Interview de Thomas Gunzig

Clément Solym - 04.12.2007

Interview - interview - Thomas - Gunzig


Actualitté.com : Bonjour Thomas et merci de répondre à nos questions impertinentes… Quelle est votre formation professionnelle, avant de faire des livres ?
Thomas Gunzig : Pas véritablement de formation professionnelle. J'ai étudié les Sciences politiques. À côté de ça j'écrivais déjà et j'ai publié mon premier livre quand je terminais mes études. Après ça, je suis devenu libraire pendant une dizaine d'années pour gagner ma vie.

Actualitté.com : Bon, ensuite taille, poids, couleur des yeux, signes distinctifs ?
Thomas Gunzig : 1m80 pour 70 kilos. Je suis un peu trop mince à mon goût du coup, j'ai fait pas mal de sport. Du Karaté pendant onze ans, de la muscu, du vélo, etc... Malgré ça, je ne grossis pas. Mes muscles se dessinent un peu plus, et c'est tout. J'ai des yeux bruns assez quelconques, des cheveux frisés qui sont soit trop longs soit trop court. Mon seul signe distinctif sont des doigts hyper lax, c'est-à-dire très souple. Mais par écrit, c'est difficile à expliquer.

Actualitté.com : Vous avez intitulé votre dernier livre 10 000 litres d’horreur pure : vous aussi vous avez des problèmes pour convertir en mètres cubes ? Ou c’est pour en mettre plein la vue ?
Thomas Gunzig : C'est pour en mettre plein la vue. Mais j'ai aussi des problèmes pour convertir en mètre cube...

Actualitté.com : Ce livre, manifestement très référencé vous aura pris combien de temps pour la rédaction ? Y’a-t-il eu des recherches préalables ?
Thomas Gunzig : Pour les recherches préalables, on pourrait dire que ça fait 20 ans que je les fais en regardant des kilomètres de vidéos et DVD en tout genre et en allant, quand j'ai le temps, au Festival du Film fantastique de Bruxelles. La rédaction en tant que telle a été assez rapide, dans les 6 mois. D'habitude, un livre me prend dans les 2 ans. Mais, ici, la trame assez simple m'a fait gagner du temps.

Actualitté.com : Les influences citées dans l’avant-propos font beaucoup mention de cinéma : comment la littérature d’horreur s’en sort aujourd’hui à votre sens ?
Thomas Gunzig : Ça va vous paraître étrange, mais je connais mal la littérature d'horreur. J'ai bien lu Dan Simmons, King, Barker et quelques autres. Mais ils vont bien au-delà du genre. En réalité, la seule tentative de littérature d'horreur que je connaisse fut la collection Gore de Fleuve Noir dans les années 80. En réalité, j'ai l'impression que l'horreur en temps que genre spécifique à presque disparu et qu'elle se trouve, comme citation, dans beaucoup de livres contemporains, que ce soit dans la littérature générale (Houellebecq, Little...) dans le fantastique, dans la SF ou dans le polar.

Actualitté.com : En parlant d’influences, Clive Barker, Stephen King ou Lovecraft, vous vous reconnaîtriez dans lequel ?
Thomas Gunzig : Tous ces auteurs portent des univers et des images très fortes. Ils ont su inventer une façon de décrire les choses, d'amener l'action et les décors... Techniquement, eux, comme d'autre, sont des influences très fortes.

Actualitté.com : De quels livres vous seriez-vous volontiers passé parmi les lectures qui ont jalonné votre vie ?
Thomas Gunzig : Je ne sais plus. Je ne termine pas les livres que je n'aime pas. Mais pour mon boulot de critique, je lis parfois des trucs vraiment mauvais, arrogant, prétentieux, mal fichu.... Il y en a des kilos.

Actualitté.com : Et les bouquins que vous auriez aimé écrire ?
Thomas Gunzig : Tous les livres que j'ai aimés. Ça fait beaucoup : ça va de Madame Bovary à l'Echiquier du Mal

Actualitté.com : Quelles sont vos dernières lectures, justement ?
Thomas Gunzig : Un polar grandiose de Déon Meyer, un auteur sud-africain qui vient de sortir "le Pic du Diable". Un pur chef-d'oeuvre. le meilleur livre de la rentrée. le meilleur livre de l'année !

Actualitté.com : Écrire, et particulièrement un bouquin d’horreur, c’est un bon moyen pour draguer une fille ? Genre on propose de lui foutre la trouille et on la réconforte entre ses bras musclés ?
Thomas Gunzig : Ben non.... Il faut l'avoir draguée avant. Sinon, avoir écrit un livre d'horreur ça fait ados avec des boutons et ça, les filles elles n'aiment pas...

Actualitté.com : Le contexte du livre, le lac, le bungalow, etc. c’est une partie de votre enfance ? Vous aussi vous avez balancé des bébés dans un lac quand vous étiez enfant ?
Thomas Gunzig : C'est une partie de mon enfance dans la mesure où ça reprend les thèmes de tous les films que j'aimais. Pour les histoires de bébés, j'ai écrit ça en pensant à un vieux titre de la collection Gore qui s'appelait les "Larvoïdes".

Actualitté.com : Vous avez un bon bagage de publications : la première fois, ça a fait quel effet ? Ça ressemble à son premier rapport sexuel ?
Thomas Gunzig : C'est mieux !

Actualitté.com : Et pour l’avenir, quels sont les projets ? De la littérature ? Du cinéma ? Des enfants ?
Thomas Gunzig : Des enfants j'en ai déjà 2. J'ai un gros roman en préparation et un scénario.

Actualitté.com : Dantec dit qu’écrire c’est se condamner à la solitude ? Une vie de famille vous parait-elle compatible avec le métier d’écrivain ?
Thomas Gunzig : Ben oui. 2 enfants j'vous dis. Heureusement qu'il n'y a pas que la littérature dans la vie parce que, de vous à moi, écrire parfois c'est un peu chiant....