Promenade du crime : (dé)composition balnéaire

Clément Solym - 30.04.2012

Interview - Promenade du crime - Peter Guttridge - suspens


Brighton, 1934, le tronc d'une jeune femme est découvert dans une valise. De nos jours, un inspecteur mis à pied suite à une bavure va se plonger avec l'aide d'une journaliste dans les pages les plus sordides de la cité balnéaire. Loin des fards et de la rivieira, Guttridge entremêle les époques, sans que jamais le goût rance de la mort ne s'éloigne.

 

 

Promenade du crime se déroule à Brighton où vous vivez depuis de nombreuses années. Est-ce un hommage ou la volonté d'éclairer les habitants sur le passé de leur ville ?


C'est une sombre lettre d'amour au Brighton des années 30. Le Brighton des livres de Graham Greene (Brighton Rock) et Patrick Hamilton (Hangover Square). Chaque rue de Brighton est un rappel du passé.


Vous reprenez beaucoup d'éléments historiques dans ce roman : affaires criminelles, incendies, bavures policières, un poème de Thomson, est-ce un retour aux plus horribles villes de l'ère victorienne, entre pauvreté et violence ?


Vous avez raison. C'est un lien entre pauvreté et violence qui a toujours existé mais qui vient de la période victorienne en passant par les années 30 jusqu'au Birghton contemporain.


Vous citez Sir Herbert Carden comme créateur du meilleur comme du pire à Brighton, est-ce que cette ville implique plus d'ombres que d'autres dans la mesure où elle dispose de plus de soleil et de paillettes ? 

 

L'obscurité et la lumière, j'aime ça. Je pense à Marseille, à Deauville dans Bob le Flambeur (un des mes films préférés, j'adore les réalisations de Melville), quand bien même ce ne sont pas les plus évidentes. Cela m'évoque aussi Los Angeles, la corruption et le crime au soleil.  


 

Dans ce livre, chacun risqué sa vie, professionnellement ou plus directement. Vous décririez-vous comme une personne sans cesse en lutte avec quelque chose ?

  

J'ai mes propres démons comme tout le monde mais je ne me considère pas en lutte hormis pour gagner ma vie ! Une des luttes qui parcourent Promenade et les deux livres suivants de la trilogie est le dilemme suivant : Suis-je un homme bon qui fait de mauvaises choses ou un homme mauvais qui fait des choses bonnes ?

 

Comment votre sens de l'humour a survécu à l'écriture de cette trilogie ?


Avant cette trilogie, j'ai écrit des romans policiers satiriques. Dans ce tryptique, je suis passé du côté sombre des choses, mais il y a de l'espoir et de l'optimisme dans cette trilogie, et de l'humour fuse des personnages. Ca été une expérience étrange de l'écrire puisque c'était dans une phase sombre. Mais j'ai pris du plaisir à monter sournoisement l'intrigue et tromper le lecteur. De la manière la plus élégante. Immédiatement après avoir fini le livre, j'ai écrit sur deux semaines un pastiche de Sherlock Holmes/ Hercule Poirot sous forme de novella : le Belge et l'apiculteur, un livre numérique pour retrouver ma légèreté.


Vous dites que Promenade du crime est un de vos romans les plus personnels, est-ce que les romans satiriques de Nick Madrid vous ont maintenu loin de vos peurs et de vos pensées.


 Exactement. Si vous ne voulez pas plonger profondément à l'intérieur de vous-même plaisantez et écartez les choses avec humour. Mais il arrive un point dans ma vie où je ne voulais plus le faire dans mon écriture.


 

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Promenade du crime

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Nous découvrons une fin relativement ouverte dans ce premier opus, que pourriez vous dire aux Français qui vous lisent pour patienter ?

 

J'ai essayé de rendre le roman réaliste, dans la vie, bien sûr, tout n'est pas résolu. J'aime l'ambigüité, par exemple dans Caché de Michael Haneke et l'espièglerie dans Lemming de Dominik Moll et Swimming pool de François Ozon. J'ai toujours conçu ce roman comme la première partie d'une trilogie et j'ai voulu que le lecteur désire m'accompagner jusqu'à la fi où tout serait résolu. Bien qu'il y ait des de nombreux rebondissements jusque là. Il y a une fin à Promenade, mais l'histoire se poursuit. Si les lecteurs souhaitent continuer dans la lancée avec moi, ils trouveront l'expérience totale excitante et terriblement amusante.Pour uen chose, nous obtenons l'identité du meurtrier et. Cela vaut de continuer simplement pour ça…     

 

Dans une interview vous déclarez que vous souhaitez que les restes du premier crime non élucidé soient analysés. A quel degré êtes vous impliqué émotionnellement dans cette affaire ?


Je ne sais pas. Certainement pas de la manière de James Ellroy qui est resté obsédé, avec compréhension, par le meurtre de sa mère. Je serais sûrement un peu fou d'être attaché à la victime d'un meurtre qui s'est déroulé si longtemps auparavant. Mais « contempler » cette victime m'a fait réfléchir aux victimes de crimes affreux. J'ai fait beaucoup de recherché concernant la veritable affaire criminelle du tronc, non résolue. J'ai vu des photos terribles des restes de la victime. Je me suis senti comme un voyeur et j'ai ressenti que, sans compter la fin de sa vie, elle a eu à souffrir cette injure supplémentaire : Les restes de sa dépouille nue pris en photo de façon intime, et quelqu'un comme moi, capable de la regarder.


J'ai situé la tombe de la victime, et oui, j'ai demandé à ce que ses restes soient exhumés. D'un côté, j'admets de c'est de la curiosité extrême. [Mais] avec l'ADN familial nous serions capables d'en savoir un peu plus sur elle. Et cela pourrait aussi nous rapprocher de l'identité de son assassin. Mais elle pourrait aussi être enterrée décemment avec le retour de la dignité qui lui a été enlevé. Dignité enlevée à toutes les victimes de meurtres.




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