'Mon but est d'élargir et enrichir la littérature française'

Clément Solym - 11.06.2011

Interview - serge - safran - label


Entretien avec Serge Safran, éditeur, à l'occasion du lancement d'un label sous son nom propre

Pourquoi avoir décidé de lancer votre label ?

J’éprouvais ces derniers temps un besoin de renouveau, de renaissance et de résurrection. Je me suis fixé pour objectif de publier au départ des auteurs inconnus, de découvrir de nouveaux territoires et d’aller vers la jeunesse. En distinguant ma production personnelle de celle de Zulma, dont la politique est de « publier peu pour publier mieux », je veux pouvoir ouvrir la porte à davantage d’auteurs français.

Quels liens gardez-vous avec Zulma ?

Le label Serge Safran appartient à Zulma mais j’en ai l’entière responsabilité. La couverture des ouvrages édités par le label est différente, et les auteurs aussi puisqu’ils sont nouveaux. Je m’occupe désormais de toute la chaîne, de la réception du manuscrit, à la promotion du livre en librairie, mais Zulma prend en charge certaines tâches, comme la gestion des droits étrangers, des ventes au livre de poche, etc. Je garde de mon côté la fonction de directeur littéraire, et donc d’apporteur de projets. L’adresse postale est la même mais la ligne de téléphone, le mail et le site Internet sont distincts. Je trouve mieux d’avoir un label qu’une collection car celle-ci aurait eu moins de visibilité.


Pourquoi avoir choisi un label sous votre nom propre ?

Au départ, je voulais choisir « Safran & Cie » par clin d’œil ironique, puisque j’étais tout seul, mais suite à des problèmes de droits, j’ai suivi la tradition et opté pour « Serge Safran éditeur », par commodité.

Quels sont vos projets à venir ?

Je souhaite surtout que les livres que je propose trouvent leur lectorat. Mon but est d’élargir et d’enrichir le domaine de la littérature française, avec l’espoir de la vendre à l’étranger.
L’un de mes objectifs est aussi de rendre mon label autonome. Je vais publier deux à trois livres par an pour commencer, et plus si affinités. Ensuite, je me pencherai sur la question de comment investir mon argent, s’il en rentre suffisamment.


Quelle est votre ligne éditoriale ?

Je ne m’interdis rien. Par exemple, ma première publication est un recueil de nouvelles, ce qui se fait rarement dans le milieu. Je l’ai choisi sans me voiler la face. Il traite de Venise, un sujet qui plaît, et les gens l’achèteront plutôt pour cette raison que pour l’auteur, qui est encore inconnu. Quant au premier roman que je publie à la rentrée, La maison Matchaiev, de Stanislas Wails, c’est un jeune écrivain très prometteur. C’est en réalité plus excitant de lancer de nouveaux talents que de suivre la carrière d’un auteur connu.

Êtes-vous vous-même écrivain ?
J’ai publié une dizaine de livres de genres assez divers, dont cette année un deuxième roman, Le Voyage du poète à Paris, aux éditions Léo Scheer. Il appartient plus aux autres de me considérer comme tel. C’est une autre façon d’explorer le monde, aussi passionnante que la création de mon label. La découverte ! Le fait de rompre la routine et d'être seul a bord.