Chris Leg : "Le Jour d’avant est né d’un cauchemar"

La rédaction - 17.10.2015

Interview - Chris Leg - écriture roman - cauchemar


Entre thriller et fantastique, Le Jour d’avant nous plonge dans un récit où réel et irréel, masculin et féminin, vérités et mensonges, se mêlent, se combinent, se font et se défont au rythme d’une quête vers une inaccessible vérité. Que s’est-il passé le jour d’avant ? Chris Leg livre quelques clés de son roman d’anticipation inclassable et vertigineux, avec lequel il participe à La rentrée des Indés, la rentrée littéraire des auteurs autoédités.

 

 

 

Parlons d’abord de votre livre « Le Jour d’Avant ».

Dans le monde du Jour d’Avant, tout est gris. Comme dans la vraie vie, les méchants ne sont pas que méchants, les gentils que gentils. Le 100 % n’existe pas. Le plus sympa est capable des pires horreurs. Il en est de même des lieux souvent utilisés à contre-emploi. Le paradis mexicain de la côte du Yucatan devient un véritable enfer. Le désertique Sahara un immense lac d’eau poursuivant l’utopie de l’Atlantide. C’est un véritable amour pour le paradoxal. Le dual de nos vies. Posels, le héros enquêteur, avance dans son exploration dans les pas d’un étranger. Il est l’étranger de son propre monde. Se découvrant au fil de l’histoire davantage lui-même qu’il n’agit sur sa propre enquête par la découverte de nouveaux éléments issus de sa sagacité de fin limier. Le Jour d’Avant est un miroir aux multiples facettes qui nous fait voyager dans de nombreux pays et cultures différentes, comme pour mieux en saisir l’universalité des forces qui nous animent, en saisir l’essence dans la construction de l’édifice humain.

 

Les lieux sont également importants. Essentiels à l’histoire. À la fois sur le plan de leur force narrative, et de leur situation géographique. Ce qui est primordial pour moi dans mon travail est de m’attacher à les « rédécrire » comme une véritable création. La réalité dépassée par l’œuvre inspirante. Ils sont mis en scène. Oui ! Dans le sens où il s’agit souvent de cadre composé, très cinématographique. Mrauk U, qui se situe en Birmanie, est un très bon exemple. J’en ai changé de nombreux éléments pour accélérer l’histoire. C’est toujours cette double dimension réel/irréel, conscient/inconscient qui révèle l’étrangeté au récit en ouvrant les portes à d’autres possibles… À ce que les invisibles deviennent visibles dans les deux dimensions. La dimension du possible c’est bien cela. Rendre visible l’invisible. Les voyages sont donc bien réels, même dans ce que je nomme les Terres de l’Observatoire. Et, partout, il y a des frontières qui se profilent aux confins de nos intelligences. Des frontières qui sont autant d’impossibilités à éveiller nos consciences. Il nous faut toujours inventer des frontières à tout pour pouvoir s’imaginer un jour les franchir. Toujours et encore.

 

Quelle a été votre source d’inspiration

Le Jour d’Avant est né d’un cauchemar, celui de Michel Posels. Jeune Commissaire inspecteur à Paris qui doit résoudre une incroyable énigme. Son cauchemar, en fait, est commun tant il est partagé. Vous savez ce type de choses monstrueuses qui vous font transpirer dans la nuit quand vous vous sentez tomber, tomber… et que rien ne semble vouloir vous arrêter, vous freiner… C’est la peur de la douleur du choc final qui vous réveille instantanément. Ahhh !! La peur que le rêve ne soit en fait bien réel. 

 

Une bonne raison de lire votre livre?

Le plaisir du Jour d’Avant est de se laisser envahir par des lames profondes qui viennent de nos intérieurs se fracasser vers nos extérieurs. C’est marcher au rythme des pas du jeune commissaire inspecteur Posels dans son enquête qui va l’emmener très loin de chez lui, très loin de lui-même. Pour moi, c’est cette inquiétude propre à Camus de me dire que je ne m’habite pas, que je ne suis qu’un locataire, que le passager voir l’étranger de moi-même. J’espère ce voyage aussi symbolique que réaliste pour le lecteur. Oui, comme une illustration de cet étranger qui vit en nous et que nous nous efforçons de distraire de nos existences parfois futiles, parfois utiles. De cet étranger que nous nous efforçons aussi de contenir dans ses excès, dans ses débordements d’angoisses effrayantes. Je ne sais si Le Jour d’avant est un roman, un thriller ou autre chose. Il reste en tout cas une expérience… me semble-t-il.

 

 

 

Pourquoi avez-vous choisi l’autoédition? Avez-vous déjà publié par ailleurs chez un éditeur

Parce que le digital impose des standards différents. Que le transcanal est devenu une obligation pour la diffusion de la culture, de la connaissance… Et que chacun, en fonction de ses besoins, intérêts, passions, curiosités doit pouvoir être à même de trouver rapidement une réponse à son questionnement.

 

Parlons de vous : depuis quand écrivez-vous? Comment vous est venue l’envie d’écrire?

Une quinzaine d’années… 11 septembre ☹

 

Avez-vous des rituels d’écriture? Comment recherchez-vous l’inspiration pour vos livres?

Auteur matinal, à la fraîche. Pas de souci d’inspiration, juste désespéré de l’accélération de la vitesse du temps qui passe.

 

Quels sont vos auteurs favoris, ceux qui vous inspirent ou que vous considérez comme vos modèles?

Pour les romans, Asimov, Kafka, Vian, Camus, Saramago… Et tous ceux que je ne pourrai lire par manque de temps…

Pour les essais et autres littératures socioéconomiques ou humaines, Shimon Peres, Stewart Brand, Jean Staune, Hubert Reeves, certains écrits de Jean d’Ormesson, Luc Ferry…

 

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui rêve d’écrire un livre, mais n’a jamais osé se lancer

Qu’il faut avoir l’audace de se lancer… et la persévérance de finir !

Oser finir !

 

Le Jour d’avant est disponible sur le site de Chris Leg, en version numérique, à 4,99 €

 

 

À propos​ de la Rentrée des Indés :

 

Pour la première fois cette année, en écho à la rentrée littéraire orchestrée par les éditeurs, 40 auteurs autoédités se réunissent pour s’offrir une visibilité inédite pendant tout le mois d’octobre et toucher de nouveaux lecteurs.

Épaulés par Iggybook.com (la plateforme des auteurs indépendants), Actualitte.com (le magazine des univers du livre) et Babelio.com (la première communauté de lecteurs francophones), ils lancent LA RENTRÉE DES INDÉS 2015.

Découvrez-les sur le site de la Rentrée des indés