“L’écrivain devrait s’occuper moins de ses relations avec ses collègues que de son œuvre“

La rédaction - 18.01.2016

Interview - Tatiana Moldanova - Anna Matveeva - littérature russe


Anna Matveeva est russe originaire d’Ekaterinbourg. Le mystère Dyatlov est publié pour la première fois dans le magazine L’Oural et devint rapidement un best-seller mondial. La version française est sortie en 2015 (Ed. Presses de la Cité). Tatiana Moldanova est néée en 1951 dans un village du district des Khantys-Mansis. Elle appartient par son mariage au clan des Moldanov, célèbre pour ses chamanes et ses résistants à la soviétisation du pays khanty. Ingénieure, elle travaille à Tioumen, mais retourne dans sa région natale pour participer au renouveau culturel, économique et moral du monde de son enfance. Son roman Les caresses de la civilisation paraît en 2007 (Ed. Paulsen).

 

​Elles livrent toutes deux leur vision de la province russe, thématique de l'édition des Journées du livre russe 2016.

 

 

Journée du livre russe : Comment le fait que vous habitiez en province se reflète-t-il dans votre œuvre, Anna Matveeva ?

 

 

 

Anna Matveeva : Je me sens bien ici et je n’ai jamais imaginé m’installer dans l’une des capitales même pour y faire carrière. Aujourd’hui, nous vivons à une époque extraordinaire où il est tout à fait possible de travailler et de rester connecté en dépit de l’éloignement. 

           

Tout d’abord, je ne considère pas Ekaterinbourg comme la province. C’est une grande ville, indépendante, autonome qui a son caractère et son histoire propre. 

 

Bien sûr, à Moscou ou Saint-Pétersbourg, il est plus facile d’établir un réseau de relations professionnelles. Toutefois, je pense que l’écrivain devrait s’occuper moins de ses relations avec ses collègues que de son œuvre et écrire de nouveaux livres. Un cadre familier et le soutien de ses proches sont plus favorables à ces fins. 

 

Non seulement Ekaterinbourg me donne de la force, mais c’est aussi une importante source d’inspiration. Mon nouveau livre Les gens de la ville dont j’ai achevé l’écriture en décembre 2015, est entièrement construit sur des éléments puisés dans ce terreau. J’aime beaucoup inclure dans mes romans et récits des éléments de langage, la toponymie et les légendes locales. 

 

 

Journée du livre russe : Tatiana Moldanova, comment se développe la province russe ? Le développement sensible dans les grandes villes du pays est-il le même dans les villes et les villages de province ?

       

 

 

Tatiana Moldanova : Je ne peux parler que de nos districts du nord de la région de Tioumen qui est une des régions les plus développées de notre Nord sibérien. Ces dernières années, le changement est arrivé, non seulement dans les petites villes du nord, mais aussi dans les villages (pas tous, mais ceux situés à proximité des complexes industriels) et a changé leur apparence. 

 

Les programmes sociaux mis en place au niveau régional, prévoient également le développement des petites agglomérations. De nouveaux centres consacrés aux activités socio-culturelles sont apparus (Maisons de la Culture, complexes sportifs, écoles, cliniques, réseau mobile, internet) et on construit des logements. 

 

La population autochtone pratique toujours ses activités traditionnelles (élevage de rennes), ils vivent sur leurs terres, mais le réseau mobile et internet commencent à faire leur entrée dans leurs vies. 

 

En partenariat avec Les Journées du Livre Russe

Rendez-vous littéraire les 5 et 6 février. Plus d’informations


Pour approfondir

Editeur : Les Allusifs
Genre : litterature russe
Total pages : 160
Traducteur : elena balzamo
ISBN : 9782923682099

Le nouvel abécédaire russe

de Metelizza, Katia ;Martin, Jean-Francois

Hareng salé, fêtes de fin d'année, collant ; ne s'agit-il pas de sujets anodins, pour ne pas dire frivoles ? Eh bien non, pas plus frivoles que le vin et le lait de Roland Barthes ou son bifteck-frites...

J'achète ce livre grand format à 20.30 €