Un salon du livre de Paris 2011 solidaire de la spécificité du livre

Clément Solym - 03.09.2010

Interview - politique - prix - professionnels


Le Syndicat national de l'édition a annoncé la couleur : pour 2011, le Salon du livre sera moins étendu dans le temps, plus professionnel, mais surtout, coûtera moins cher. (voir notre actualité)


Bertrand Morisset, commissaire général de cette prochaine édition voit dans cette nouvelle formule, le moyen de parvenir à répondre aux exigences de chacun. « Reed Expo est organisateur de salons : en tant que tels, si une demande est formulée par nos clients, nous l'écoutons et tentons d'y répondre. Le Salon était déclaré trop cher, alors que durant cinq années, nous n'avons pas augmenté ses tarifs. Si l'on regarde tout autre salon, il répercute sur ses prix l'inflation. Pas nous. Nous, nous diminuons de 17 % le prix moyen, par rapport aux prix de 2010. »

L'argent, l'énérvé de la guerre

Et d'ajouter : « Nous baissons les prix, et le Salon ne perçoit toujours pas d'argent public pour assurer son fonctionnement. Nous aurons un mètre carré à 177 €, autour de 200.000 visiteurs confirmés par les audits que nous effectuons et qui sont contrôlés par la suite, avec pour seul financement de l'argent venant des sociétés. Il est agaçant au bout d'un moment de s'entendre répéter que d'autres salons sont moins chers, alors que leurs chiffres de fréquentations ne sont pas aussi vérifiés que les nôtres et que leur organisation repose sur de l'argent public. »

Ouverture, fermeture, surtout écoute

Cependant, les quatre jours, du 18 au 21, toujours porte de Versailles, auront bien des horaires plus larges. Pour exemple, la journée d'inauguration, le 17 mars débutera plus tôt dans la journée et s'ouvrira à « un public de grands lecteurs ». Une salve d'invitations partira pour drainer plus d'affluence durant cette journée, au détriment des entrées payantes. Alors que l'inauguration fait venir entre 15 et 20.000 personnes, ces chiffres pourraient alors doubler, avec cette initiative.

« On nous accuse de faire du profit abusément, mais avec une ouverture de ce genre, nous faisons surtout le choix de moins d'entrées payantes. L'objectif est de satisfaire nos clients et de répondre à leurs exigences. Par exemple, ils pourront vendre leurs ouvrages dès la soirée d'inauguration, alors que tous ne le faisaient pas. »

D'ailleurs, cette année, promis : pas de bisbille avec les éditeurs indépendants...

Et puis, une durée réduite, alors que déjà 2500 signatures sont prévues, cela implique de la part des éditeurs, une réelle animation sur leur stand, pour capter plus l'attention. « Cette formule de quatre jours concentre l'attention et le public. De notre côté, nous voulons apporter plus d'intensité dans les animations, mais en proposer moins. Place des livres ne sera pas réitéré par exemple, et nous avons choisi de moins mettre le salon en tant que tel en avant. »

Le pari de proposer un Salon plus adapté

2011, une année pilote pour une nouvelle formule donc, mais un quitte ou double ? « Pas du tout : Reed a réfléchi à une solution nouvelle, le SNE l'a approuvée. Nous expérimentons une nouvelle solution, qui réponde à des contraintes économiques. Pour les éditeurs qui viennent de province, c'est moins de journées d'hôtel et de frais durant la période. Pour les éditeurs parisiens, moins de RTT posées à la suite du Salon. En somme, non seulement le prix moyen du mètre carré a baissé, mais les dépenses générées par le salon diminueront. »


Tandis que d'un autre côté, en élargissant les horaires d'ouverture et fermeture, « nous donnons l'occasion de vendre sur une durée plus large. L'un dans l'autre, cette formule prend en compte des moments comme la journée du mercredi qui était toujours plus ou moins flottante ».

Cinq thématiques - dont une mystère

Or, si le salon ne se met pas en avant, et qu'il met à l'honneur cinq pays nordiques, cette édition 2011 se découpera en cinq grands thèmes. « D'abord, les pays nordiques, que nous avions déjà annoncés. Ensuite, une approche sur le numérique - le Salon 2010, c'était un véritable centre de formation gratuit : quiconque suivait l'ensemble des conférences de Lectures de dem@in devenait presque incollable. C'est ça aussi, le Salon, des animations gratuites et pertinentes. Les deux autres thématiques seront l'outre-mer, sur le modèle de ce que nous avons fait l'an passé pour valoriser les littératures d'Afrique. Et enfin, tout un pan dirigé vers la jeunesse. »

Ce qui ne fait que quatre, ou alors mes profs de maths m'ont menti... « Le cinquième thème sera dévoilé plus tard, mais il aura toujours pour objectif de mettre en valeur le livre. Cette année, comme toutes les autres, Reed Expo veut montrer qu'il est solidaire de la spécificité du livre », conclut Bertrand Morisset.

Le programme est alléchant.

Cette année, le groupe Hachette a laissé ses filiales libres de se rendre ou non au Salon, tandis que l'an passé, au terme d'une consultation générale, il avait été décidé que le groupe ne prendrai qu'un stand corporate.