L'ebook sera populaire quand on trouvera des fichiers avec des virus

Clément Solym - 01.10.2010

Interview - securite - informatique - ebooks


Lé sécurité informatique, c'est le fer de lance des sociétés proposant des outils de lutte contre les virus, les trojans et autres joyeusetés de ce genre. Et ainsi que nous l'avions vu l'an passé, la bascule des livres vers des fichiers numériques implique les mêmes enjeux.

Guillaume Lovet Senior Manager, et responsable équipe des réponses aux menaces chez Fortinet, contacté par ActuaLitté, estime que pour le moment, les virus dans les ebooks, on n'est pas prêt de les voir. « Que ce soit des fichiers PDF ou non, ce moyen de diffusion des virus, et autres menaces n'est pas encore populaire. Attention, les technologies pour introduire un cheval de Troie dans un PDF existent depuis un bon moment, mais les cybercriminels ont avant tout une perspective simple : le chemin de moindre résistance. »

La politique piratique du moindre effort

Guillaume Lovet Senior Manager, et responsable équipe des réponses aux menaces chez Fortinet
En cela, le livre numérique n'a vraiment rien de séduisant pour eux. « C'est un vecteur encore trop peu intéressant. Les fichiers sont trop volumineux, la propagation serait trop lente, bref, ils ne présentent pas le moindre intérêt pour un pirate. » Au moins dans le cadre des emails contenant un document malicieux que l'on peut recevoir. Mais dans les réseaux de partage ?

« Bien sûr, avec une actualité très forte, comme la sortie du film Harry Potter, on pourra constater une multiplication de faux fichiers vidéo, les fakes. Mais là encore, si l'actualité permet d'observer un certain regain d'activité, il faut toujours prendre en compte que l'on met encore plusieurs dizaines de minutes à télécharger un film piraté. Et quand bien même un ebook pèserait quelques mégas à peine, il n'a rien du vecteur premier que les pirates choisiraient. »

Aucun ebook infecté connu

Selon lui, il n'a toujours pas été recensé de livre numérique infecté par une menace, quelle qu'elle soit. « C'est en même temps un indice de popularité. Une suite logicielle de traitement de texte va connaître un engouement immense, du fait de son prix dans le commerce. Mais si l'on y trouve un code malveillant, c'est avant tout parce que le succès de l'opération est assuré. Il faut bien comprendre qu'un virus utilise pour se propager un support simple et efficace. En ce sens, on pourra dire que les ebooks seront populaires quand on trouvera des fichiers infectés. »

Et le smartphone ?

Et quel regard porter sur la lecture via mobile ? « Là encore, c'est une question de démocratisation des plateformes, mais également des utilisations que l'on pourra faire d'une contamination. » Exemple simple : un ver pour iPhone OS, c'est bien, mais mis à part faire composer des numéros surtaxés, l'intérêt commercial n'est pas génial. « Il en va de même pour Android, qui est appelé à devenir le Windows du mobile », précise Guillaume Lovet.


Le même constat pourra se faire avec les tablettes : leur connectivité les rend certes sensibles à la question, mais pour autant, elles n'ont pas grand-chose de bankable pour un pirate. D'une part, le parc est encore relativement peu important, d'autre part, elles n'ont pas le vecteur de diffusion que l'on connaît avec un ordinateur de bureau.

« Le livre numérique aura sûrement un jour à se confronter à ces problèmes, de même que la base de données qui recueille les livres, de même que l'intégrité des textes... toutes ces choses sont sensibles, parce que binaires, numériques. Mais il faudra que les usages aient véritablement intégré l'utilisation de l'ebook pour que cela arrive et surtout, motive des pirates. »