Interview : Laurel : Montreuil 2007

Fred Ricou - 10.03.2010

Interview - Laurel - Montreuil 2007 - salon du livre


Les Histoires Sans Fin : Bonjour, Laurel. Pour les quelque dizaines de personnes qui ne te connaissent pas encore, est-ce que tu pourrais te présenter ?
Laurel : J'ai 25 ans, j'ai la chance de vivre de la B.D. alors que je ne pensais pas en vivre un jour. Je n'ai pas fait d'école…

Les Histoires Sans Fin : Tu es totalement autodidacte ?
Laurel : Je n'ai jamais copié de planches, j'ai toujours fait mes personnages toute seule. Au lycée, j'hésitais entre le théâtre et le dessin. Je me suis aperçue qu'en section théâtre, il y avait une sale ambiance avec les autres gens alors que dans le dessin on est tout seul, du coup j'ai préféré m'orienter vers le dessin. J'ai bossé à fond pour améliorer mon niveau : quand j'étais au lycée ce n'était pas super et ça s'est amélioré d'un coup. Grâce à ça, j'ai pu trouver du boulot dans Spirou.

Les Histoires Sans Fin : Comment on « bosse à fond », quand on ne prend pas de cours ?
Laurel : Il y a deux choses qui sont importantes. Premièrement, s'entraîner tout le temps, dessiner beaucoup, plein de choses différentes. Si on sait faire les personnages de profil, il ne faut pas faire que ça, il faut faire plein de trucs. Et deuxièmement, c'est les forums de discussion, pour se motiver il y a des gens qui donne des conseils et l'on donne des conseils à son tour, c'est un vrai échange.
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Les Histoires Sans Fin : Comme beaucoup, maintenant, tu as un B.D. blog. Est-ce que c'est le nouveau moyen de communication pour les dessinateurs de B.D. ?
Laurel : Ce n'est pas « comme beaucoup maintenant », j'ai été la première à l'avoir ! Même si au début, c'était aussi « écrit », j'ai le plus vieux des blogs B.D.
Ce n'est pas un nouveau moyen de communication, ça commence un peu à stagner. L'âge d'or, c'était il y a environ un an. Tout le monde mettait à jour, tout le temps, il y en avait plein. Maintenant, tout le monde en fait mais ils ne les mettent pas à jour, ce n'est plus intéressant. Bon, il y a toujours ceux de Boulet , Maliki, Pénelope JolieCoeur ,…
Ça va peut-être s'arrêter, bientôt je pense…

Les Histoires Sans Fin : Tu penses arrêter le tien ?
Laurel : Ha non, non… Jamais ! Pour l'instant je dis « jamais », peut-être qu'un jour j'en aurai marre, mais dans l'immédiat, j'ai même du mal à m'empêcher de mettre plus qu'une note par jour…

Les Histoires Sans Fin : Entre deux albums de Carmilla, tu travailles aussi pour le journal Spirou. Est-ce un travail différent ?
Laurel : Ce n'est pas vraiment différent, dans les deux ce sont des scénarios que l'on me donne, après je fais juste les dessins. Même format, mêmes couleurs, il n'y a pas vraiment de différence, sauf que l'album ça reste et la presse, ça ne reste pas trop… mais je m'applique autant pour l'un que pour l'autre.

Les Histoires Sans Fin : Tu n'as pas de préférence ?
Laurel : Non, pas vraiment. C'est plus motivant pour la presse, comme ça ne reste pas justement, il y a moins de pression…

Les Histoires Sans Fin : On va parler un peu de Carmilla, nous en sommes au tome 2 : Une espèce en voie de disparition. La rencontre avec Lorris Murail s'est faite comment ?
Laurel : C'est Valérie Aubin qui travaille chez Vent d'Ouest comme directrice de collection qui connaissait mon blog et elle connaissait également Lorris Murail pour son travail en littérature. Elle lui a demandé de créer un personnage et que l'on se mette en relation.
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Les Histoires Sans Fin : Carmilla, c'est parti du texte de Lorris Murail ?
Laurel : Oui, même les descriptions physiques étaient écrites avec beaucoup de détails. J'ai rajouté des petits trucs comme le grain de beauté ou les vêtements. C'était assez « carré ».

Les Histoires Sans Fin : Tu n'as donc pas eu une grande liberté ?
Laurel : Ha si ! En fait, ils ne me donnent que les dialogues et je dois faire toute la mise en scène, les lieux, par exemple, je les invente. Lorris ne fait pas de croquis. J'ai travaillé avec Thiriet pour Spirou, il faisait vraiment, lui, des croquis détaillés. Comme ça fonctionnait, je les suivais à la lettre, alors que pour Carmilla, je dois tout inventer.

Les Histoires Sans Fin : Quand on connaît un peu ton blog, peut-être que je me trompe, mais j'ai l'impression de retrouver des éléments de ta vie personnelle dans Carmilla ?
Laurel : Oui, c'est clair. J'adore faire des « clins d'œil » après il y en a qui me les rendent donc c'est cool. Les « clins d'œil », j'aime bien en voir dans les albums, j'aime bien en trouver dans les albums des autres.

Les Histoires Sans Fin : Est-ce que ça fait aussi un lien avec les lecteurs du blog, qui ne sont pas forcément lecteurs, eux, de Carmilla ?
Laurel : Ce n'est pas calculé, mais je pense qu'ils apprécient. Encore qu'à la sortie du tome 1, certains n'ont pas aimé, ils ont dit que ça brouillait leur lecture. Moi, j'aime bien en mettre donc je continuerai…

Les Histoires Sans Fin : Sur ton blog, tu fais régulièrement de petits comics en 3-4 images avec chutes et rires à la fin. Tu ne fais pas que bien dessiner, tu manies plutôt bien l'humour… Passer au scénario d'une de tes B.D., ça te tenterait ?
Laurel : J'ai deux projets actuellement, je n'en parle pas trop, je ne sais pas si ça va se faire. Premièrement, mon blog va peut-être être publié, comme tout le monde… Sauf que je vais tout refaire, parce que rien ne me plait, si ce n'est quatre pages qui pourraient passer. Ça serait en noir et blanc et il y aurait beaucoup d'inédits.
Sinon, j'ai aussi un projet avec Elric, un autre blogueur : on dessinerait à quatre mains, il fait le crayonné, je fais l'encrage et entièrement le scénar'.
Je ne sais pas ce que je vaux en scénario, je ne sais pas si je suis prête.

Les Histoires Sans Fin : Tiens, si tu le permets, j'ai une question pseudo perso-philosophique : Les personnes qui lisent ton blog, connaissent forcément Monsieur Ad., la personne qui partage ta vie. Il a lui-même un blog B.D., où il se met en scène : Est-ce que les deux personnages de B.D. que vous dessinez se sont rencontrés dans une case et ont tout fait pour que les personnes que vous êtes se rencontrent également ?
Laurel : Euh…

Les Histoires Sans Fin : Je te rassure, moi-même en l'écrivant, je n'ai pas compris…
Laurel : (Rires) On s'est rencontré en vrai et seulement après on s'est mis en scène ensemble. Nous n'avons pas raconté notre rencontre. On s'est dessiné petit à petit quand on se voyait. Après, quand on a été ensemble, du coup, on s'est dessiné en train de se faire des bisous… il n'y a pas eu de transition réfléchie.

Les Histoires Sans Fin : Il y a une différence entre toi et ton personnage et lui et son personnage ?
Laurel : Non, je pense qu'il est assez comme moi. Il se dessine comme il est… C'est vraiment des « notes » ressenties. On ne met pas en scène notre vie, on la raconte comme elle est…

Les Histoires Sans Fin : Merci beaucoup Laurel !
Laurel : (Totalement soulagée) De rien… (sourire)




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