Achat dans les applications : Amazon devant la justice

Clément Solym - 11.07.2014

Lecture numérique - Législation - in app achat - applications Android - Kindle Fire


Dans un communiqué tout ce qu'il y a de plus officiel, la Federal Trade Communication, vient d'annoncer le déclenchement de poursuites contre Amazon, émanant de parents et autres consommateurs. Ils ont observé des achats non autorisés, au sein des applications vendues par le cybermarchand, depuis leurs comptes clients.

 

 

 

 

Ce sont manifestement des millions de dollars d'achats que des enfants assez peu informés, et certainement mal protégés, ont effectués avec la tablette Kindle Fire. Cette machine tournant sous Android peut faire fonctionner des applications, lesquelles offrent la possibilité de réaliser des achats directement.

 

La présidente de la FTC, Édith Ramiez, explique que le système d'Amazon a permis à des enfants « d'engager des frais illimités sur le compte de leurs parents, sans autorisation ». Autrement dit, le système de vente in-app n'est pas assez sécurisé, et les propres employés de la firme auraient eux-mêmes reconnu ce manque de garanties.

 

Des échanges d'emails datant de décembre 2011 en font état, et appuient la légitimité de l'action intentée par la FTC. Le problème est qu'un achat in-app peut être facturé entre 99 cents et 4,99 $... mais aussi monter jusqu'à 99,99 $. Or, Amazon récupère 30 % sur chaque des achats réalisés au travers de cette solution de vente, mise en place par les développeurs des applis. 

 

Les enfants, pris dans la frénésie du jeu n'auraient alors pas fait attention au fait qu'ils allaient acheter quelque chose, ou ne se sont simplement pas posé la question. Le problème est que, début 2013, Amazon avait modernisé son processus d'achat in-app, mais que celui-ci fonctionnait différemment en fonction des conditions d'utilisation. 

 

Comme la politique commerciale de la société est d'annoncer que tout achat réalisé n'est pas remboursable, les parents qui avaient demandé un remboursement en sont restés pour leurs frais. Manifestement, personne dans la plainte ne se pose la question de savoir si les parents se sont montrés suffisamment responsables et pédagogues pour avertir leurs enfants. 

 

La FTC demande malgré tout un remboursement intégral des frais engagés par les parents, à l'insu de leur plein gré. 

 

Ce qui est drôle, dans cette histoire, c'est qu'Amazon a récemment coupé les vivres d'Apple et Google : en supprimant la possibilité de faires des achats dans les applications de ComiXology, société de vente de BD numériques récemment rachetée, Amazon entendait conserver ses marges. 

 

Les utilisateurs devront créer leur compte sur le site, et depuis l'application, un onglet In Cloud permettra de récupérer les titres numériques achetés. Ceux qui avaient été achetés via l'application n'auront cependant pas à être téléchargés de nouveau. « Dernier point, et non des moindres, pour remercier nos clients fidèles, et faciliter cette transition, nous offrons une carte-cadeau créditée de 5 $ à tous ceux qui ont acheté au travers de la plateforme comiXology par le passé », assurait le Tumblr de la société.

 

Autrement dit, Amazon débourse 5 $ pour convaincre de ses bonnes intentions, tout en montrant que la recherche de meilleures marges est à l'oeuvre. Le manque de rentabilité de la firme a plusieurs fois été pointé, et les inquiétudes sur le sujet reviennent avec la décision de couper l'In-App Purchase. Même si les ventes augmentent, la recherche de meilleures marges est  ici évidente.