SNEJI : Pour "une édition solidaire", créer de la solidarité, de l'entre-aide

Clément Solym - 28.11.2012

Interview - éditeurs indépendants - littérature jeunesse - chaîne du livre


Le Salon du livre jeunesse de Montreuil ouvre aujourd'hui ses portes. Et avec lui son lot de présentations et d'annonces. La création du SNEJI ne pouvait pas passer inaperçue. Ludovic Berneau, dirige le groupe Lokomodo, comptant cinq maison d'édition ainsi qu'une société de diffusion-distribution de livres, nous présente plus en détail le processus de création de ce nouveau syndicat, ainsi que ses champs d'action. 

 

C'est qu'un syndicat, l'édition en compte déjà un, le SNE, qui dispose de sa branche jeunesse. Certes, mais « le SNEJI concerne uniquement les éditeurs jeunesse indépendants. C'est-à-dire que les maisons d'édition adhérentes ne doivent appartenir à aucun groupe d'édition ; leur capital doit être majoritairement détenu par son fondateur ou par les salariés.D'autre part, notre cotisation est très faible par rapport au SNE. Par ce choix, nous souhaitons regrouper de nombreux éditeurs et travailler ensemble pour accroître la reconnaissance de notre travail », précise Ludovic Berneau.

 

C'est probablement ainsi qu'il faut définir l'approche globale, celle d'une édition socialement responsable qui s'incarnerait par « une édition solidaire. Nous rencontrons les mêmes difficultés et par notre regroupement, nous souhaitons réfléchir et échanger sur les meilleures solutions à appliquer ». 

 

 

 

L'indépendance, au coeur de l'identité, mais également au coeur de l'action, puisque le SNEJI s'attache à regrouper tous les acteurs de la chaîne du livre. Une prise de conscience évidente de l'interdépendance : « C'est que nous, éditeurs, n'existons pas sans libraires, sans auteurs, sans illustrateurs, sans médiathèques…  Nous souhaitons proposer des actions auprès de ces partenaires pour soutenir leur travail, nous souhaitons créer de la solidarité, de l'entre-aide. »

 

Deux grands axes dessinent la route à suivre

 

• Accroître la présence des éditeurs jeunesse indépendants dans les librairies

À ce titre, le SNEJI propose aux libraires « d'oser la différence, de miser sur la diversité. En ouvrant ses portes aux éditeurs jeunesse indépendants, le libraire offre à sa clientèle l'accès au choix ». Le client n'est plus obligé de choisir parmi des livres qu'il trouverait dans n'importe quel autre point de vente. Le libraire fidélise sa clientèle et retrouve un rôle de conseiller. Le SNEJI met à la disposition des libraires différents supports de communication.

 

 

• Accroître la reconnaissance de la littérature jeunesse dans les médias

Alors que la littérature pour la jeunesse est boudée par les grands médias, le SNEJI fera en sorte de promouvoir le travail de ses adhérents, et plus généralement la littérature jeunesse auprès des journalistes et médias.

 

Mais on ne s'arrêtera pas en si bon chemin : « Nous comptons également sur nos adhérents pour émettre des pistes de travail. L'écoute et l'expérience de chacun sont essentielles pour avancer. »

 

Le secteur jeunesse est actuellement celui qui porte en partie le marché du livre en France. Sur la période des 9 premiers mois de l'année 2012, le livre jeunesse est la seule branche de l'industrie de l'édition à afficher un taux de croissance de 2,5 % tandis que le reste du marché a subi une atrophie de 2,7 %, annonce une étude GfK

 

À ce titre, la question numérique se pose, et plus spécifiquement, celle du prêt de livres en bibliothèque. En cherchant à réunir les différents acteurs, comment le SNEJI se positionne-t-il sur cette question ? « Nous ne pouvons pas aller à l'encontre des évolutions technologiques. Nous sommes très favorables au prêt de livres numériques en bibliothèques. L'essentiel, c'est que l'enfant lise et prenne goût à la lecture. »  

 

Et d'ajouter : « Certains de nos éditeurs adhérents proposent leur catalogue en version numérique et notre travail est de conseiller les éditeurs qui souhaitent faire le pas vers le numérique. »