dans les 70 premiers, on en un déjà repassé un grand nombre. A terme, on aura tout dans la nouvelle maquette.
 

  

La couleur est très marquée dans la collection, presque à l’opposé de ce que c’était avant.


Benjamin Guérif : C’est vrai. C’est soutenu, un peu saturé parfois, mais j’aime bien. En fait, on s’est rendu compte il y a quelques années que sur les tables des libraires, il y a beaucoup de poches qui sont très élégants, mais qui sont blancs, noirs, gris, bleus. Et sur une table, ça fait très sombre. On ne les différencie pas très bien.
 

C’est Oliver qui s’occupe des illustrations, il aime beaucoup ça. Pour Totem, il s’agit de deux illustrateurs anglo-saxons et un Italien [Oli Winward vient du Royaume-Uni, Sam Ward des États-Unis, et Emiliano Ponzo est basé à Milan, NdR]. Il les a trouvés à l’étranger. C’est quelque chose qui apparemment n’est pas vraiment une habitude française.

 

Quel est le lien entre la littérature américaine et les lecteurs français ?


Benjamin Guérif : Il y a plusieurs éléments. Il y a d’abord une question de quantité. La culture américaine est extrêmement créative. Si vous regardez même plus largement que la littérature, le cinéma, les séries TV… Il y a tout le temps quelque chose qui sort. Même les grandes cultures européennes sont moins dynamiques. Ca tient à l’immensité du pays, à sa variété, ça tient à plein de choses. Donc déjà il y a un corpus considérable.


Mais en même temps, c’est quand même d’origine européenne. On n’est pas forcément dépaysé. Ce n’est pas comme si on découvrait la culture chinoise qui est complètement différente.
 

Et puis, même quand on les critique, les États-Unis font souvent envie. Non seulement parce que c’est gigantesque, imposant, innovant, que les paysages sont magnifiques, mais parce que ça fait partie de notre culture populaire à nous aussi. On sait tous que New York est une ville aux États-Unis, alors qu’on ne connait pas forcément la capitale de la Laponie.
 

La dernière chose qui contribue à cette familiarité considérable, c’est le cinéma américain, qui s’est particulièrement bien développé aux États-Unis ; on est  très friands de cette industrie. Donc c’est étranger, mais pas complètement non plus. C’est exotique sans être inaccessible. Ca a beaucoup d’avantages. Et en plus il y a beaucoup de productions et de bonnes productions.
 

Enfin, l’anglais est quand même la seule langue étrangère qui n’est pas trop rare en France. Ca donne un ticket d’accès beaucoup plus rapide que si vous vous passionnez, comme ça a été mon cas, pour la Norvège. Toutes ces choses-là expliquent, je pense, que ça intéresse.

 

Qu’est ce que Totem apporte de plus par rapport aux autres grandes maisons d’édition qui elles aussi publient des romans américains en poche ?


Benjamin Guérif : C’est une collection de poche uniquement dédiée à la littérature américaine qui a pour projet de rassembler le meilleur de la littérature américaine. À long terme bien sûr, ça ne se fera pas en deux jours.
 

Évidemment, il y a des collections poche où il y a beaucoup de littérature américaine. Par exemple, dans Rivages/Noir, où j’ai travaillé dix ans, il y a beaucoup d’américains mais ce n’est pas spécifiquement américain, il y en a juste beaucoup. Le positionnement n’est pas tout à fait le même. Nous, on ne s’interdit rien en termes de sujets. On ne s’intéresse pas à la catégorisation, par contre on a une limite géographique. On est dans une situation assez particulière, parce que la plupart des gens qui font de la littérature américaine en poche font aussi autre chose.
 

Vous dites que vous ne vous interdisez rien en termes de sujets. Comment choisissez-vous alors les titres que vous publiez ?  


Benjamin Guérif : On a un problème de riches : il y a beaucoup trop de choses qui nous intéressent par rapport à la place que l’on a. La difficulté principale consiste à faire le tri entre différents projets intéressants. On ne peut pas tout faire, pour l’instant. On n’est pas embêté par des considérations de type « Est-ce qu’on va tenter ça ou non ? », on a trop de choses. On a une surabondance de projets possibles.
 

Et comment effectuez-vous ce tri ?


Benjamin Guérif : C’est un mélange de plein de choses. Il y a d’abord ce qu’on a en stock, c’est-à-dire les droits dont on dispose. Il y a des auteurs qui sont devenus des classiques américains du XXe siècle. On a commencé la retraduction de leur œuvre, a priori on est obligés d’aller au bout.
 

Il y a aussi des auteurs vivants qui sont rattachés à la maison depuis des années. Là c’est pareil, quand ils arrivent avec un nouveau manuscrit, ils passent en priorité.  On pense là encore a priori qu’ils passeront en poche et qu’ils tourneront pendant des années. Tout ça c’est la gestion de ce qu’on a.


Après, il y a l’opportunisme qui peut arriver, c’est-à-dire un coup de fil d’un agent qui nous dit : « J’ai récupéré ça, est-ce que ça vous intéresse ? ». C’est imprévisible, ça n’arrive pas souvent, mais quand ça arrive ça nous intéresse. Ressortir Bikini Diamant (Fantasia chez les ploucs) était une très belle opportunité par exemple. Mais on ne peut pas compter que sur ça.
 

Et puis ensuite il y a les idées. Olivier ou quelqu’un d’autre dit « Tiens, et si on faisait ça ? » On réfléchit, l’un aime l’idée, l’autre trouve ça irresponsable, un autre ne comprend pas ce choix... A la fin, on prend une décision. Par exemple, Thoreau, c’est Oliver qui tenait absolument à le faire, et on se disait que c’était risqué. Mais il a eu raison parce que ça marche. C’était une intuition qui s’est avérée être une bonne idée.
 

En ce qui concerne les cessions de droits, rencontrez-vous des difficultés particulières ?


Benjamin Guérif : À part pour les classiques, parce qu’évidemment les auteurs sont morts depuis longtemps, en général les œuvres sont sous copyright, il y a un ayant-droit, soit l’auteur, soit un héritier, soit l’agent. Parfois ça se promène, il y a un agent à un moment donné qui reprend un fonds et on ne sait pas forcément ce qu’il y a dedans, où est tel et tel droit. Mais en général les agents savent bien ce qu’ils ont. Alors, on négocie avec eux la plupart du temps, parfois avec les auteurs. Ce n’est pas particulièrement compliqué. Évidemment, il y a toujours des gens avec qui on sait qu’on ne pourra pas faire affaire, comme partout.
 

Quelle est votre position sur le marché numérique ?


Benjamin Guérif : Je suis pour le livre numérique. Tout ce qu’on publie, on l’a en EPUB, parce que ce n’est pas compliqué à faire, ça ne coûte pas cher, ça ne prend pas de place. Ensuite la politique numérique, c’est un vaste sujet. Je n’ai pas l’impression que le monde de l’édition soit très porté sur les nouvelles technologies dans leur business.
 

Je pense qu’il y a beaucoup à faire avec le numérique, parce que c’est très léger à manier. On peut l’utiliser pour davantage à mon avis que simplement proposer à la vente un peu moins cher pour que les gens puissent l’importer en vacances. Ca c’est bien, mais ça ne représente pas une part du marché importante. C’est beaucoup moins que chez les anglo-saxons par exemple.


Je pense que le numérique est un outil qui peut faire lire. C’est une réflexion qui n’est pas encore très avancée dans le milieu, peut-être que je me trompe. Je pense que ça va se développer. Mais que cela ne va pas forcément nuire au papier, ce n’est pas le numérique qui tue le papier, il peut être un outil.

 

Quels sont vos projets pour l’avenir ?


Benjamin Guérif : Notre gros projet en ce moment c’est Cooper. Le dernier des Mohicans, c’est un des livres les plus célèbres du monde, cela a été un best-seller à l’époque, connu pendant des générations. En français, il y a une traduction intégrale qui date des années 1830 et qui n’est pas parfaite. Donc en fait c’est un livre que beaucoup de gens pensent connaître, et en fait non. C’est donc un gros bouquin qu’on va sortir en poche intégralement retraduit.
 

Comme c’est un livre extrêmement célèbre, qui a donné lieu à un film extrêmement célèbre aussi, c’est un gros investissement et un gros projet. Il doit sortir à la rentrée littéraire.


Pour approfondir

Editeur : Gallmeister
Genre :
Total pages : 320
Traducteur :
ISBN : 9782351786024

Les douze tribus d'Hattie

de Ayana Mathis(Auteur) François Happe(Traducteur)

Philadelphie, 1923. La jeune Hattie arrive de Géorgie pour fuir le Sud rural et la ségrégation. Aspirant à une vie nouvelle, forte de l'énergie de ses seize ans, Hattie épouse August. Au fil des années, cinq fils, six filles et une petite-fille naîtront de ce mariage. Douze enfants qui égrèneront, au fil de l'histoire américaine du XXe siècle, leur parcours marqué par le fort tempérament de leur mère, sa froide combativité et ses failles secrètes.

J'achète ce livre grand format à 9.80 €