Interview : Anne Robillard : Montreuil 2007

Fred Ricou - 17.03.2010

Interview - Anne Robillard - Montreuil - rencontres


La dernière fois, nous avions quitté Anne Robillard avec la sortie du tome 2 des Chevaliers d'Emeraude : Les dragons de l'Empereur noir. Présente cette année pour la première fois au Salon du Livre jeunesse de Montreuil, elle vient dédicacer Piège au royaume des ombres en compagnie de trois de ces chevaliers : Chloé, Santo et Bergeau. Rencontre très chevaleresque avec Parand'Anne...

 

Les Histoires Sans Fin : Bonjour, Anne ! C'est un vrai plaisir de t'accueillir en France avec trois de tes Chevaliers d'Emeraude. C'est la première fois que tu viens présenter officiellement ta saga ici, et tu arrives en période de grand succès, puisque le tome 3 est dans les trois premiers titres du classement jeunesse de Livres Hebdo. Qu'en penses-tu ?
Anne Robillard : Oh, mon Dieu, je suis fière ! Je suis contente et des fois, même, je me demande si c'est vrai. C'est tellement beau, c'est tellement grandiose…

Les Histoires Sans Fin : Dans la dernière interview que nous avions faite ensemble au mois de juin, tu avais parlé de ce rêve que tu avais fait et où le Chevalier Wellan t'avait raconté son histoire… Peux-tu nous développer un peu ce rêve ?
Anne Robillard : C'est très simple, j'ai traversé, dans ce rêve, la cour du château avec lui et il m'a raconté ses quarante ans de guerre d'un façon très générale. Ses principaux frères et sœurs près de lui, Kira, certains rois, certains pays… Il a ensuite fallu que j'organise ça. J'espère que je l'ai bien fait, qu'il ne m'en voudra pas… Je n'avais pas beaucoup d'information, pas de dessins, pas de croquis… la première carte d'Enkidiev avait l'air d'une grappe de raisins… (rires)

Les Histoires Sans Fin : Avant de faire ce rêve, tu avais des bases en « chevalerie » ?
Anne Robillard : Je me suis toujours intéressée à ce qui se passait au Moyen Âge. Depuis que je suis au monde, je lis de la fantasy, du fantastique… les romans de la vie ordinaire ne m'intéressent pas, j'aime rêver. C'est vrai qu'un auteur écrit un mélange de tout ce qu'il voit, tout ce qu'il entend. Mais, il y a peut-être aussi une connexion un peu plus « ésotérique », peut-être que quelqu'un veut raconter une histoire en passant par moi, ce n'est pas impossible non plus. Il y a même un enfant un jour qui m'a dit : « Je suis sûr que Enkidiev existe et que vous avez tout reçu par télépathie… ». Je ne peux même pas lui dire que ce n'est pas vrai.

Les Histoires Sans Fin : Comment fais-tu pour retenir tous les noms de tes chevaliers ? Entre les chevaliers d'origine, leurs parents, leurs élèves, les élèves de leurs élèves, bientôt leurs enfants… Tu as toujours une liste avec toi quand tu écris ?
Anne Robillard : Tout est écrit, bien sûr. On a même fait une base de donnée électronique qui regroupe tout : arbre généalogique, descriptions, etc. On va se servir de tout ça pour faire un livre « compagnon » qu'on nous demande depuis le premier tome. Nous allons le sortir, au Québec, entre le tome 11 et le tome 12. Tous les élèves qui ont des travaux à faire, au lieu de nous demander des informations sur le site, vont pouvoir fouiller dans le livre.
Il y aura plein de choses nouvelles, les blasons de chaque royaume, les traditions et les dieux des pays, le code des chevaliers, le serment d'Emeraude, etc.

Les Histoires Sans Fin : Cette année au Salon de Montreuil, c'est la littérature britannique que nous recevions. En France, nous la connaissons bien, mais bizarrement la littérature québécoise, que tu représentes, est très peu connue en jeunesse. As-tu une explication ?
Anne Robillard : Nous démarrons la fantasy au Québec. J'ai commencé, et trois mois après moi, Brian Perro et tous les autres ont suivi. Les éditeurs se sont dit « tiens, ça se vend ! »
On va pouvoir vous présenter pas mal d'auteurs qui font de la fantasy et de la science-fiction !
Il existait de la littérature jeunesse classique, mais je ne sais pas pourquoi ça ne sort pas de chez nous. C'est une bonne question…

Les Histoires Sans Fin : Tu es venue en France, avec trois de tes Chevaliers d'Emeraude. Par-delà la saga littéraire, il y a une vie « Chevaliers d'Emeraude », avec des soirées, des costumes. Même sur ton site, il y a un « casting » pour trouver les prochaines personnalisations de personnages. Ça a commencé comment ?
Anne Robillard : Ça a commencé avec une seule personne qui s'appelle Claude Gauthier, qui au Québec est promoteur de spectacles médiévaux. Il faisait les fêtes médiévales du Mont Sainte-Anne et m'a appelé en me disant : « J'ai plusieurs banquets le soir et j'aimerais que l'un deux soit un banquet d'Emeraude. » J'ai dit « oui, ça serait intéressant ». J'ai donc été invitée il y avait dix personnes sur le terrain, on leur a mis des costumes verts et dit « vous êtes des Chevaliers d'Emeraude », mais ce n'était pas encore ce que j'imaginais pour ma fraternité des chevaliers.
C'était il y a deux ans. Bergeau et Santo étaient déjà là.

Les Histoires Sans Fin : Justement vous, Santo, Chloé et Bergeau, comment vous êtes-vous retrouvé dans l'aventure ? Vous étiez des lecteurs des romans d'Anne ?
Santo : Vraiment par hasard. On m'a vu, on m'a dit, tu ressembles à Santo, tu as l'âme de Santo, viens, on aurait besoin de toi pour le banquet.
Je ne connaissais pas beaucoup les Chevaliers d'Emeraude et à partir de ce moment j'ai commencé réellement la saga.
Chloé : Moi j'ai partagé un emploi dans la même société d'avocat qu'Anne. J'ai découvert la série grâce à ça. Quand le troisième tome est sorti, je suis allée la rencontrer lors d'une dédicace. Nous avons parlé et je lui ai dit que si elle voulait que je sois « sa » Chloé, je voulais bien le devenir. Ça a pris trois ans, mais aujourd'hui je suis Chloé d'Emeraude.
Bergeau : J'étais là comme animateur pour les médiévales du Mont Sainte-Anne, comme Santo. Je ne connaissais les Chevaliers d'Emeraude que de nom. Entre la première rencontre et les médiévales, j'ai pris la peine de lire les quatre premiers tomes pour connaître le scripte, connaître mon personnage. J'avais une histoire à raconter, Bergeau est un conteur. Après multiples péripéties, j'ai accroché à la saga comme la plupart des lecteurs. En plus de l'animation, je m'occupe de tout ce qui s'appelle « Confection des accessoires ». Armures, capes, etc. C'est moi qui fait tout. À ce jour, il y a vingt-quatre cuirasses…

Les Histoires Sans Fin : Ça te fait quoi, Anne, de vivre au milieu de tes personnages ?

Anne Robillard : C'est ma famille, ils m'ont fait changer un peu mes personnages…

Les Histoires Sans Fin : Est-ce que les personnalités de chacun, justement, te font changer un peu l'aventure ?
Anne Robillard : Oui, tout à fait… par exemple, j'échange avec Bergeau directement au lieu de penser à ce qu'il dirait… Souvent, ils ne me disent pas ce que j'aimerais entendre… C'est vraiment une belle aventure, quand même, ces chevaliers, j'espère qu'elle ne s'arrêtera jamais…

Les Histoires Sans Fin : Mais tu as prévu 12 volumes en tout, non ?
Anne Robillard : Oui. La guerre s'arrête à 12 volumes, mais après des « millions » de menaces, je vais peut-être penser à faire une nouvelle saga, 10 ans après la guerre, pour savoir où ils en sont… Ce serait peut-être des livres plus d'aventure…

Les Histoires Sans Fin : Dernière question : si dans la vie, un matin, on se réveille, et l'on veut devenir « Chevalier d'Emeraude », comment doit-on faire?
Anne Robillard : D'abord il faut se brancher sur le site et voir qui l'on recherche. Souvent on a des candidatures pour des personnages auxquels nous n'avions pas pensé. Ils peuvent nous envoyer un C.V., une photo et surtout qu'ils nous disent pourquoi ils veulent devenir un Chevalier d'Emeraude. Ça fonctionne souvent par des coups de cœur.

Les Histoires Sans Fin : Pourrais-tu trouver des Chevaliers du Royaume de France ?
Anne Robillard : C'est ce que j'espère. J'aimerais créer un ordre dans beaucoup de pays. Ce serait difficile à gérer, je sais, mais c'est ce que j'aimerais. Avoir des chevaliers en France, en Angleterre, partout… Faudrait trouver quelqu'un d'assez solide en France pour créer l'ordre et le faire vivre…

Les Histoires Sans Fin : L'appel est lancé ! Merci, Anne.
Anne Robillard : Merci.

 




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