Interview : Hélène Chan-ok - Editions Chan-ok

Fred Ricou - 10.03.2010

Interview - Hélène Chan-ok - Editions Chan-ok - collections


Bonjour, Hélène, peux-tu présenter les éditions Chan-ok ?
Chan-ok est une maison d'édition qui a vu le jour en septembre 2006. Je l'ai créée avec l'objectif d'éveiller le lectorat francophone à la culture coréenne puisqu'elle me semblait méconnue et qu'il y avait une grande richesse culturelle à la montrer à ce public. J'ai mis en place un projet de contenu éditorial que j'ai décidé de présenter à différentes structures de diffusion-distribution afin de voir si ce projet pouvait être validé par des professionnels et voir s'il était viable d'un point de vue « gestion d'entreprise ». Volumen l'a validé et il est devenu mon distributeur. Les premiers titres sont parus en avril 2007.

Donc, toi, tu es coréenne. Tu as « baigné » dans cette culture ou c'est une culture que tu as retrouvée ?
Le projet est vraiment lié avec mon histoire personnelle. Je suis née en Corée du Sud, il y a 30 ans, j'ai été adoptée à l'âge de 1 an et je suis depuis toujours, finalement, attirée par ce pays. Dans un cheminement de vie d'adopté, on se pose toujours des questions et l'on cherche toujours à en savoir plus sur sa culture d'origine. Le moyen principal que j'ai trouvé, pour revenir sur ce pays-là, c'était de faire la veille, en France, de tout ce qui émanait de la culture : les films qui passent en salle, certains romans traduits, etc. Et les Coréens, depuis à peine une dizaine d'années, ont une politique volontariste de s'ouvrir au pays occidentaux et d'exporter leur culture. La professionnalisation de l'édition jeunesse en Corée est de plus en plus importante et mature.


Si j'ai bien compris, aux éditions Chan-ok, tu t'impliques énormément dans les albums puisque tu en as traduit la plupart. C'est plus que le simple travail d'une éditrice, non ?
Justement, le fait de traduire, je suis en train d'y renoncer complètement. Plusieurs raisons, d'abord je pense que l'on ne peut pas tout faire. J'ai des responsabilités en tant qu'éditrice d'un point de vue administratif et éditorial et ça m'occupe déjà beaucoup. Je dois absolument déléguer la traduction et, d'un point de vue intellectuel, ça me semble plus intéressant de faire travailler différents binômes de traducteurs professionnels pour justement continuer à apporter une qualité littéraire aux albums traduits.

Justement tu parles de « binôme » : il y a toujours un Coréen et un Français qui travaillent sur le texte ?
Exactement. Il me semble que plus la langue est éloignée du français plus il est important qu'il y ait un binôme. C'est-à-dire qu'il y aura une personne de langue maternelle étrangère et une deuxième personne, française. La personne coréenne va faire un premier jet de traduction plutôt littérale et fidèle vers la langue française et la personne française va finir l'adaptation, va peaufiner la mise en littérature française.

Comment choisis-tu de nouveaux textes ? Tu as des gens sur place ? Tu voyages ?
Deux possibilités. Soit je contacte directement des éditeurs ou des illustrateurs coréens qui ont les droits sur certains projets parce qu'ils ont déjà été publiés en langue coréenne. Soit, maintenant, je commence à avoir la chance de recevoir des projets directement à la maison d'édition et d'être sollicitée par des illustrateurs coréens.

J'ai l'impression que pour quelques albums il y a un besoin de connaissances de la culture coréenne, de certains codes pour bien tout comprendre. Tu n'as pas peur que l'on loupe un peu de significations ?
Pour certains titres comme « Le Seolbim », il y a par exemple deux pages d'explications pour permettre aux parents ou aux professionnels de comprendre le cadre de création de l'ouvrage. Ce qui est sûr c'est qu'il y a deux lectures de l'album coréen : la lecture spontanée où l'on peut trouver des valeurs universelles. Ou, alors, par exemple pour « Dangun, père fondateur de la Corée », il y a une deuxième lecture, qui peut être faite, si seulement on connaît bien la Corée. L'illustratrice a choisi les couleurs de cet album selon leurs emplois symboliques : le blanc pour la paix, le rouge pour la justice, le bleu pour les Dieux du royaume des cieux, toutes les couleurs ocre et jaune pour les couleurs de la terre… c'est vrai qu'il y a, dans certains albums, une symbolique plus en filigrane. Mais ce n'est pas grave, tout ne peut pas nous être lisible facilement… cela n'empêche pas d'y prendre quand même du plaisir et de la curiosité.

Quelle va être l'évolution des éditions Chan-ok ?
J'ai plein d'envies et d'idées. Pour ce qui est du réel, il va y avoir une nouvelle collection en 2009 avec un auteur français et un illustrateur coréen. La collection va s'appeler « D'ici et d'ailleurs », toujours en albums mais pour un lectorat un peu plus âgé 7-8 ans, 10-11 ans. L'idée étant de mettre en action deux cultures et pour moi, c'est justement de faire travailler un auteur français et un illustrateur coréen. On en reparlera à ce moment-là…

Merci, Hélène.
Merci.

Les site des éditions Chan-ok : http://chan-ok.com/




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