À l'épreuve du feu : l'édition d'un manuscrit pour les étudiants

Association Effervescence - 28.10.2015

Lecture numérique - Acteurs numériques - chemin vert - kobo concours - publication numérique


Chaque semaine, ActuaLitté, en partenariat avec l’association Effervescence, réunissant les étudiants et anciens élèves du master Édition et Audiovisuel de Paris-Sorbonne, vous donne rendez-vous : retrouvez dans les colonnes de notre magazine une chronique, réalisée par les étudiants de la formation, racontant la vie du master et de l’association. Chaque année, les étudiants du master travaillent sur l’édition d’un roman, en partenariat avec la maison Chemin vert éditions. Cette semaine, ils nous présentent leur travail.

 

 

 

Dans quel contexte s’inscrit la publication ? 

 

Nous avons un partenariat avec la maison Chemin vert, qui publie des romans contemporains, au format numérique, par le biais d’un concours de manuscrits : Nos lecteurs ont du talent. Dans ce concours, les internautes qui écrivent sont invités à publier leurs romans sur une plate-forme ; ils seront jugés par leurs pairs, car ce sont les lecteurs qui forment le jury du concours. Ces lecteurs s’inscrivent, lisent, critiquent, votent, et choisissent cinq manuscrits qui seront à leur tour lus et jugés par un jury professionnel. C’est ce dernier qui sélectionnera le grand vainqueur. Sa récompense : la publication au format numérique de son roman, en avant-première sur les sites de la Fnac et Kobo.

 

Il s’agit donc d’un concours interactif qui place le lecteur au sein de la sélection. Le fait de réserver la finale à un jury « professionnel » permet d’éviter un problème récurrent pour ce type de concours ; il ne suffit pas de faire voter tous ses proches pour gagner, il faudra également séduire des professionnels du livre. Et le partenariat dans tout ça ? Il consiste à donner une seconde chance aux manuscrits finalistes n’ayant pas été sélectionnés. Les étudiants de notre master forment à leur tour un jury, lisent les textes et en choisissent un qui sera édité par leurs soins, et publié dans le catalogue de la maison Chemin vert. Cette année, le roman sélectionné est l’œuvre d’Alain Darnaud et s’intitule Toujours d’autres montagnes.

 

 

Vous avez donc travaillé à quinze sur un manuscrit ? 

 

Cela aurait été très difficile, c’est pourquoi seuls cinq étudiants de la promotion ont participé à ce projet. Et même dans ce comité réduit, il n’a pas toujours été simple de bien se coordonner, puisque tout le monde travaillait sur le même texte. Pour Hackœurs, nous étions quinze, mais c’était un recueil, et chacun a travaillé sur un ou deux textes, avec ses auteurs, personnellement. Ici, nous étions cinq éditeurs pour un seul auteur... et sur un manuscrit beaucoup plus long. 

 

 

En quoi consistaient vos tâches ? 

 

Notre travail consistait surtout à entourer l’auteur et à travailler avec lui sur son roman. Nous lui avons fourni des pistes pour revoir certains passages et nous avons remanié ensemble la structure, ainsi que des passages de détail. Nous avons également préparé la couverture. Mais nous n’étions pas chargés de toutes les tâches de création de l’objet comme pour notre projet Hackœurs ; par exemple, la réalisation de la maquette et la correction ont été assurées par d’autres intervenants, de même que la création de l’EPUB. 

 

 

Parlons des manuscrits que vous avez lus : quels ont été vos critères de choix ?

 

Notre choix a été rapide. Le manuscrit que nous avons sélectionné ressortait bien par rapport aux autres et nous a paru beaucoup plus abouti. Il s’agissait d’ailleurs d’un roman déjà retravaillé par son auteur, et non d’un premier jet. Il était donc beaucoup plus proche de la publication, même si à force de pinailler... le travail sur le manuscrit s’est révélé plus important que nous le pensions ! Encore une fois, le fait d’être à cinq a été un atout et un inconvénient : cinq sensibilités différentes permettaient cinq regards différents et donc beaucoup plus d’attention sur les détails. Certains d’entre nous ont repéré des incohérences importantes tandis que d’autres se sont focalisés sur la fluidité du texte et ne les ont pas vues ! Mais d’un autre côté, chaque décision était longue à prendre puisqu’il fallait toujours s’assurer que tout le monde soit d’accord sur le moindre mot. 

 

 

Comment s’est déroulé le travail ?

 

Nous avons fait beaucoup de relectures et de corrections durant l’été. Le manuscrit est parti en corrections il y a peu et l’EPUB vient d’être créé. Il va donc entrer en phase de test et le roman paraîtra en novembre.

 

 

Et de quoi parle-t-il, ce roman ?

 

D’amours d’enfance et d’histoire de l’aviation ! C’est l’histoire d’un homme au bord de la dépression qui, au cœur d’un faux braquage raté, retrouve un amour de jeunesse. Il est alors confronté à ses souvenirs, à un drame non résolu et aux magouilles qui entourent la famille de cette femme retrouvée après tant d’années. L’une des grandes qualités du texte, c’est d’arriver à mélanger des problématiques de la vie de tous les jours avec des événements complètement improbables, et malgré cela, de rendre le tout très crédible. On a un peu de tout dans ce roman : un côté très réaliste et contemporain, des passages de souvenirs d’enfance, toute une intrigue autour de pionnières de l’aviation comme Léna Bernstein ou Adrienne Bolland, une partie road trip, beaucoup d’humour noir aussi, et de l’auto-dérision de la part du personnage principal. 

 

 

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À mardi prochain !