Interview : Constance Joly-Girard

Fred Ricou - 10.03.2010

Interview - Constance Joly-Girard - Luc Besson - Cinémascope


Luc Besson fait des films, mais comme il aime beaucoup les belles idées et les bonnes histoires, il s'est décidé un jour à créer Les Editions Intervista. Quelques années plus tard, il demande à Constance Joly-Girard de prendre en main le département jeunesse…

 

 

 

Bonjour Constance,
La branche jeunesse des éditions Intervista se divise en trois collections. Est-ce que vous pouvez les présenter ?

Les éditions Intervista existent depuis une douzaine d'années et publient les produits dérivés des films de Luc Besson. Suite au succès d'Arthur et les Minimoys, Luc Besson a souhaité ouvrir son catalogue à la fiction et m'a demandé de créer des collections.
Sur une de ses idées, j'ai créé en premier lieu la collection « Cinémascope » qui s'adresse aux 9-14 ans et qui se propose de faire un pont entre littérature et cinéma, puisque tous les livres sont « optionnés » par Luc Besson. Cette collection basée sur l'imaginaire développe des thèmes assez forts, des genres très marqués comme le polar, la fantazy, la magie… et fait appel à des auteurs confirmés. Nous avons accueilli Bertrand Ferrier, Claude Merle, Johan Eliot, Ange...
À côté de ça, j'ai créé un autre espace qui s'adresse à un public plus âgé, un peu plus « adulte » qui s'appelle « Les mues ». Il s'articule autour du thème du changement. Ce sont des petits textes d'humeur un peu singuliers qui cherchent à développer de nouveaux talents. Ils explorent un peu la zone de basculement intime entre l'enfance et l'adolescence et l'adolescence et l'âge adulte
Et pour finir la collection «15-20»

Justement qu'est-ce que l'expérience de Denis Guiot, en tant que directeur de collection, apporte à la collection «15-20» ?
Avec «15-20», on part un peu sur la même idée que « Cinémascope » : c'est une collection axée sur l'imaginaire mais qui se propose d'allier la littérature populaire à la quête de sens, un questionnement sur le monde d'aujourd'hui. Nous avons plusieurs romans qui traitent de l'immigration clandestine, avec Le dos au mur par exemple, de la chute des illusions de l'enfance, avec le merveilleux Je suis ta nuit, des ravages de la nature, avec Le Sang des Lions et La Trilogie du Gardien.
Denis Guiot, venant de Mango, fait appel à son « cheptel » habituel : Loïc Le Borgne, Jean-Marc Ligny,…
Pour le moment c'est plus marqué « littérature bleue », plus masculin, mais nous allons rétablir la balance en 2009 en publiant un merveilleux roman gothique sur les vampires. Ce sera à la fois un thriller gothique mais aussi parodique.

Vous parliez du « grand » patron, Luc Besson. Quel est son regard sur le secteur jeunesse ?
Luc Besson est très investi dans les éditions Intervista. Il donne un avis artistique par exemple sur les couvertures. Chaque texte est validé par lui, il est très impliqué dans la collection «15-20». Pour lui, c'était essentiel en tant que ex-non lecteur de réconcilier les jeunes avec les livres…

En fait, on peut dire que c'est un peu une solution de facilité pour le producteur. Cela lui permet de trouver de nouvelles histoires à mettre en scène.
Oui, tout à fait. Avec « Cinémascope », l'idée de départ est d'aller à rebours de ce qui se fait habituellement. Généralement, il y a une novélisation après un film. Pour nous, le livre est une sorte d'essai grandeur nature d'un univers pour tester l'engouement du public pour une histoire qui pourrait être par la suite adaptée au cinéma. Besson est toujours à la recherche d'idées intéressantes, et je suis particulièrement attentive à lui parler de «15-20» qui propose des univers très riches en images. Je pense par exemple au Sang des Lions pour une adaptation scénaristique et visuelle.

En ce moment, y a-t-il un texte qui l'intéresse plus qu'un autre ?
Il aime beaucoup Ezoah. Concrètement, c'est difficile de parler de développement, mais disons qu'il s'y intéresse…

Il y a beaucoup de jeunes auteurs dans vos collections. Comment le choix d'un manuscrit se fait-il ?
Nous fonctionnons au coup de cœur. J'ai une liberté artistique très grande, même si Luc Besson lit aussi ce que je lui propose. En fait, c'est du divertissement de qualité, il faut qu'il y ait un univers très fort, très marqué, une écriture nerveuse, riche, et beaucoup de sens derrière, une réflexion sur le monde d'aujourd'hui.
Pour la collection « Les mues » qui suit sur une autre ligne éditoriale, j'ai publié trois textes en trois ans qui me sont arrivés directement par la poste.

Fantazy, magie, science-fiction, qu'est-ce que vous demandez à un auteur pour être original et changer de ce qui existe déjà dans ces domaines ?
Je ne suis pas spécialiste de fantazy, j'aurais beaucoup de mal à donner mon avis dessus. On essaie de développer des romans très visuels, c'est justement là l'originalité, le rapport à l'image. Sinon, on ne cherche pas à tous prix à se démarquer de ce qui existe déjà en termes d'imaginaire. Notre défi est de montrer que Intervista a une véritable place en littérature jeunesse, c'est du divertissement au sens noble du terme. Je viens de chez Hachette jeunesse où j'ai travaillé sur le livre de poche pendant des années. Le livre de poche jeunesse, comme l'Ecole des loisirs ou Thierry Magnier, publie des romans sur la vie quotidienne parfois assez « plombés » en termes de scénarios, un peu « misérabiliste ». Je suis très heureuse avec Intervista de célébrer l'enfance à travers son enthousiasme.

Reprendre un peu la notion de « plaisir de lecture » ?
Exactement. Célébrer l'imaginaire et le divertissement comme quelque chose de réellement noble.


2009 et même un peu plus loin… Qu'est-ce que préparent les éditions Intervista ?
Nous préparons quelque chose d'inédit, hors collection, qui est la B.D de Du vent dans mes mollets et j'espère pouvoir inaugurer ainsi un nouveau « segment » chez Intervista de romans graphiques, c'est prévu pour février. En «15-20» nous allons avoir Eco Warriors de Jean-Marc Ligny où un couple de jeunes activistes sont un peu les « Bonny [&] Clide » de la cause écologique. Également le troisième et dernier volet de La Trilogie du Gardien de David Klass. Pour « Cinémascope » Le deuxième tome de La Quête des Livres Monde de Carina Rozenfeld. Et pour la fin de l'année, ce roman gothique sur les vampires dont nous avons parlé de Cinthia Leitich-Smith et également pour finir le premier tome d'une série à quatre mains de Henri Loevenbruck et de Ange qui s'appellera Les Chasseurs d'invisible

Merci Constance et bonne année !
Merci, Fred.




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