Historique, fantastique, policier, SF, "les genres ne s'opposent pas"

La rédaction - 17.07.2014

Interview - frissons Manoir - suspens terreur - établissement lugubre


En juin dernier, Évelyne Brisou-Pellen a publié le tome 3 de sa saga, Le Manoir, Alisande et le Cercle de feu. Dans cet épisode, deux nouveaux venus sont arrivés dans l'établissement, et rien ne va plus. Frissons et suspens vous attendent dans chaque couloir. Sur le site de l'éditeur Bayard, Fais-moi peur, quelques suppléments sont proposés. Et en attendant, l'auteure a accepté de répondre à quelques-unes de nos impertinentes questions... 

 

 

 

ActuaLitté : Passer de séries historiques à une série fantastique, est-ce que c'est compliqué pour vous où ça se construit de la même manière ?

 

Évelyne Brisou-Pellen : Historique, fantastique, policier, SF, même combat… Cela paraît simple une fois écrit (on ne voit pas où il pourrait y avoir eu des problèmes !) et compliqué pendant l'écriture, surtout quand on est au milieu du gué, avec tous les fils en main qui s'enchevêtrent à qui mieux mieux et dont il ne faut perdre aucun.

 

 

 

 

Et puis les genres ne s'opposent pas. Un roman qui se déroule dans le passé peut se décliner comme les autres : aventure, amour, quotidien, policier, fantastique… Le scénario peut s'appuyer sur la réalité ou la fiction. La contrainte est qu'il se déroule dans un temps précis… Mais le roman contemporain aussi, se déroule dans un temps précis : celui d'aujourd'hui. Si ce dernier évidemment demande moins de recherches, il est aussi très vite frappé d'obsolescence. À peine paru, un roman d'aujourd'hui devient un roman d'hier.

 

Même quand vous écrivez du fantastique, vous ne pouvez pas vous empêcher de parler d'Histoire. C'est presque une marque de fabrique, vous ne pouviez faire autrement ?

 

Évelyne Brisou-Pellen : Faire autrement me serait très pénible. Je m'ennuierais terriblement à écrire en puisant uniquement dans les réserves de mon esprit. J'ai besoin d'apprendre des choses, d'engranger, de dévorer des miettes de la montagne de tout ce que j'ignore encore et que je vais découvrir avec délectation.

 

 

 

 

Deux nouveaux venus vont semer la zizanie au manoir.. 

Jamais le manoir n'a connu une telle activité : deux nouveaux en deux jours ! Alisande, une ravissante jeune fille blonde, est arrivée par barque. Nul ne sait d'où elle vient. Toutefois, elle croit se souvenir d'un incendie et ressent une immense culpabilité. Des indices suffisants pour que Liam ait envie d'entamer une enquête. L'autre nouveau venu, Désiré, semble moins tourmenté. Il a toujours le sourire aux lèvres et sait se faire apprécier de tous. Après les avoir accueillis, le docteur Roy attribue à chacun d'eux une chambre à l'étage du manoir - celui des fantômes blancs - où ils vivront avec les autres pensionnaires. Pourtant...

A retrouver en librairie

Vous avez reçu un prix pour le premier tome du Manoir, est-ce qu'au bout de 36 ans d'écriture, recevoir un prix est toujours une surprise pour vous ?

 

Évelyne Brisou-Pellen : C'est un émerveillement ! Surtout qu'année après année, je crains que mon imaginaire ne finisse par s'épuiser. Et voilà que des lecteurs jugent que ses ressources ne sont pas taries, qu'il produit encore des idées intéressantes… Je me pince pour y croire.

 

L'imagination serait-elle un puits sans fond ? Un puits de mine, plutôt, qui mène à des ramifications souterraines. On s'engage dans une galerie, et de là on en voit une autre qu'on ne pouvait pas apercevoir depuis la surface, ni même depuis le fond du puits.

 

Et là encore une autre ! Un véritable labyrinthe où il faudra essayer de ne pas se perdre. Car mille envies, mille idées dissimulées dans les trous noirs surgissent, m'assaillant de tous les côtés, et il faut choisir…

 

En 2000, vous avez écrit une autre histoire de fantômes. Entre les fantômes et les romans historiques, vous regardez  souvent en arrière. Est-ce que l'on vous verra un jour écrire un roman qui se passerait dans le futur ?

 

Évelyne Brisou-Pellen : Eh bien… comme j'aime toucher à tout, j'en ai déjà écrit un. C'est « La dernière Étoile », un roman paru d'abord paru chez Nathan, puis chez Bayard. Mais le passé reste ma passion. Apprendre d'où nous venons pour comprendre ce que nous sommes… 

Apprendre, comprendre, ce sont mes maîtres mots (comme dirait Garin, un de mes personnages fétiches).

 

Vous pouvez aussi retrouver un extrait du Manoir, Tome 3, pour un avant-goût de frissons...