11% des étudiants américains empruntent leurs manuels... voire pire

Clément Solym - 24.02.2012

Lecture numérique - Usages - étudiants - manuels scolaires - emprunter


Un rapport du Book Industry Study Group expose ses premières conclusions concernant les étudiants et leur relation aux contenus dans l'enseignement supérieur. Les prix des manuels et autres ouvrages indispensables à leurs études ayant augmenté, les étudiants se débrouillent comme ils peuvent.


Le rapport cherche donc à répondre à des questions-clés : comment les étudiants définissent et recherchent la valeur du contenu de ce qu'ils lisent ? Quels facteurs entraînent ou non l'achat ? Quelles catégories d'étudiants préfèrent les manuels numériques ? Quel succès rencontre actuellement la location de manuels ?

 

Par tous les moyens

 

Le rapport éclaire la banalisation progressive du vol de livres, ou encore de la photocopie. Il apparaît que les comportements illicites face aux livres destinés à l'enseignement supérieur sont beaucoup plus répandus que ce que l'on peut imaginer. Moins de 60 % des étudiants, pointe ce rapport, achète leurs livres, usés ou neuf, et ce, de façon assez régulière. 11% des étudiants empruntent ces livres.

 

« Les étudiants réagissent au prix élevé des manuels en changeant d'opinion sur ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas », explique Angela Bole, de BISG. «  Quand vous associez cela avec l'impact des évolutions technologiques extrêmement rapides, vous avez tous les éléments pour créer un horizon confus. La motivation de l'étude de BISG sur les comportements étudiants est d'éliminer cette confusion ».

 

Utilisation de technologies « intelligentes »

 

Qu'en est-il de l'utilisation de smartphones et de tablettes ? Il apparaît que leur utilisation est moins fréquente dans un contexte universitaire. 60% des personnes interrogées disent disposer d'une tablette ou d'un smartphone, mais peu utilisent des applications dédiées. Cependant, 46 % d'entre eux sont intéressés par l'acquisition de manuels sur leurs appareils.

 

Le rapport révèle des opportunités à saisir, telles que des « plates-formes pédagogiques intégrées », très appréciées des étudiants qui y trouvent une véritable plus-value au contenu des cours.

 

Tout cela pour affirmer que l'enseignement universitaire n'est donc plus uniquement centré sur les manuels. Kelly Gallagher, vice-présidente de Bowker Market Research, estime que « le manuel universitaire subit des changements en ce qui concerne le comportement étudiant ». Selon elle « il s'agit pour les éditeurs d'un moment critique pour explorer la recherche et l'utiliser afin d'identifier de nouveaux modèles créatifs qui soutiendront leur commerce demain, l'année prochaine, et tout au long de la prochaine décennie ».