Interview de Luis Royo : La richesse me vient de l'intérieur

Clément Solym - 03.04.2010

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Luis Royo était présent au Salon du livre pour dédicacer ses deux derniers ouvrages Dead Moon et la réédition de Malefic. Nous avons saisi l'occasion au vol pour le rencontrer et lui poser quelques petites questions. Mais il n'est pas si évident que cela de prendre un peu de temps à cet illustre illustrateur. Heureusement, nous avons pu compter sur le concours de la charmante Leslie sans qui rien n'aurait été possible.

Nous voilà donc devant le grand Luis Royo en compagnie de Marie Lechevalier, l'habile traductrice dépêchée sur place par Bragelonne/Milady. Le temps nous est compté, après les politesses d'usage et une bonne poignée de main, nous rentrons dans le vif du sujet.


ActuaLitté : On vous connaît essentiellement comme illustrateur, avec Dead Moon, vous vous rapprochez du roman graphique. Qu'est-ce qui vous a poussé à évoluer vers cette forme ? C'était une envie de longue date ?

Luis Royo : Je voulais vraiment créer un mélange. C'est une forme, un genre d'univers que je souhaitais aborder depuis longtemps. Avec Dead Moon, je voulais qu'il y ait une complémentarité entre le texte et l'image. Même s'il y a toujours eu une certaine complémentarité entre mes images flottantes et les petits textes qui les accompagnent. C'est le cas par exemple pour Malefic, chaque image est accompagnée d'un texte en rapport.

ActuaLitté : Comment est né ce projet ? Vous avez d'abord travaillé sur le texte ou sur les images ?

Luis Royo :
Je note toutes les idées. En général, elles me viennent sous forme de texte. Ensuite je mets une image le plus vite possible. Il faut que les deux, images et textes, soient liés le plus vite possible. J'adore les opposés, le choc des cultures, le masculin/féminin, et pour Dead Moon, j'ai voulu travailler sur ça. Cela dit, malgré cette diversité, je voulais écrire un conte avec une structure. Dead Moon, c'est une histoire d'opposés liés dans une structure narrative.


ActuaLitté : Quelles ont été vos sources d'inspiration pour Dead Moon ?

Luis Royo :
Pour ce titre, j'ai été inspiré par la rencontre et par le monde asiatique. Pour ce dernier thème, j'ai utilisé peu de mots avec les images, et j'ai pu essayer de nouvelles couleurs pour traduire tout ça. C'était une grande source d'inspiration pour moi.

ActuaLitté : Dans vos ouvrages, on retrouve plusieurs univers : la SF, la fantasy, le gothique, les super héros... Y a-t-il encore un univers, un genre que vous n'avez pas exploré et sur lequel vous aimeriez vous pencher ?

Luis Royo : Non. Le monde qui m'entoure, les téléphones portables, les ordinateurs, etc. ne m'inspire pas vraiment. Je trouve ça un peu triste. Quand je dessine, ça sort de moi. Pour moi la richesse vient de l'intérieur.

ActuaLitté : Et quels sont vos tout prochains projets ?

Luces dans Malefic de Luis Royo
Luis Royo :
Dans 2 mois, il y a la sortie du tome 2 de Dead Moon en France. Ce titre a ouvert la porte pour un nouveau personnage féminin qui ressemble au personnage principal de Dead Moon. Ce personnage existait déjà depuis 1992. Elle s'appelle Luces [Lumières], elle a 23 ans. Dans plusieurs de mes oeuvres, on peut la retrouver avec des petits textes mais je n'ai jamais pu lui consacrer un roman graphique. On peut par exemple la trouver dans l'album Malefic [Là, il nous montre la page où elle se trouve].

J'espère pouvoir la reprendre et la mettre en avant. C'est un personnage en conflit avec lui-même. Elle est beaucoup moins sûre d'elle que Luna [le personnage de Dead Moon], elle se remet beaucoup en question. C'est un personnage qui essaie d'être fort. Et finalement, elle est plus forte que Luna parce qu'elle n'a pas peur d'être en crise. C'est un personnage à la fois féminin et fort.
 
ActuaLitté :
Que pensez-vous du Salon du livre ? Et de l'accueil des lecteurs français ?

Luis Royo :
Je suis vraiment très content de l'accueil qui m'a été réservé à Paris. Ça me fait vraiment plaisir de voir toutes ces personnes attendre pour avoir une dédicace. Le Salon me permet de rencontrer beaucoup de monde, ça me change de la solitude de mon atelier. C'est un bon souvenir, je suis très content. J'aimerais beaucoup revenir à Paris et avoir un peu plus de temps pour moi, pour visiter la ville. J'aime beaucoup son architecture. Je reviendrais certainement très vite, mais je ne peux pas encore dire quand.


Un grand merci à Luis Royo, de nous avoir accordé un peu de son temps et d'avoir partagé avec nous sa bonne humeur et son naturel. Un grand merci aussi à tous ceux qui ont rendu cette interview possible.