À Chelles, si tu vas au lycée, on t'offre une place de cinéma

Clément Solym - 07.06.2008

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Effet Palme d'or attribué à un film qui se déroule dans un collège, personne ne le saura, mais alors que les mesures répressives ont échoué, pour maintenir les élèves en classe, la Seine et Marne tente de les appâter à prompt renfort de 7e art...

Absentéisme à répétition

Chaque année l'absentéisme touche 275.000 élèves au niveau national, et Chelles n'y coupe pas, alors on a décidé de se calquer sur l'Angleterre en attribuant des bons points aux élèves qui viennent : à Louis-Lumière, 60 lycéens se sont ainsi vus dotés au cours d'une cérémonie, d'un « diplôme du mérite », accompagné de tickets de ciné offerts. « 99 % de mes élèves sont ici parce qu'ils ont échoué au collège, explique Daniel. Cette cérémonie, comme tout ce que nous entreprenons, doit les empêcher de décrocher. »

Les SMS avertissant de l'absence de votre bambin sont donc loin et malgré la circulaire à venir, le gouvernement serait peut-être avisé de passer du répressif... à autre chose.

Encourager plutôt que punir

Le proviseur du lycée, Daniel Gruat, partage cette opinion et incitait déjà à « rémunérer les élèves en lycées professionnels », une idée qui avait germé dans la tête d'un maire espagnol, pour encourager les élèves de son école à lire. Pour « ceux qui n'ont pas décroché », le bon point n'est plus d'actualité, mais n'incarne pas non plus la solution miracle. Pascaline, 18 ans, témoigne au Parisien : « Je m'ennuyais, j'étais sûre de ne jamais y arriver. » Et si l'on brandit la carotte, elle avoue avec une seconde d'hésitation : « Ça dépend lequel. Pour une télé, je pourrais me motiver. »

D'un autre côté, les primés de la cérémonie du billet de ciné gratos, l'exemple de Fatima, que cite également le journal frappera de sa simplicité. Si elle continuera à aller en cours, c'est pour « faire plaisir à ma mère ».

Opération ciblée et fragile

Néanmoins, l'opération a un coût : « entre 500 et 600 euros » précise Daniel Gruat, et « a ciblé 60 élèves les plus méritants dans le sens où ils sont partis de rien mais se sont accrochés et ont obtenu d'excellents résultats ». Pour Dominique Benoît, cité par le Figaro : « On travaille à développer l'assiduité » et de ce fait, « on récompense lors des journées d'excellence les élèves qui se sont distingués par leur présence en cours, leurs résultats scolaires, leur engagement citoyen ou par leurs performances sportives et artistiques ».


L'absentéisme qui touche plus aisément les lycées pro que généralistes se combattra-t-il à renfort de salles obscures ? Sûrement pas. Et si les uns crieront sans peine à la démagogie, au ministère de l'Éducation nationale, on nous explique que « tirer sur l'ambulance, c'est le meilleur moyen de l'empêcher d'avancer ».