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Dans son Van du livre, il parcourt l'Australie pour promouvoir la culture française

Nicolas Gary - 27.09.2017

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ENTRETIEN – Si vous lui parlez de kangourous et de Crocodile Dundee, il aura un sourire patient à vous objecter. En janvier 2015, Jacques Bernard, fondateur du Van du livre, se décide à ouvrir un nouvel établissement en Australie. Une librairie francophone qui devient le prolongement du magasin Le Forum, la seule librairie entièrement francophone d’Australie, qui elle a été créée en 2004. Il nous raconte son aventure.



 

 

ActuaLitté : Quelle est l’histoire de votre librairie itinérante, comment l’avez-vous créée ?

 

Jacques Bernard : Le Van du Livre est né en janvier 2015. Las de transporter les livres dans des cartons pour les événements hors-les-murs et soucieux de tisser le lien avec le plus grand nombre de francophones et francophiles, nous avons décidé de transformer un mini-bus de 21 places en librairie itinérante. Il a fallu relever plusieurs défis : concevoir des tiroirs de rangement amovibles pour les livres et un espace de vie afin de limiter les coûts lors des voyages de plus de 8000 km qui dureraient 2 mois.

 

Quelles sont les spécificités historiques du marché du livre en Australie ?

 

Jacques Bernard : Le marché du livre en Australie était axé principalement sur le Français Langue Etrangère (FLE). Devenue Librairie Francophone de référence, Le Forum a largement diversifié l’offre en important les dernières nouveautés, de la littérature de poche et de nombreux livres jeunesse (albums, romans, bandes dessinées, etc.). La concurrence des sites de vente en ligne français nous a contraints à contrôler nos coûts opérationnels. 

 

À ce jour, à quelles problématiques faites-vous face ?

 

Jacques Bernard : L’Australie est à elle seule un grand continent grand comme 14 fois la France. Comme les tournées du van du livre durent généralement 2 mois, nous devons nous réapprovisionner régulièrement afin de toujours offrir un choix de livres intéressant. Le planning des rencontres établi à l’avance doit permettre de participer à des événements existants et d’en créer d’autres afin de toucher un public vaste et varié. Il est clair que les livres proposés dans un établissement scolaire sont différents de ceux d’un public adulte d’apprenants.   

 

Comment établissez-vous votre sélection d’ouvrages mis en avant ?

 

Jacques Bernard : Nous aimons travailler avec les petits éditeurs, car ils sont sensibles aux difficultés de la librairie francophone à l’étranger. Nous offrons également la presse par abonnement et les éditeurs ont été séduits par le concept du van du livre. Bayard/Milan jeunesse et Uni-presse ont d’ailleurs accepté de soutenir l’association – French Books on Wheels – qui opère le Van du Livre. 

 

Dernière nouveauté : une coédition avec Talents Hauts Editions sur le titre « Aborigines » de Claire Davy-Galix. Au dos de la couverture, une mention spéciale indiquant que le livre est disponible à bord du Van du Livre !     

 

Comment travaillez-vous avec les distributeurs ?

 

Jacques Bernard : Les distributeurs nous ont beaucoup aidés en acceptant initialement de nous ouvrir des comptes malgré le faible volume de commandes. Au fil des années nous avons pu mettre en avant des éditeurs un peu moins connus. Les bonnes relations que nous entretenons facilitent les situations d’urgence, car i nous faut coordonner les enlèvements avec les expéditions entre la France et l’Australie.   


 

Que vous apporte le réseau de l’AILF ?

 

Jacques Bernard : L’AILF facilite les rencontres entre libraires francophones à l’étranger et avec les autres acteurs de la chaîne du livre. Les membres ont des problématiques communes et cela leur permet de faire ressortir les meilleures pratiques de ce métier que nous exerçons loin de la France. L’AILF est intervenue à maintes reprises pour défendre nos intérêts auprès des organismes de tutelle (Centre National du Livre, ministère de la Culture et des Affaires étrangères, bureau international des éditeurs français, Centrale de l’édition, etc.) et des distributeurs.       

 

Quel regard portez-vous sur l’industrie du livre ?

 

Jacques Bernard : L’industrie du livre a subi de nombreux bouleversements pendant ces 20 dernières années. Les achats en ligne, la disponibilité du livre dans les grandes surfaces et l’arrivée du numérique ont laissé planer des doutes sur la viabilité des librairies indépendantes.  
 

Opérer une librairie francophone à l’étranger amène des défis supplémentaires, car par exemple il est difficile et coûteux d’effectuer des retours d’invendus.    

 

Comment le Van du Livre, avec les milliers de kilomètres parcourus chaque année, reste-t-il rentable ?

 

Jacques Bernard : L’objectif principal de l’opération Van du Livre est de promouvoir la culture française au travers du livre et du magazine. À ce titre, le projet est aidé par l’ambassade de France en Australie, le CNL et par nos 2 partenaires principaux, Bayard Jeunesse et Uni-presse. Les ventes lors de nos passages dans les écoles et dans les autres événements et les aides obtenues permettent de rentabiliser l’opération.  
 

 

Site Internet : www.frenchbooksonwheels.org 

Facebook : French books on wheels


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