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Édition francophone : contextes différents, préoccupations identiques

Nicolas Gary - 30.03.2018

Interview - Richard Prieur Québec - Québec Editions éditeurs - partage éditeurs compétences


La mise en commun des savoirs et le partage des expériences profite à tous. Depuis une quarantaine d'années, l'organisation Québec Editions s'applique à fédérer les éditeurs québécois, pour leur apporter un soutien lors de déplacements à l'étranger. Une manière de promouvoir le travail réalisé, et de valoriser les auteurs, à l'international. Mais également par des investissements réalisés sur le territoire du Québec.

 

Richard Prieur, Directeur général de l’Association nationale des éditeurs des livres (ANEL) et de Québec Édition, nous répond. Il sera présent aux Assises de l'édition suisse et francophone du Salon du livre de Genève, ce 26 avril, intervenant dans l'atelier Quand l’union fait la force : mutualisation des ressources entre éditeurs. (voir le programme)
 

Richard Prieur
Richard Prieur - © Patrick Roy
 

 

ActuaLitté : Comment travaille Québec Edition pour soutenir les maisons québécoises ?

 

Richard Prieur : D’abord disons que Québec Édition a vu le jour il y a une quarantaine d’années, si ce n’est plus, avec l’idée de soutenir pour les éditeurs de langue française du Québec et du Canada une présence collective sur les grandes manifestations littéraires internationales, qu’il s’agisse du Salon du livre de Paris à l’époque (maintenant Livre Paris), de la Foire du livre de Bruxelles, des Foires de Francfort, de Guadalajara ou de Bologne et bien sûr du Salon du livre de Genève. 

 

Avec le temps, Québec Édition est devenu le complice par excellence pour assurer des présences d’honneur pour le Québec lors de ces manifestations. Paris, Barcelone, Guadalajara, Bruxelles à quelques reprises, Genève l’an dernier et le Marché de la poésie à Paris en juin prochain auront offert et offriront à la littérature québécoise un rayonnement hors du commun.

 

Depuis quelques années maintenant, Québec Édition a diversifié ses opérations. En plus de toujours assurer ces présences collectives, sur les salons et foires, et de mettre sur pied des missions exploratoires, dans le but d’évaluer l’intérêt dans certains marchés non francophones pour notre littérature, ce comité de l’Association nationale des éditeurs de livres (Québec-Canada) a lancé différents programmes de fellowship à l’intention d’éditeurs étrangers ou de traducteurs, mais aussi de libraires francophones. 

 

Bref, en novembre, chaque année, lors du Salon du livre de Montréal, l’ANEL et Québec Édition accueillent des visiteurs intéressés, puis en définitive souvent captivés, par notre production éditoriale.

 

En termes de mutualisation, quelles actions sont menées ?

 

Richard Prieur : La mutualisation ou la mise en commun de ressources, n’est-ce pas dans la nature même d’une association ? À l’ANEL, Québec Édition reste le plus explicite exemple de mutualisation. Mais au-delà des efforts d’exportation, l’ANEL a entrepris plusieurs programmes qui ont nécessité le soutien d’autres acteurs de la chaîne du livre. 

 

L’Agrégateur ANEL-DeMarque, véritable entrepôt de livres qui a vu le jour il y a dix ans maintenant, était le premier effort de ce genre dans la Francophonie. Depuis, cet agrégateur a inspiré Eden Livres, Edigita en Italie et Libranda en Espagne. L’ANEL a aussi collaboré à la mise sur pied, avec un consortium de bibliothèques publiques, du prêt de livres numériques, et créé une société de gestion pour faciliter l’utilisation de licences de prêt. 

 

L’Association travaille actuellement à la réalisation d’un programme de mutualisation de l’impression à la demande (IAD ou POD). En fait, la mutualisation est inscrite dans la génétique d’une association, qu’elle soit de libraires, d’éditeurs ou de distributeurs-diffuseurs. 


stand du Québec
Stand du Québec au salon du livre de Genève 2017 - ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

 

La Francophonie semble enfin retrouver une certaine dynamique en France : comment améliorer les échanges entre éditeurs francophones ?

 

Richard Prieur : Tout effort de concertation entre éditeurs francophones ne peut se faire envers et contre la France. Il en va de même avec les éditeurs de France, des éditeurs que nous côtoyons sur le marché québécois. Cependant, nous jugeons fort à propos de multiplier les occasions de rencontres entre éditeurs québécois et franco-canadiens, belges et suisses. Nos salons du livre respectifs sont propices à des rencontres tout aussi impromptues qu’officielles. 

 

Le Salon international du livre de Québec s’ouvre depuis longtemps aux expressions francophones d’ailleurs. Le Salon de livre de Montréal explore également cette avenue. Au-delà d’une exposition commerciale, les salons doivent cependant miser de plus en plus sur les interactions professionnelles non seulement locales, mais internationales. Québec Édition en optant pour la scène de ces salons, pour accueillir dans le cadre de son programme de fellowship des acteurs étrangers du livre, s’inscrit dans cette logique militante. 

 

Et nos préoccupations québécoises, suisses, belges ou africaines se rejoignent : étroitesse de nos marchés où on remarque une forte présence de l’édition française, rareté des ressources gouvernementales en appui à nos efforts d’exportation, difficultés de s’installer sur la France, etc. Par ailleurs, en dépit de ses maigres ressources, l’ANEL poursuit son exploration d’autres marchés francophones comme l’Afrique du Nord ou le Moyen-Orient. 

 

Notre isolement outre-Atlantique ne rend guère faciles les rapprochements et à cet effet, il faudrait que nos gouvernements québécois et canadien, malgré notre faible empreinte historique sur ces contrées, prennent conscience de l’importance de contribuer au maintien d’une Francophonie forte pas seulement en Europe. Nous maintenons la pression sur nos décideurs politiques pour qu’ils saisissent que leur volonté de nourrir la diversité culturelle ne peut se limiter aux frontières du Canada. 

 

Que vous apporte le Salon du livre de Genève, dans ce contexte ?

 

Richard Prieur : Ce Salon est un exemple remarquable de concertation entre les acteurs francophones de l’édition, d’Afrique, d’Europe, d’Asie (Moyen-Orient) et d’Amérique. Hormis le fait que le Québec y est toujours accueilli de façon princière, les éditeurs et écrivains de chez nous y voient beaucoup plus qu’une rencontre commerciale : voilà un rendez-vous littéraire où les échanges s’étendent à toute la Francophonie.

On rencontre bien sûr nos collègues africains occasionnellement à Francfort, à Livre Paris, à Québec, Montréal ou Bruxelles, mais à Genève on les entend. L’ANEL, l’ASDEL (Suisse) et leurs représentants tirent profit de leur présence à Genève pour y ourdir des plans de rayonnement de nos littératures. Genève est et restera pour nous une incontournable destination sur notre grand voyage d’ouverture vers nos collègues et lecteurs d’ailleurs !



Les inscriptions aux Assises de l’édition du Salon du livre de Genève peuvent se faire à cette adresse.

ActuaLitté est partenaire de cet événement.
 


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