Jean d'Ormesson raconte sa Bibliothèque à ActuaLitté

Clément Solym - 14.07.2009

Interview - collection - bibliotheque - Jean


ActuaLitté : Merci d'avoir accepté de nous répondre. Je préfère commencer par la fin, comme ça, vous êtes déjà payé d'un remerciement, au sens étymologique du terme...

Jean d’O : Ah ! Le bel esprit de la jeunesse. Et naïve ! Qui croit qu’avec une pirouette rhétorique on fera faire la grimace au vieux singe et qu’il en oubliera ses émoluments pour cette interview…


 

ActuaLitté : Hem… Oui… bon… La collection Bibliothèque connaît manifestement un vif intérêt de la part du public. Pourquoi cet engouement, à votre avis ?

Jean d’O : Simple : c’est moi qui l’ai faite. Vous réfléchissez à la qualité d’une bouteille de champagne quand il y a marqué Moët dessus ? Là, c’est pareil. Et je n’ai pas pris les moins vendeurs parmi les classiques.
 

 Rassurez-vous, on en trouve plein d'autres...

ActuaLitté :
C’est un point de vue. Mais, le choix des auteurs et des textes découle de vos goûts personnels, assurément, mais qui, et pourquoi, n'auriez-vous jamais inclus dans cette collection ?


(NdR : un rire sardonique explose et soudain Jean D’O pose sur nous un regard machiavélique lancé depuis ses yeux bleus tétanisants)

Jean d’O : La liste est trop longue.


ActuaLitté : On vous découvre sur la page d'accueil du Figaro, souriant, presque espiègle. Que signifient ce sourire et ce regard ? On a presque l'impression d'un écolier qui vient de jouer un tour facétieux.

Jean d’O : Oui, parce qu’avec l’argent des ventes, je m’offre un séjour en tracking avec descentes en rafting, sur les traces de Charles Bukowski. Et le soir, c’est open-bar dans les hôtels. Quel bonheur !

 

ActuaLitté : Est-ce votre première expérience de directeur de collection ?

Jean d’O : En tout cas, c’est la première fois que je m’entends aussi bien avec les auteurs.
 
 

ActuaLitté : Et pour cause. Embrasser la littérature française à travers les siècles, c'est autant de choix que d'embarras. Mais que lisez-vous actuellement ?

Jean d’O : Oh, pardon. Ce que je lis ? C'est un mail sur mon iPhone. Une histoire de Comte Pé Pâle qui a été supprimé et… oh, un autre. Ah, ah ! Manifestement, une jeune héritière d’Afrique est de détresse et me sollicite pour lui faire retrouver une forte somme d’argent. C’est incroyable, internet, n’est-ce pas ?


(NdR : on n’a pas insisté pour lui expliquer… trop long… Oui, je sais, ce n’est pas très charitable.)

 
 
ActuaLitté : Vos pairs de l'Académie française vous jalousent-ils d'avoir une collection qui porte – presque – votre nom ?
Jean d’O : Ah, sacripants ! Je ne vous laisserai pas salir les Immortels par ma bouche comme à votre habitude. D’une part, ils le font fort bien tout seuls. D’autre part, comment leur reprocher de n’avoir pas le parcours qui fut le mien ? Enfin, tout cela fait partie de la nature humaine, un peu comme l’on ne peut que pardonner à l’insouciant qui n’a jamais lu Marc-Aurèle. 
 

ActuaLitté : Curiosité d'amateur : que mettrez-vous dans le tome Poésie, qui n'est pas encore sorti ? Trouvera-t-on Saint John Perse ? (Supplication du Rédacteur : Pour me faire plaisir ?)

Jean d’O : Mais bien sûr. D’ailleurs, pour ce tome, une version spéciale sortira avec glossaire des mots rares et disparus depuis plusieurs siècles, ainsi qu’une double encyclopédie sur les faunes et flores terrestres et aquatiques. Enfin, une édition augmentée de commentaires est prévue.

Et puis, en même temps, un DVD contenant ces différents ouvrages, ainsi qu’une version Blu-ray, sortiront en partenariat avec Wikipédia et l’INA, contenant des vidéos et des interventions radiophoniques.
 


ActuaLitté : Sérieux ?

Jean d’O : Pas plus que votre question j'imagine...
 
 

ActuaLitté : Ah, je me disais… Et après le retour aux classiques, envisageriez-vous de publier des livres plus contemporains ?

Jean d’O : En partenariat avec Wikipédia ? Je plaisante.

 
 

ActuaLitté : Merci de nouveau pour vos réponses.

Jean d’O : Qui trop embrasse mal étreint.
ActuaLitté : Hein ?
Jean d’O : C’était pour conclure.
ActuaLitté : Ah. Euh… Merci.



Attention : tout ceci a peut-être l'air vrai, mais n'est qu'une sombre fiction du 14 juillet...