Interview : Jeannine de Cardaillac

Fred Ricou - 10.03.2010

Interview - Jeannine de Cardaillac - Max Milo - jeunesse


Bonjour Jeannine. Vous avez été journaliste jeunesse pendant une vingtaine d'année. Maintenant, vous êtes auteur mais surtout éditrice puisque vous voilà la responsable de la collection jeunesse chez Max Milo depuis deux ans. Comment vous êtes-vous retrouvé à imaginer cette branche ?

En fait c'est un hasard total. C'est une rencontre avec Jean-Charles Gérard qui a créé Max Milo. J'étais invité à la signature d'un livre, et en discutant, quand il a su que j'avais travaillé dans la jeunesse, il m'a demandé de créer une collection. Je l'ai regardé avec de grands yeux et je lui ai dit « Pourquoi pas ? ». Ce n'était absolument pas prémédité. Je me suis donc penché sur le sujet. Quand je travaillais dans la presse, j'avais l'habitude de lire tout le courrier des lecteurs - n'ayant plus entre 8 et 12 ans - pour savoir un peu ce qui les préoccupait. Et je voyais dans les dernières années que les questions posées par les enfants étaient graves. Je percevais un mal-être et une quête de réponses à des questions de vie un peu difficiles. Je me suis dit qu'il y avait un espace pour donner des amorces de réponses avec des auteurs qui se pencheraient sur ces questions-là.

 

Qu'elles ont été les premières idées ?

Quand on a travaillé dans la presse jeunesse, on sait que les enfants sont extrêmement demandeurs d'outils et que nous sommes dans une société où ils sont souvent seuls le soir. Dans les courriers, ils demandaient « Comment dessiner des pieds ? », « Comment dessiner des cheveux ? », « J'ai un journal mais je ne sais pas quoi écrire dedans ». J'ai essayé de créer des livres pour leur apporter des solutions, pour leur permettre d'évoluer dans leur propre travail.

 

Comment qualifieriez-vous le style Max Milo Jeunesse ?

J'ai une formule qui dit « Grandir à juste livre ». Chaque livre est un outil pour réfléchir. Par exemple, la bande dessinée de François Roussel « Des bêtes ! ». A travers son univers, il nous interroge sur le monde animal, sur la gravité de la vie... « J'veux pas oublier mon chat » c'est le deuil du premier animal, « La troupe de Troub's » c'est le regard de l'auteur qui traverse le monde à longueur d'année et qui parle des animaux dont on n'a pas l'habitude, pour en parler d'une manière différente. Pour moi, il n'y a pas de livres jeunesses et de livres adultes, il y a des auteurs et un regard qui est universel. J'ai remarqué que les livres Max Milo Jeunesse plaisent autant aux adultes qu'aux enfants et c'est une vraie réussite. Justement il parle à l'individu et non pas à une tranche d'âge. Je ne supporterais pas que l'on me fasse des livres pour préretraités... (rires)

 

Nous allons parler de deux petites collections à l'intérieur de la grande : premièrement celle sur les peurs, que nous avions annoncé sur le site. Comment s'est elle créée ?

Même pas peur, c'est aussi une question de hasard. C'est un dossier qui m'avait été remis lorsque j'étais encore en presse et que je trouvais déjà intéressant à cette époque. C'est un duo, Arnaud Bouron et Frédérique Agnès. Lui est illustrateur et fait maintenant de l'animation - il est entrain d'adapter le Petit Nicolas pour M6 - et pour Frédérique Agnés, cette collection est née après la naissance de sa fille, elle a été prise d'angoisse en se disant « si ma fille éprouve ces peurs, qu'est-ce que je vais lui répondre... ». C'était une vraie angoisse de maman. Elle est journaliste et n'était pas auteur pour enfant au départ. Elle en a parlé avec Arnaud et voilà comment est née cette collection. Ils ont construit ces univers ensemble. J'ai trouvé que le graphisme d'Arnaud à vraiment un ton. Le texte est touchant parce qu'il est traversé par une certaine sincérité. Il n'y a pas une volonté de construire un récit, c'est vraiment une émotion qui traverse le livre.

 

Le dernier s'appelle « Marcel, le cochon qui avait peur de se salir... »

Oui et à force qu'on lui dise qu'il est sale comme un cochon, il n'a plus envie de se salir, jusqu'au jour où il va être poussé dans la boue et découvrir que le bain c'est super pour se retrouver tout propre...

 

Et la deuxième qui est plus pour les filles, celle que réalise Claire Le Gal dont le dernier « Mon carnet de stylisme » est à nouveau un magnifique petit objet...

Le premier constat que j'avais fait, est : tous les enfants dessinent et il n'y pas d'outil sur le dessin. J'avais créé avec Claire un cours de dessin qui marchait assez bien. Elle est professeur d'art plastique. Elle fait des décors pour le théâtre, c'est une vraie personnalité. Elle est très joueuse. On peut lire le livre sans jamais vraiment faire quelque chose. On peut aussi lire ses carnets comme une BD et y apprendre toujours quelque chose. Pour le carnet, je pense qu'il n'existe pas une petite fille qui n'a pas rêvé d'être styliste. C'est pour répondre à un désir universellement féminin de dessiner ses robes. Fabriquer quelque chose qui vous ressemble, c'est aussi le développement de sa propre identité...

 

Pour finir, quelles sont les prochaines nouveautés et les prochains projets ?

Il va y avoir « Bonjour la France ! ». C'est une illustratrice chinoise qui va raconter aux enfants l'arrivée d'une petite chinoise en France avec toutes les difficultés et tous les bonheurs qu'elle peut rencontrer. C'est d'un graphisme et d'une poésie incroyable...

 

Merci Jeannine.

Merci.




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