'La collection de livres commence plus jeune que la collection d'art'

Clément Solym - 23.11.2011

Interview - Page(s) - Alain Goriou - Bibliophilie


Du 25 au 27 novembre prochains se tiendra à l'espace Charenton (Paris XIIe) la quatorzième édition du Salon Page(s), consacré à la bibliophilie. Entretien avec Alain Gorius, éditeur indépendant et membre du conseil d'administration du salon.

 

D'où est venue l'idée de créer ce salon ?

Tanguy Garric l'a lancé avec l'association Page(s), dans l'esprit de faire découvrir au plus large public possible la richesse de création du livre original de bibliophilie. Nous sommes aujourd'hui subventionnés par la mairie de Paris et nos sponsors, avec une participation des exposants proportionnelle à la surface du stand qu'ils occupent.

 

Quelle est la fréquentation ?

Le fait d'être subventionnés par la mairie de Paris nous permet de garder l'entrée libre. Concrètement nous rassemblons pas mal de monde depuis le départ, avec des chiffres stables autour de six à sept mille visiteurs sur les trois jours. Il s'agit du premier salon de cette ampleur en France pour la bibliophilie.

 

Quels genres de livres peut-on trouver sur les stands ?

Il s'agit de bibliophilie contemporaine, à savoir pas forcément des beaux livres, mais respectant des normes de fabrication bibliophiliques, au plomb, avec des estampes, des peintures, etc. Concrètement les prix partent de 50 € jusqu'à 3000 € l'ouvrage, avec une moyenne autour de 400 €.

 

 

La diversité des exposants est très grande, entre ceux qui font de la gravure, ceux qui privilégient les beaux papiers... Nous avons aussi des jeunes et des moins jeunes, des français, des étrangers, avec parfois des chose étonnantes et délirantes, comme un livre sur une boule de pétanque ou un livre en "pop up". Certains éditeurs sont là depuis toujours, avec un stock important, d'autres très peu. Il a beaucoup de reliure aussi. 

 

Comment êtes-vous venu à la bibliophilie ?

Par goût du beau livre. Je me suis dit que j'allais éditer les livres que je n'avais pas les moyens de m'offrir. De fait, chaque livre que je publie est une pièce unique, un travail d'artiste et un beau livre. Pourquoi une personne va-t-elle acheter un tableau ? pour le mettre au mur. Le livre est différent. Les gens achètent un bel objet qui est passé entre leurs mains. 

 

 

Le marché a-t-il changé pour vous ?

Le noyaux se raréfie à des collectionneurs d'un certain âge. En moyenne, un collectionneur d'art n'aura que 7 ans à vivre après avoir commencé sa collection. Cette moyenne est plus longue pour le livre, avec des collectionneurs qui se lancent très jeunes. 

 

Concrètement, sur le salon, depuis 14 ans, nous gardons beaucoup d'habitués avec un bon taux de renouvellement .

 

La raréfaction des collectionneurs est-elle due au numérique ?

Personne ne se pose la question en ces termes dans l'association. Pour la lithographie, le numérique n'est pas d'actualité. Mais quelques artistes font des créations de livre sur ordinateur avant de passer au papier, avec parfois des jeux de xirographie.

 

Le salon a-t-il vocation à s'ouvrir à l'international ?

Nos exposants vont aussi en Belgique, à Leiptzik, Berlin, Berkley. La Bnf achète des livres à l'étrangers mais pas en France grâce au dépôt légal. Les étrangers font pareil avec les livres français, il fait donc sens de s'y faire connaitre. Mais ce sont les individus et, de fait, pas le salon qui s'exporte. Page(s) reste français.

 

 

Pour plus de renseignements sur le salon Page(s), voyez ici




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