Glòria Gutiérrez : agent littéraire, c'est “la représentation et protection des auteurs”

Nicolas Gary - 12.04.2019

Interview - Gloria Gutiérrez - vente cession droits - agent littéraire auteurs


ENTRETIEN – Sans contrainte de traduction, la diffusion de livres dans l’espace francophone devrait logiquement s’opérer dans des conditions optimales. Bien entendu, toute la production d’un territoire ne saurait aveuglément s’exporter. Acheter ou vendre implique de disposer d’une multitude d’informations, et de trouver le juste texte à proposer ou avec lequel s’aventurer. 

Les assises de l’édition, organisées par le salon du livre de Genève proposeront ce 2 mai un atelier réunissant différents acteurs de la vente et cession de droits. Parmi eux Gloria Gutiérrez, directrice éditoriale, Agence littéraire Carmen Balcells (Barcelone) – invitée dans le cadre Barcelone ville en lumière au salon du livre.
 
Foto Glòria Gutiérrez BAJA
Glòria Gutiérrez BAJA
 


ActuaLitté : Quelles sont les évolutions que vous avez constatées dans le métier d’agent ces dernières années ? Et comment les expliquez-vous? 


Glòria Gutiérrez : Le métier d’agent n’a pas changé en ce qui concerne la raison d’être de notre activité, c’est-à-dire, la représentation et protection des auteurs. Mais nous avons dû nous adapter aux changements du marché, ainsi qu’aux nouvelles habitudes des lecteurs. Nous faisons plus attention au développement des nouveaux formats, notamment de l’audio. Et nous déployons le potentiel d’adaptation audiovisuelle. 
 

Vous avez remporté le Literary Agent Award à la foire de Londres l’an passé : qu’est-ce qu’un bon agent littéraire ?


Glòria Gutiérrez : Voici une question difficile à répondre… La discrétion et la persévérance font probablement partie du lot. 
 

Quels liens établissez-vous avec l’auteur que vous allez représenter?


Glòria Gutiérrez : Le lien est professionnel, confirmé avec un contrat (très simple), mais surtout basé sur la confiance. Il peut bien sûr devenir très amical, ce qui arrive souvent.
 

Comment votre agence travaille-t-elle avec le monde de l’édition francophone ? Quelles facilités ou difficultés pouvez-vous rencontrer ?


Glòria Gutiérrez : Le marché francophone ne présente pas de grandes différences par rapport aux autres. Il y a longtemps, au début de mon activité comme agent, les éditeurs français étaient moins habitués aux agents littéraires, et parfois ils ne comprenaient pas tout à fait notre rôle.

C’est un fait qu’en France la figure d’agent littéraire a été longtemps circonscrite à la représentation de maisons étrangères pour la langue française, et que la représentation directe d’auteurs était très rare. Mais ceci a beaucoup changé depuis.
 

Que pensez-vous de la course aux Hot Books dont on entend chaque année parler? Est-ce un symptôme de quelque chose dans le monde du livre, à l’international?


Glòria Gutiérrez : Ce n’est pas un phénomène nouveau. Au contraire, il a peut-être diminué un peu grâce à l'amélioration des moyens technologiques et au travail des scouts. Mais il y a toujours des annonces juste avant les foires, parfois à la dernière minute, auxquels certains éditeurs prêtent attention.

Le résultat commercial n’est presque jamais proportionnel à l’intérêt que ces libres ont suscité, ni aux à-valoir payés. L’existence des “hot books” est cependant utile pour les journalistes qui font la chronique des foires du livre les plus importantes.
 

Quelles seraient vos recommandations à un agent qui souhaite se lancer dans le métier? Et à un auteur qui souhaite prendre un agent?


Glòria Gutiérrez : Un nouvel agent doit être prêt à beaucoup travailler et à s’impliquer passionnément. Un auteur devrait tout de suite expliquer à son agent ce qu’il attend de lui : c’est essentiel pour construire la confiance.
 

Vous interviendrez au salon du livre de Genève sur la question de la cession et l’achat de droit. Que manque-t-il, ou que faudrait-il changer, pour fluidifier les échanges commerciaux entre les éditeurs nationaux.


Glòria Gutiérrez : S’il s’agit de simplifier les négociations, je ne pense pas que ce soit possible: chaque négociation est différente, chacune a ses propres caractéristiques et sa complexité. S’il s’agit de vendre / acheter davantage, on peut tâcher d’établir des contacts plus réguliers.
 

 


Glòria Gutiérrez sera présente lors des assises de l’édition, ce 2 mai 2019 au salon du livre de Genève, lors de l'atelier Vendre et acheter le livre en Francophonie, à 10 h 30. Contact et informations.


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