Participer à l'éveil des consciences et l'évolution des pratiques professionnelles

Clément Solym - 21.11.2012

Interview - CRL - Poitou-Charentes - Conférences


Entretien avec Sylviane Sambor, directrice du Centre du livre et de la lecture en Poitou-Charentes à la veille du lancement du cycle de conférences «  Lire écrire penser et conserver dans un monde numérique », en partenariat avec ActuaLitté. 

 

Pourquoi avoir pris la décision de ce cycle, et sur ce thème ?

Tous les métiers du livre, tous les acteurs sont touchés par le numérique et l'arrivée des nouvelles technologies. De sorte que la notion de chaîne du livre est remise en question au profit de celle d'un écosystème. Les coeurs de métiers doivent demeurer (éditeurs, intermédiation des libraires et bibliothécaires), mais sous des formes différentes, avec d'autres formes d'activités. Tant pour les professionnels, premiers destinataires de nos actions, que pour le grand public, il y a une nécessité d'apprendre sur ce qui se transforme sous nos yeux et n'est pas forcément bien appréhendé par les uns et les autres.

 

 

Comment informez-vous les acteurs sur le présent du numérique ? Quelles sont les réactions ?

Notre mission prioritaire est d'informer. Le 22 novembre, l'enjeu sera d'éveiller les consciences, alors que nous restons dans un milieu réticent et mal informé. Donc l'enjeu est de pousser chacun à mieux s'adapter au monde qui est le nôtre. Le premier cycle que nous avons mis en place entre novembre 2011 et janvier 2012, tournait déjà autour de ces quatre verbes : lire, écrire, penser et conserver. Nous en sommes alors venus à parler de l'école, aux façons d'apprendre à lire et d'étudier dans un environnement numérique.

 

L'important est de transmettre un savoir aux enseignants, qu'ils puissent apprendre aux jeunes à lire sur un support numérique tout en conservant une compétence de lecture linéaire, approfondie, avec une structuration dans l'acquisition des connaissances. Considérer que les jeunes savent lire instinctivement sur un support numérique est un leurre : il faut leur apprendre à rechercher, classer, acquérir et mettre en forme l'information, avec une distance critique… Autant de choses qui ne sont pas aujourd'hui suffisamment enseignées. 

 

À l'heure actuelle, le danger est que non seulement les jeunes ne soient pas sensibilisés à la lecture numérique, mais qu'il y ait en plus une perte vis-à-vis de la lecture classique. Le cycle qui débutera le 22 novembre est le prolongement direct de ces questionnements. Il y a urgence à débattre et à provoquer la prise de conscience.

 

Comment avez-vous choisi les différents intervenants ? Avez-vous déjà des retours ?

Ce sont des gens qui, au fil de lectures, déplacements, repérages, nous ont paru intéressants. Le but est que les participants soient au moins un peu bousculés à l'issue des rencontres et que les solutions apportées, soient-elles modestes, aident au questionnement sans être « ni technophile ni technophobe ». Les choses bougent vite, parfois trop vite, et dans le monde du livre, les réticences sont parfois plus fortes que dans d'autres secteurs. Il faut donc une prise de conscience partagée pour que la bibliodiversité puisse continuer d'exister, pour que les géants de l'industrie culturelle [NDLR : Google, Amazon, Apple…] ne prennent pas toute la place, jusque dans les écoles.

 

Plus d'informations sur www.livre-poitoucharentes.org