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La Bourse aux Livres, nouvel acteur dans la vente de livres d’occasion

Camille Cado - 24.06.2020

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Jeune start-up française, La Bourse aux Livres se présente comme une alternative écologique et économique à l’achat de livres neufs. D’abord, à travers une application qui permet à tout un chacun de vendre ses livres d’occasion sous le modèle du dépôt-vente. Puis prochainement, avec sa boutique en ligne. Annoncée pour le 1er juillet 2020, cette initiative marque l'entrée de la société dans le secteur de la vente de livres. L’objectif : revaloriser le plus grand nombre possible d’ouvrages d’occasion en proposant un service simple et transparent.

 
 
Fraichement diplômés, Dorian Lovera, Tom Castano et Alexandre Taillandier ont eu l’idée de fonder La Bourse aux Livres après avoir fait le constat qu’il était difficile de revendre leurs livres scolaires : aucune solution n’était économiquement intéressante ni adaptée à leurs besoins.

« Au départ, La Bourse aux Livres était simplement une initiative à l’échelle universitaire. On proposait aux étudiants de nous confier leurs manuels pour les vendre à leur place. Et puis, on s’est vraiment professionnalisés il y a un peu moins d’un an », explique le PDG Alexandre Taillandier, contacté par ActuaLitté.

Face au succès de leur démarche, ils ont en effet décidé au début de l’année 2020 d’étendre le projet au grand public à travers une application (disponible sur iOS et Android) afin de permettre à chacun d’offrir une seconde vie à ses livres. Y compris les associations. « Souvent, elles ne savent pas comment revaloriser les nombreux livres qu’elles ont préalablement collectés pour financer leurs activités, alors on leur apporte notre aide », confie le cofondateur.
 
Une offre alternative, sous le modèle du dépôt-vente 

Leur volonté première était de créer une offre alternative aux enseignes comme Gibert Joseph ou aux plateformes, telles Momox. « Souvent, elles nous rachètent les livres pour une misère », constate Alexandre Taillandier. Avant de souligner : « Si le gain est très bas c’est parce qu’ils ne sont pas sûrs de les revendre. C’est le coût du risque financier ! »

Contrairement à ces acteurs qui rachètent les livres d’occasion en vue d'une revente hypothétique, la start-up française fonctionne comme un dépôt-vente en ligne. 

« Nos vendeurs ne sont payés qu’à la vente des ouvrages. Mais en contrepartie d’un peu de patience, leurs gains sont bien plus supérieurs. » D’après les chiffres avancés, La Bourse aux Livres permettrait en effet aux utilisateurs de vendre leurs livres 2 à 3 fois plus cher. Pour les ventes, il faut attendre en moyenne 2 à 3 mois après la mise en vente, estime le PDG. 

En plus de permettre à l’utilisateur d’être rémunéré plus généreusement, La Bourse aux Livres s’occupe de toutes les démarches : stockage, vente, expédition, rétrocession et service après-vente. « L’utilisateur n’a qu’à scanner les livres dont il veut se débarrasser. Après avoir obtenu une estimation, il nous confie ses livres gratuitement en les déposant au point relais le plus proche de chez lui, il y en a environ 9000 en France » expose-t-il. Après quoi, La Bourse aux Livres met en vente les ouvrages sur différentes places de marché.
 
 
Une solution viable sur les plans économique et écologique 

Sur le bénéfice de la vente qui est reversé à l’utilisateur, La Bourse aux Livres perçoit une commission progressive. Cette décision s’inscrit plus largement dans la volonté de proposer un prix intéressant à la fois pour les vendeurs et les acheteurs, et de permettre à n’importe qui de vendre ses livres.

« Vendre des livres d’occasion peut parfois coûter très cher, notamment pour les livres de faible valeur » rappelle le cofondateur. « Il faut prendre en compte les commissions et/ou les frais d’expéditions. Ainsi, un ouvrage d’occasion estimé à 3 € peut très vite se retrouver au prix de 8-10 € sur internet. »

Et de préciser : « On voulait une fois encore répondre à la demande de proposer un prix attractif. Notre objectif est de revaloriser tous les livres. »

Si, au terme des 365 jours de mandat, les ouvrages ne sont pas vendus, l’utilisateur peut les récupérer gratuitement ou en faire don à Bibliothèques Sans Frontières. Dans tous les cas, aucun invendu ne sera jeté : « C’est idiot de les détruire », estime Alexandre Taillandier.

« Notre projet est justement de démocratiser l’occasion. Souvent, les gens pensent que l’occasion, c’est de vieux livres jaunis. Mais une grande partie des ouvrages sont de très bonne qualité, comparables aux librairies qui proposent des livres neufs ! »

Mais avec des atouts non négligeables : un prix plus bas, et une empreinte écologique qui peut être moins importante.
 
Après l’application, la boutique en ligne

Le service La Bourse aux Livres poursuit désormais son expansion sous la forme d’une boutique en ligne. Annoncé pour le 1er juillet prochain, le magasin s’inscrit une fois de plus dans cette volonté de créer une alternative aux livres neufs et à leurs effets néfastes sur l’environnement.

La boutique en ligne de La Bourse aux Livres propose plusieurs dizaines de milliers de références de livres, tous d’occasion. Ils auront été préalablement récoltés auprès de particuliers via le dépôt-vente de La Bourse aux Livres, évidemment.

« Avant, nous étions obligés de les mettre en vente sur d’autres places de marché comme Cdiscount ou eBay. On voulait être plus indépendant, créer un endroit dédié aux livres d’occasion où on n’aurait pas de commission qui viennent impacter le prix à la hausse », confie Alexandre Taillandier.
   
Désormais, la petite équipe dispose d’un centre logistique, situé à Pantin, en région parisienne. Un endroit qui leur permettra de réceptionner les livres des particuliers, et de les entreposer avant leur expédition. « Notre objectif était de concentrer toutes les activités en un même endroit. Une fois encore, pour réduire nos coûts un maximum et proposer des ouvrages à un prix accessible. »

En ce sens, La Bourse aux Livres proposera d’ailleurs des frais d’expédition gratuits pour toutes les commandes, et des coupons de réduction à partir de certains montants. Afin de rendre, une fois encore, un accès plus facile à la lecture. « C’est une action qui a du sens pour nous », insiste-t-il.

 
La Bourse aux Livres : “Un complément à l’offre des librairies” 

Avec cette boutique en ligne, La Bourse aux Livres n’entend pas concurrencer les librairies. Alexandre Taillandier explique en effet proposer des choses différentes, que ce soit en matière de prix ou de catalogue. Mais également, en ce qui concerne le service : « Nous n’avons pas du tout un rôle de prescripteurs, on ne vient pas remplacer le travail important des libraires », affirme-t-il.

Pour le cogérant, leur place est davantage à considérer comme « un complément à l’offre des librairies ». « Sur notre site, n’importe qui avec une référence d’ouvrage pourra le trouver à un prix intéressant. » Mais pour ceux qui cherchent des conseils en matière de livres, il faudra se tourner plutôt vers son libraire de quartier. 

Du côté des librairies d’occasions, « ils vendent souvent des livres qui ne peuvent pas se vendre sur Internet », souligne-t-il. Notamment parce que leur prix est trop faible : les frais d’envoi et de commission rendraient la vente peu rentable.
    
« Ce qu’on aimerait, c’est trouver des synergies avec les librairies », reprend le cofondateur. « On aimerait bien pouvoir travailler avec elles. »

Quant à ses concurrents directs, La Bourse aux Livres se situe plutôt en « marge » grâce à son modèle du dépôt-vente. « On propose toujours quelque chose de différent que ce soit par rapport aux acteurs spécialisés dans la revente en ligne ou aux institutionnels tels que Gibert Joseph. Et puis nous sommes quasiment le seul acteur totalement français dans notre domaine d’activité, notre objectif est de nous imposer comme la référence. »
 
Le marché de l’occasion : quelles perspectives au sortir de la crise ? 

Mais quel futur pour ce domaine d’activité qu’est l’occasion ? Contrairement aux librairies qui ont été fragilisées par le coronavirus, la jeune start-up fait état d’un bilan plutôt mitigé. Sur le plan des mises en vente, la crise sanitaire « ne nous a pas du tout desservis » souligne le PDG. Et pour cause, beaucoup de gens ont profité du confinement pour faire un grand ménage de printemps, et du tri dans leur bibliothèque. 

En ce qui concerne la vente de livres d'occasion, La Bourse aux Livres pointe de manière générale un « petit creux en France ». Mais si les lecteurs se sont tournés davantage vers les ebooks pendant cette période, le format papier « a encore de très beaux jours devant lui », assure-t-il.

« Je pense que le livre se numérise très peu, surement parce que les gens ont besoin de le toucher. On associe beaucoup l’histoire qu’on nous raconte à l’objet livre : le choix de la couverture, du papier, de la police. En somme, tout ce avec quoi l’on crée un lien affectif. »

Quant au secteur de l’occasion, Alexandre Taillandier rappelle que sa croissance augmente de près de 15 % par an. Des chiffres réconfortants qui n’ont cependant pas empêché « la disparition de certaines grandes institutions du paysage français ». Comme la fermeture de la mythique librairie parisienne Boulinier, ou encore la mise en liquidation judiciaire de plusieurs établissements Gibert Joseph, regrette-t-il.


Pour découvrir la boutique La Bourse aux Livres, c’est à cette adresse.

Photographies : crédit La Bourse aux Livres



Commentaires
je ne viens pas souvent ici... mais là deux articles de suite un peu nuls... a en croire qu'ils prennent 50€ par article mal rédigé.. heureusement qu'il y a les pubs car sinon je ne sais plus trop quoi lire... bon allez je vais faire un tour du coté de Tykko ou sur leur bibliothèque numérique Google... Actualité... de pire en pire...
Bonjour

Comme vous ne venez pas souvent, l'avantage est que nous ne vous imposons pas trop régulièrement notre prose.

Petit précision : le site s'appelle ActuaLitté, quitte à nous injurier, autant le faire avec intelligence.

Excellente journée !
AveNooks, Livre Rare Book, Antiq Book, Mare Libri, sites de vente de livres qui vendent directement des libraires aux clients, ont un catalogue colossal et donnent entièrement satisfaction. Merci pour eux et pour nous.Et tant pis pour les ignorants.
Bonne chance dans cette nouvelle aventure même si je reste sceptique. Si je vous confie un livre neuf pour qu'il soit vendu au prix estimé aujourd'hui par votre application, qui me garantit que dans 3 ou 8 mois il sera vendu au prix souhaité sachant que la valeur d'un livre d'occasion est divisé par 3 en quelques mois. En tout cas,comme je souhaite rapidement vendre mes livres sans prise de tête, je continuerai à utiliser des solutions plus sûres comme momox, bebertweb et ceux que je n'arriverai pas à vendre, j'appelle recyclivre. Désolé.
Tout le monde gagne sa vie en vendant des livres d'occasion.... La démarche devient écologique, paraît-il, on recycle.... Sauf que les seuls à ne rien gagner, ce sont les écrivains des livres en question ! Eux, ils ne touchent rien. Or, sans les écrivains, pas de livres.... A quand un "droit de suite" comme pour les œuvres d'art ????
Cette manie qu'ont les producteurs d'écrits de chouiner à tout bout de champ !...

Et si j'achète un plat à tajine pour une somme donnée, je rémunère (entre autres) le producteurs de plats à tajine. Si, plus tard, je revends mon plat à tajine, le producteur de plats à tajine ne touche rien. Pourtant, sans producteurs de plats à tajine, pas de plats à tajine, c'est clair.

C'est vraiment trop z'injuste, madame Caliméro.

Ah, et il me reste aussi une trottinette aérodynamique que je comptais vendre d'occase... Aïe, que faire pour ne pas léser le producteur de trottinettes aérodynamiques ?
moi aussi je suis septique, je préfère vendre tout de suite que d'attendre tout ce temps. quand on se sépare de ses livres, c'est pas comme une maison. de toute façon, j'ai déjà du mal avec les applications traditionnelles type momox ou gibert parce qu'on est pas sur qu'ils reprennent. je préfère de loin me rendre a la bourse aux livres de gibert, au moins, ils achètent tout de suite et si ils reprennent pas, je mets dans les bacs des associations ou je donne aux gens qui trainent dehors. bonne chance a vous quand même
Je suis étonné de cet article. Ce site est présenté comme une meilleure alternative à Momox Gibert qui rachète « une misère » alors qu’une expérience de vente chez la bourse aux livres prouve que la misère c’est clairement chez eux qu’elle se situe.



1-La bourse aux livres vous propose un prix, mais au final ils revendent le livre au prix qu’ils veulent (tous les temps en dessous du prix proposé)



2-Après plusieurs mois je n’ai vendu que 2 livres sur la trentaine envoyés. Au final je vois trop le moment arriver ou les 28 livres restants vont m’être annoncés comme invendables.



3-Les livres refusés chez eux se retrouvent au final quand même vendus sur leur site. (pas mieux pour la confiance)



Les seuls gagnants ce sont eux. Encore une société de jeunes premiers qui s’imaginent plus intelligents que les libraires et qui vont disparaître dans moins d’un an quand papa et maman ne financeront plus leurs bambins.
C'est bien ce que je dénonce. Outre le fait que l'on utilise les livres d'auteurs qui ne toucheront aucun droits d'auteur sur ces livres, les vendeurs vont y perdre... et de toute façon les livres se retrouveront en vente quelque part, sans un centime pour les écrivains....
@ Eulalie Steens

Génial, vous venez de découvrir le principe de la vente de seconde main de n'importe quelle marchandise.

Normalement, vous avez été payée sur l'exemplaire acheté. Point barre. Quand vous revendez une bagnole d'occasion, le constructeur ne palpe pas deux fois, faut quand même pas pousser mémé dans les orties. La marchandise que vous avez produite et que son acheteur revend n'est rien d'autre qu'une bagnole d'occasion : ça relativise tout de suite la majesté du producteur d'écrit,non ?
Faux. Vous n'avez pas compris. Le livre est bien culturel pas une "bagnole d'occasion" (qui de toute façon est cotée à l'argus et a toujours pour référence son constructeur puisque l'on peut acheter une voiture d'occasion chez un concessionnaire de la marque). Il n'est pas un objet que l'on vend mais soumis au régime spécifique du droit d'auteur, qui est un droit moral. Ce n'est pas l'objet que vous achetez mais une oeuvre écrite, ce que l'on appelle une oeuvre de l'esprit. Pour les oeuvres d'art (tableaux, sculptures...), il existe ce que l'on appelle "le droit de suite" que les galeries et les maisons de vente aux enchères doivent s'acquitter. Et il faut savoir qu'il existe tout un système de livres soi-disant non vendus (des "retours"), sur lequel l'auteur ne touche rien... alors que ces livres neufs sont recyclés et finissent en "occasion". Si vous ne comprenez pas que toute peine mérite salaire, c'est grave. J'espère que vous travaillez gratuitement pour votre employeur, si vous trouvez normal que les écrivains ne soient pas payés.
@ Eulalie Steens

Un livre est un objet et c'est une marchandise. Il bénéficie d'un système de commercialisation particulier (prix unique, retours des invendus, échéances commerciales différentes du droit commun, etc) qui fait du commerce de ce type de produit un commerce difficilement comparable. N'empêche qu'à strictement parler un livre d'occasion ou une bagnole d'occasion ne diffèrent pas sensiblement : dans les deux cas il s'agit de biens achetés à leur juste prix par un acheteur initial qui, n'en jugeant plus la propriété indispensable, les les propose à un prix inférieurs au produit neuf. C'est vrai de n'importe quel produit d'occasion (vêtements, supports musicaux, bouilloires électriques ou articles de bricolage).

Le droit moral interdit qu'on modifie le texte sans l'accord du producteur de l'écrit mais le droit d'auteur n'est que le système de rémunération du producteur de l'écrit.

Le droit d'auteur rémunère le producteur de l'écrit en proportion des exemplaires vendus, et évidemment pas en proportion des exemplaires invendus, il ne manquerait plus que ça ! Les invendus retournés par les libraires signifient que l'éditeur (c'est-à-dire le fabricant du produit) a jugé utile d'imprimer : c'est l'éditeur qui a payé l'imprimeur, qui a assuré (ou pas) les frais de la promotion du produit et qui, sur ces deux points-là, a pris tous les risques que n'a pas pris le producteur d'écrit. Autrement dit, quand des livres sont retournés, cela signifie que l'éditeur a perdu de l'argent : et vous voudriez qu'on paye le producteur d'écrit sur ces exemplaires ? Dites-moi que je rêve !

Il arrive par ailleurs assez fréquemment que l'éditeur propose au producteur d'écrit un à-valoir (c'est-à-dire une avance sur droits d'auteur) : je n'ai jamais entendu parler d'un éditeur qui demande aux producteurs d'écrits de rembourser leurs à-valoir quand les ventes du produit n'atteignent pas le niveau escompté et sur lequel est calculé l'à-valoir.

Lorsque l'éditeur se débarrasse des produits invendus, certains types de contrat prévoient de proposer au producteur d'écrit de racheter les exemplaires et d'assurer la commercialisation à ses frais. Si le producteur accepte, fort bien ; s'il refuse, tant pis (ou tant mieux) pour lui. Les produits sont donc soldés pour limiter le préjudice commercial de l'éditeur.

Les pleurnicheries des producteurs d'écrit commencent à sévèrement m'agacer, vous l'aurez compris.
.... Sauf que vous n'avez rien compris au système, bien que vous expliquiez en long et en large faisant croire à ce que vous maîtrisiez le sujet. Un auteur n'est pas un producteur. Ensuite, un auteur est rémunéré en fonction de la vente de ses livres, c'est tout. Sauf que le système de diffusion fait que, à part quelques écrivains vedettes, les livres restent en librairie (genre Fnac) au maximum 3 semaines (quant aux petites librairies, elles ne peuvent pas tout avoir en stock).... Ce qui implique, que les livres, non visibles, sont rendus par le libraire faute de ventes, soi-disant.Le livre est devenu un produit consommable de brève existence, hélas.En réalité, dans cette affaire, tout le monde y gagne, sauf l'auteur. Or, sans lui, pas d'éditeur, pas d'imprimeur, pas de libraire, pas de diffuseur, même pas de plate-forme internet pour vendre les livres de deuxième main, même s'ils sont neufs ! Vous n'aimez pas les pleurnicheries des auteurs, quel irrespect... et bien moi je n'aime pas les propos des gens qui dénient toute rémunération aux auteurs. Je vous encourage vivement à travailler gratuitement pour votre employeur. C'est vrai, comme cela, il fera encore plus de bénéfices...
@ Eulalie Steens

Ah oui, un z'auteur n'est pas un producteur ? Et donc, à supposer que je commette (moi ou un autre) un Dictionnaire de la civilisation chinoise, je n'ai rien produit ? L'éditeur a produit ça à partir de rien, si je vous suis bien ?

Il se trouve que j'ai pondu jadis quelques trucs extrêmement dispensables (il y a prescription) : au moins pour trois d'entre eux, j'ai été payé très au-delà de ce que m'auraient rapporté les ventes, précisément grâce à l'à-valoir pour un roman et au tarif proposé pour deux nouvelles. Pour le coup, je peux bien vous assurer qu'avec mon absence de célébrité, ce ne sont certainement pas les droits d'auteur réels qui sont tombés dans mon escarcelle (mais néanmoins très loin du niveau nécessaire [selon moi] pour que je me pique d'en faire mon métier). Et figurez-vous que je ne suis pas le seul, il s'en faut de beaucoup.

Les FNAC pas plus que les librairies indépendantes ne peuvent tout avoir en stock : si vous voulez vous en convaincre, essayez un peu de trouver quelque part le nombre de titres publiés chaque année, ne serait-ce qu'en France, et vous serez édifiée. Et je ne vous parle même pas de livres de fonds qui restent disponibles au-delà de leur première année !

Vous avez raison sur un point : le livre est devenu un produit consommable comme un autre (et d'ailleurs à ce titre peut parfaitement être revendu de gré à gré quand on n'en a plus l'usage, voir à la rubrique vente d'occasion). Et alors ? Bienvenue dans le XXIème siècle !

Figurez-vous que l'une des raisons de cette évolution est la baisse du coût de fabrication des livres, qui fait qu'on peut publier plus facilement des titres aux résultats plus incertains.

S'il n'y avait pas le système de retour des invendus, 9 fois sur 10, les livres ne franchiraient même pas le seuil des librairies ! C'est ce système qui donne une chance (plus ou moins consistante) à quasi n'importe qui d'être publié, voire vendu et lu. Autant vous dire que sans le système de retour des invendus, les éditeurs se risqueraient beaucoup moins à publier les titres les moins sûrs. Si c'est bien, si c'est mal, c'est une autre question.

L'antienne "sans auteur, pas d'éditer, pas de livre et patati et patata", ça commence à bien faire. La plupart des z'auteurs (en particulier les primo-écrivains, particulièrement dans les domaine de la poésie ou de la fiction) écrivent des choses que personne ne leur a demandées : si cette foule cessait d'écrire, croyez-vous sérieusement qu'on s'en plaindrait au-delà du cercle familial de ces z'auteurs ?

Et puis, avant que l'oubliiez, je vous invite à réfléchir ce que serait un écosystème intellectuel composé de z'auteurs... sans éditeurs, pas d'imprimeurs, pas de diffuseurs, pas de libraires aussi (ben oui) : vous me direz si, d'après vous, ça promet des fortunes aux zélés z'auteurs.

Je ne conteste pas le droit des z'auteurs et producteurs d'écrits à être rémunérés. En revanche, il est parfaitement évident que, si j'étais éditeur (par hypothèse, donc), je ne rémunèrerais personne (pas plus moi que quiconque) au-delà des espérances de gain que j'espère de leur travail. Si votre travail ne vous rapporte pas assez, mais pourquoi diable persévérez-vous dans cette funeste entreprise ?
Vous devriez lire le contrat-type du SNE : article 1 : MNX cède les droits de son livre à I"éditeur. Et tous les autres articles : l'éditeur a tous les droits (jusque 70 ans après la mort de l'auteur) , l'auteur aucun.
Je viens de faire un test sur une des meilleures ventes du moment : le dernier Astérix. Momox rachète de suite pour 1,56 euro et eux seulement 0,50 euro. Donc 3 fois moins cher avec une somme non garantie (cela peut être moins que 0,50) à une date indéfinie. C'est le cas pour presque tout les livres récents que je viens d'essayer. Ok merci les gars LOL
Vous êtes dur avec eux, il faut leur donner leur chance. Ce que je constate c'est la précipitation des journalistes à mettre en avant des solutions qui n'ont pas fait leur preuve sur du court ou long terme. Par exemple, TF1 avait fait un reportage sur kiwibook en présentant le site comme une innovation alors qu'il avait copié Momox et que de nombreux acteurs français s'étaient déjà plantés en essayant de concurrencer Momox. En ce qui me concerne habitant dans Paris, je n'utiliserai pas ce système. Trop compliqué. Depuis deux ans, j'utilise le service de Bouquiniste à domicile bebertweb qui n'a jamais fait de campagne de com sur votre site. A chaque fois je touche entre 20 à 40 euros et je suis payé immédiatement en 10 minutes chrono. et il y a au moins un contact avec une personne physique. Sinon, je reste aussi fidèle à Gibert et recyclivre. Bon courage.
Recyclivre, recyclivre, il n'y en a que pour eux ! Personnellement pour moi c'est Colibrio seulement ! Très sympathique e-librairie des monts du Lyonnais, une équipe dynamique et à l'écoute (aucun souci avec le SAV, réactivité au top du top !. Allez y faire un tout c'est tout ce que je peux conseiller smile

A voir sur le long terme ce que donne la Bourse aux livres !
Au bout d'un moment il faut juste constater. Cette société fait limite de la diffamation envers Momox et Gibert en faisant croire qu'ils rachètent une misère alors qu'en faisant des tests on voit que la "misère" vient souvent de chez eux(de leur côté il faut en plus attendre que ce soit vendu pour être payé). On remarque aussi beaucoup de choses très drôles dans leurs discours. Leur société progresse de 15% par an, leur société n'a même pas 1 an LOL et qu'ils viennent juste de finir l'école (c'est dans l'article). C'est comme les chiffres sur leur site LOL tout ça n'est vraiment pas très sérieux.
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