'Le plus important c'est de susciter des initiatives'

Clément Solym - 30.05.2011

Interview - corre - proviseur - henri


À l’occasion de l’ouverture du 5eme salon des éditeurs indépendants du Quartier Latin, qui se tient cette année et pour la première fois dans le cloître du Lycée Henri IV (notre actualitté), nous avons rencontré Mr Corre, proviseur de cet établissement de renom.

« Le lycée Henri IV est un des lieux les plus prestigieux du patrimoine français. Ancienne abbaye Sainte Geneviève, transformée en lycée, il est un haut lieu de l’Histoire de France et va, je l’espère, continuer dans cette voix par le biais des générations qu’il forme. […] Je suis très honoré que l’on ait choisi ce lieu pour faire une exposition sur les livres, c’est un évènement qui assure le lien entre le passé historique et la jeunesse qui fréquente ces lieux. », a-t-il affirmé, lors de son discours d’inauguration. Selon lui, un tel évènement est le symbole de l’alliance fructueuse de la modernité et de l’historicité dont le lycée est un bel exemple : « Il faut à la fois conserver le patrimoine et y faire des activités contemporaines. […] C’est pourquoi, je souhaite que cette première soit celle d’une longue série. », a-t-il conclu.
 
Patrice Corre, proviseur du lycée Henri IV et Brigitte Peltier, directrice de Pippa édition

Un peu plus tard dans la journée, nous avons eu l’occasion de lui poser quelques questions

C’est le 5e salon des éditeurs indépendants du quartier latin et bien que ce soient des élèves d’Henri IV qui en aient eu l’initiative, il ne se déroulait pas ici les années précédentes, mais dans la mairie du VIe arrondissement.

Quand la mairie n’a plus pu les accueillir, ces élèves ou anciens élèves sont venus me trouver pour me proposer d’héberger le salon ici, au lycée. J’ai accepté, cela me paraissait naturel puisqu’Henri IV est un lieu d’Histoire qui a été marqué par l’indépendance de la pensée.

L’ancienne abbaye Sainte Geneviève qui est devenue le lycée, était très indépendante par rapport au Roi et à la Papauté, elle est devenue un lieu d’expression libre. Par exemple, le philosophe Abélard, qui est passé par ici, était connu pour son indépendance d’esprit. Il est donc intéressant de faire le lien avec celle de ces éditeurs.

 

Quel rôle avez-vous joué dans la mise en place du salon ?

Mon rôle a été de mettre à disposition les lieux et d’apporter une aide logistique ainsi que la collaboration du personnel et de l’intendance du lycée. J’ai aussi proposé un prix de location très modique.

Par ailleurs, le lycée Henri IV est très lié aux éditions Pippa [dont la directrice, Brigitte Pelter, est aussi l’organisatrice du salon]. Un livre a même été réalisé sur l’établissement, dont j’ai fait la préface.
 

Y a-t-il eu des activités pédagogiques organisées en lien avec le salon ?

Non, il n’y a pas eu d’évènements pédagogiques spontanément, mais c’est la première année. Il n’est pas impossible qu’il y en ait l’année prochaine. Il y a, toutefois, des élèves et des enseignants du lycée, qui sont également auteurs et qui ont été invités à dédicacer leurs ouvrages.

C’est un évènement qui attire l’intérêt des élèves et puis, ils viennent d’eux-mêmes puisqu’ils sont déjà sur place. Vous savez, le lycée est ouvert tous les jours, même le dimanche et ils peuvent y travailler jusqu’à 23h. C’est leur lieu de vie, ils sont toujours là.

Enfin, je tiens à signaler que le salon des éditeurs indépendants s’inscrit dans un ensemble de manifestations culturelles et artistiques mises en place par le Lycée pour le Printemps des Arts. Il y aura par exemple de nombreuses pièces de théâtre jouées pendant le mois de juin, des concerts de l’orchestre et de la chorale, plus de quinze représentations organisées par le foyer socio-éducatif.

Quelles sont les retombées d’un tel évènement sur le lycée ?

Ce sont des retombées positives, la première étant le foisonnement culturel dans lequel il plonge nos élèves. On ne peut se cultiver que si l’on est en permanence stimulé par de belles choses, des choses intéressantes. L’important est d’être imprégné de culture, l’analyse doit venir après.
 

D’autre part, il y aura une retombée sur l’image de l’établissement, qui fait preuve d’ouverture et donne à voir une vie culturelle active. Je considère, en tant que proviseur, que mon métier n’est pas d’enfermer l’établissement, mais d’en faire un lieu ouvert, de culture vivante. En outre, je pense qu’il est très important d’avoir un contexte esthétique pour favoriser la réflexion. Lorsque l’on est dans un tel cadre, on a envie d’apprendre.

Enfin, c’est un évènement favorable aux élèves, qui peuvent y découvrir un intérêt pour l’édition et peut-être des idées de carrières. Mais l’important est qu’ils puissent avoir un aperçu de l’édition indépendante, de la richesse et de la diversité des publications et éventuellement que le salon encourage d’autres manifestations d’un genre comparable. Pour moi, le plus important reste le fait de susciter des initiatives.


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