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Produire ses livres numériques : intégrer l'ebook dans la réalisation InDesign

La rédaction - 25.07.2016

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Pour la création de fichiers numériques, mieux vaut savoir où l’on met les pieds, et avant de se lancer tout seul, prendre quelques renseignements. La société Chapal & Panoz propose, en collaboration avec Fontaine O Livres, une formation spécifique. Des réflexes à avoir, des vertus à cultiver, mais surtout, une méthodologie pour intégrer la création d’un ebook dans le processus de production InDesign.

 

 

 

Quelle est l’évolution du marché du livre numérique dans les dernières années ?
 

Chapal & Panoz : Il croît lentement mais sûrement sur les marchés européens, il s’est stabilisé sur les marchés anglo-saxons. Ce qui est à remarquer, c’est que les lecteurs jonglent entre numérique et papier et il y a certainement des choses à envisager autour de cela (publications exclusivement numériques, séries, formats courts, etc.). Le baromètre sur les usages du livre numérique pourra donner plus d’informations à ce sujet.

 

Quelles sont les limites du livre numérique ?
 

Chapal & Panoz : Nous préférons parler de contraintes plutôt que de limites. S’il est vrai qu’en matière de mise en pages et de typographie, le livre numérique est techniquement en retrait, il permet des choses que l’imprimé ne permet pas – et nous ne parlons pas forcément d’interactivité. Tout est question de conception (créer des approches de design pour ce média spécifique).

 

Quels sont les éditeurs (ou les types d’éditeurs) qui arrivent à faire un chiffre d’affaires significatif ?
 

Chapal & Panoz : C’est assez similaire à l’édition traditionnelle… Il est très difficile d’affirmer quoi que ce soit car les chiffres circulent peu mais si l’on en croit les études publiées à ce sujet, les domaines les plus rentables sont la SF par exemple (Bragelonne est un bon exemple en numérique) ou la romance.

 

Comment les éditeurs s’organisent pour la production des livres numériques ? Privilégient-ils des solutions internes ou externes ? Pouvez-vous nous expliquer les avantages et les inconvénients des deux systèmes ?
 

Chapal & Panoz : Il est extrêmement difficile de répondre à cette question dans le sens où quasiment chaque éditeur se retrouve dans une situation bien particulière. Au final, assez peu internalisent la production de bout en bout, d’autres se reposent sur leur distributeur, d’autres encore externalisent l’intégralité de leur conversions…


Quant aux avantages et inconvénients, ils sont relatifs et dépendent de beaucoup de facteurs : équipe et compétences internes, chaîne de fabrication papier existante, choix du prestataire, taille du catalogue, type d’ouvrages, etc. Il n’y a pas vraiment de réponse toute faite à cette question.

 

Internaliser ses compétences vaut-il vraiment le coup pour un petit éditeur ?


Chapal & Panoz : Si le numérique est intégré de façon intelligente dans la chaîne de production existante, les bénéfices peuvent être visibles très rapidement : coût moindre, contrôle total sur la production numérique, sortie simultanée, etc. Dans bien des cas, pour des livres à la mise en page simple, il suffit d’avoir les clés de l’export ePub et un peu de curiosité. Mais une fois que le numérique est intégré dans le processus existant, on n’a rarement besoin de revenir dessus.

 

Pourquoi aujourd’hui passer par InDesign ? Quelles sont les limites des fichiers produits ?


Chapal & Panoz : Un éditeur peut décider de passer par InDesign s’il l’utilise déjà pour sa production imprimée, ce qui lui fait un seul fichier-source pour plusieurs fichiers de rendu (imprimé, ePub, PDF par exemple). C’est donc une vision purement pragmatique. 


Néanmoins, il y a beaucoup de choses à savoir sur l’export InDesign, notamment ce qu’il fait mal (CSS, structuration, accessibilité) ou ce qu’il ne sait pas faire du tout (mises en pages plus travaillées, vérification de la licence des polices, etc.). Mais une fois que l’on sait comment contourner ces limites, on peut produire des fichiers pérennes, interopérables et de bonne qualité.

 

Peut-on parler de « design du livre numérique » ? Vu les contraintes techniques, reste-t-il de l’espace pour la création ?
 

Chapal & Panoz : Par « design », nous entendons « conception ». Aussi, nous ne pensons pas qu’à la mise en pages mais aussi et surtout à l’expérience de lecture spécifique à ce média. Comment gérer les réglages utilisateur ? Comment concevoir son livre illustré pour le mode nuit ? Comment dépasser le simple export pour créer des mises en pages plus complexes ? 


Il y a beaucoup de possibles mais comme dans tout domaine, il faut connaître les règles fondamentales pour mieux les enfreindre, à son avantage.

 

 

Quels sont les points forts de la formation que vous organisez pour Fontaine O Livres ?
 

Chapal & Panoz : Étonnamment, la méthodologie d’export eBook est faite de trucs et astuces qui permettent de gagner énormément de temps sur la production du livre imprimé. Il peut donc être intéressant de la suivre même si on n’envisage pas de produire ses livres numériques soi-même, par exemple si l’on souhaite juste obtenir les bases pour effectuer un contrôle qualité des fichiers produits par un prestataire externe.


Nous nous attelons également à montrer que le livre numérique n’est pas si limité que l’on pourrait le croire de prime abord. Le langage CSS, qui met en pages en numérique, est riche et, bien utilisé, permet de dépasser très largement les mises en pages que l’on peut généralement croiser sur le marché.

 

 

Entretien mené par Fontaine O Livres. Plus d’informations sur la formation. (PDF)

 

 

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