Dans le numérique, "l’audio a également un côté fascinant"

Association Effervescence - 08.09.2015

Interview - audio - livre numérique - ebook


Chaque semaine, ActuaLitté, en partenariat avec l’association Effervescence, réunissant les étudiants et anciens élèves du master Édition et Audiovisuel de Paris-Sorbonne, vous donne rendez-vous : retrouvez dans les colonnes de notre magazine une chronique, réalisée par les étudiants de la formation, racontant la vie du master et de l’association.

 

Cette semaine, nous retrouvons quelques Hackoeurs qui reviennent sur une des phases de création de leur EPUB : la lecture et l’enregistrement d’un des textes du recueil. 

 

 

 

Pourquoi avoir choisi d’incorporer de l’audio dans votre livre ? 

 

En premier lieu, nous voulions un EPUB qui se distingue vraiment du format papier. Quoi de mieux que de profiter des enrichissements possibles grâce à ce format ? L’audio a également un côté fascinant, il marche beaucoup ces derniers temps, parce qu’une bonne lecture à voix haute, c’est une expérience de lecture géniale, quasi hypnotique. Ce qui nous a plu, en outre, c’était d’expérimenter, de nous rapprocher de l’audiovisuel : à la base, nous voulions travailler avec les étudiants en audiovisuel, pour rapprocher les deux promotions du master, mais au final, faute de temps, nous avons dû faire autrement. 

 

Parmi les textes que nous avions choisis, il y avait une pièce de théâtre : cela nous a paru idéal à interpréter. Ainsi, nous avions les deux facettes de la pièce dans notre projet.

 

Comment tout cela a-t-il pris forme ?

 

Nous avons réfléchi à des connaissances comédien.ne.s, avant de décider de lire nous-mêmes le texte, pour des questions de facilité, de temps et de droits ! En effet, engager des comédiens aurait nécessité beaucoup plus de temps, il aurait fallu les trouver, leur parler du projet, leur faire signer un contrat, nous n’avions plus le temps, au stade où nous en étions. L’équipe du numérique a donc réfléchi à un « casting », dans la promotion. Quelques personnes avaient en effet des voix particulièrement radiophoniques, l’une d’elles s’intéressait d’ailleurs beaucoup à la radio. 

 

Le fait de travailler « en amateur », dans un domaine où vous n’aviez pas eu de formation, n’a pas posé problème ?

Oui et non. Au niveau du son, le résultat est vraiment satisfaisant. Les voix et le texte passent très bien, car nous avons été enregistrés par un professionnel, qui s’est aussi occupé de tout le travail de postproduction. Il avait à la fois le savoir-faire et le matériel... du coup, le son est vraiment bon. Nous avons eu beaucoup de chance de ce côté-là. Enfin, une des étudiantes de l’équipe numérique maîtrisait le montage vidéo et a su créer un fichier avec le texte en fond, le tout est donc très agréable. C’est elle aussi qui a monté les vidéos d’un autre texte du recueil. Ce texte consiste en un échange de textos (ou de chat, on n’est pas sûrs) entre deux personnages. Dans ces vidéos, il n’y a pas de son, mais on voit les « bulles » des messages arriver à la suite ! Cela n’a pas été facile de gérer la vitesse de défilement, car elle ne correspond pas forcément au rythme de lecture de tout le monde. Mais on peut mettre en pause la vidéo si on veut. Dans le cas de la pièce, le texte suit la lecture à haute voix. 

 

Comment s’est déroulé le travail en amont ?

 

Il s’est déroulé en plusieurs étapes : nous avons repéré les textes qui se prêtaient à une lecture. Il y en avait plusieurs, notamment le texte Serial Shopper, très rythmé, qui s’inspire beaucoup du slam. Le problème était de trouver une personne capable de l’interpréter dans cette optique-là. En fait, au début nous pensions même faire trois lectures de textes ! Nous avons vite revu ça à la baisse... surtout que notre EPUB aurait vraiment été trop lourd avec toutes ces pistes audio et vidéo !

 

Ensuite, nous avons repéré dans notre promotion qui pouvait interpréter les textes. Certains d’entre nous ont pratiqué le théâtre pendant plus de dix ans ou avaient pu participer à des projets de radio : ça ne faisait pas de nous des professionnels, mais comme il fallait faire avec les moyens de bord...

 

Une des personnes de l’équipe numérique s’est ensuite chargée de programmer l’enregistrement, avec l’un de nos lecteurs. Celui-ci avait un ami ingénieur du son qui a accepté de nous enregistrer. Nous avons vraiment eu de la chance de ce côté-là, parce que nous aurions pu utiliser le matériel de la Sorbonne, mais pour le faire fonctionner... Par la suite, la même personne a fait un travail préparatoire sur le texte : nous avions décidé de lire les didascalies, car elles donnent plus que des indications scéniques dans la pièce, mais elles n’ont pas toutes été lues, il a fallu faire un tri. 

 

Enfin, nous avons répété avant l’enregistrement, pour peaufiner les personnages et la lecture. Nous avons enregistré le texte en une soirée. La pièce est courte, elle contient cinq scènes. Cependant, il nous a fallu plusieurs heures pour parvenir à un enregistrement qui convienne. 

 

Et l’enregistrement en lui-même, justement, comment s’est-il passé ? 

 

Très simplement ! Nous sommes donc allés chez la personne qui devait nous enregistrer. Cela a été une expérience très particulière et fascinante. Nous avons d’abord fait des essais de prise de son... Nous avions quelques soucis avec le micro, qui se sont réglés à l’aide d’un montage approximatif avec un trépied et un collant ! Puis nous avons commencé à faire des prises de son « pour de vrai ». Plusieurs, bien sûr. Nous nous écoutions et nous recommencions.

 

Chaque prise amenait une lecture différente du texte. Cela nous a pris une bonne partie de la soirée : arrivés vers 20 h 30, nous avons terminé à minuit. C’était une expérience magique. Cela fait très drôle d’entendre sa propre voix, enregistrée, elle ne sonne pas du tout comme on l’entend quand on parle, évidemment. Dans le « studio », au calme, on sentait la manière dont on allait créer l’écoute chez les futurs lecteurs/auditeurs. Oui vraiment, une expérience magique !

 

 

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À mardi prochain !


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