25 % des Américains ont lu un ebook et le papier chute

Clément Solym - 28.12.2012

Lecture numérique - Usages - lecteurs ebook - lecture de livres - ouvrages papier


Les dernières statistiques sur la lecture outre-Atlantique sont tombées dans un bruit fracassant - un peu comme un nouveau thriller, qui doit toujours faire une entrée fracassante. L'Institut Pew Research  montre que désormais, 23 % des Américains de plus de 16 ans ont lu un livre numérique durant l'année 2012, soit 16 % de progression en regard de l'an passé. Mais, le pan tragique de l'étude porte sur la lecture de livres imprimés, qui a diminué de 72 à 67 %. 

 

 

De fait, les résultats de l'étude montrent également que les lecteurs ebook et les tablettes ont une croissance forte : la population américaine s'est amplement habituée à ces appareils. Lecteurs ebook et tablettes, qui représentaient 18 % des outils de lecture comptent pour 33 % à présent. La part du lion, c'est évidemment la tablette qui se la taille, avec un quart des Américains de plus de 16 ans qui en possède une, alors qu'ils n'étaient que 16 % l'an passé. De l'autre côté, ils sont 19 % à disposer d'un lecteur ebook.

 

 

 

  

Prêt d'ebook et connaissance du public

 

L'une des limites de l'étude, est qu'elle ne prend toutefois pas en compte les smartphones, qui auraient pu représenter plus encore dans l'ensemble du parc d'appareils de lecture. Surtout qu'une minorité croissante de consommateurs se fournit maintenant en bibliothèque : 5 % contre 3 % seulement l'an passé. 

 

En bibliothèque toujours, lieu de découverte privilégié pour le livre numérique, on s'informe : 24 % des personnes interrogées assuraient l'an passé qu'elles savaient qu'une offre ebook existe dans leur établissement, contre 31 % cette année. De même, ils étaient 63 % l'an passé à ignorer l'existence d'un prêt d'ebooks dans leur établissement, contre 57 % cette année. 

 

L'intérêt moindre pour le papier

 

Pour la consommation de livres papier, Lee Rainie et Maeve Duggan, auteurs de l'étude, cette diminution est « statistiquement significative » : la diminution du nombre de consommateurs d'ouvrages imprimés pose un réel souci, et d'autant plus que fin 2011, Pew constatait la diminution de 78 à 75 % de consommateurs de livres papiers.

 

Ce qui, l'un dans l'autre, montre que non seulement le numérique ne compense pas encore les pertes de ventes, mais probablement aussi que l'on consomme moins de livres sur le territoire étatsunien... 

 

Pour 75 % des Américains de 16 ans et plus ont lu un livre, toutes plateformes confondues, contre 78 % l'an passé. Ils sont 67 % à avoir ouvert un ouvrage papier, 23 % un livre numérique, et 13 % un audiobook. Tous comptes faits, cela représente en moyenne entre 15 et 6 ouvrages lus pour les 12 derniers mois, avec comme suit

 

7 % pour un livre

14 % pour 2/3 livres

12 % pour 4/5 livres

15 % pour 6/10 livres

13 % pour 11/20 livres

14 % au moins 21 livres

 

 

Socialement, l'évolution, bien entendu

 

Du reste, il faut noter que les consommateurs de livres numériques ont principalement entre 30 et 49 ans, sont de grands lecteurs, avec un revenu élevé - on parle ici de 75.000 $ de revenus annuels - et une vie urbaine. Si les femmes ont adopté ces technologies avec un peu de retard par rapport aux hommes, elles connaissent cependant une croissance plus rapide. Or, évidemment, ce taux d'adoption est à mettre en parallèle, stricto sensu, avec l'éclosion du genre Mummy Pron, qui a conquis la planète entière : en l'occurrence, le livre pour E.L. James, Fifty Shades of Grey. 

 

Autre élément intéressant : aucune distinction ne s'opère, ou si peu que pas, entre Blancs et Noirs ou Hispaniques, lesquels sont simplement un peu plus éloigné en taux d'adoption. Et paradoxalement, le taux de lecteurs sans diplômes ou avec un faible niveau d'études est deux fois plus important que ceux qui ont un diplôme. Avec une nuance toutefois : il semble que chez les cow-boys, on trouve plus d'hommes qui aiment le papier, lorsque les ebooks sont plus compliqués à lire. 

 

Un dernier élément : cette étude est en partie financée par la Fondation Bill & Melinda Gates. À découvrir dans son intégralité à cette adresse. 2252 personnes ont été sondées pour l'occasion.