Adapter les formats du livre en fonction des lecteurs et des lectures

Julien Helmlinger - 14.01.2015

Lecture numérique - Usages - Formats du livre - Imprimé - ebook - Naomi Baron


Les débats semblent ne plus en finir, qui opposent régulièrement les avantages et inconvénients théoriques du traditionnel livre imprimé à son pendant dématérialisé. La professeure de linguistique et auteure du livre Words Onscreen: The Fate of Reading in a Digital World, Naomi Baron, contributrice au Washington Post, a publié cette semaine un article dans lequel elle donne son propre avis quant aux deux formats de lecture.

 

Reading 

CC by SA 2.0 par jiunn kang too

 

 

Au fil de son exposé, Naomi Baron a récapitulé les avantages souvent invoqués pour vanter les mérites du livre numérique. Il s'agit notamment de son aspect pratique, qui confère aux bibliothèques des usagers un format « compact » et « facile à transporter », mais également de ses apports à la démocratisation des ressources d'apprentissage, de son coût de production moins important pour l'industrie de l'édition...

 

La professeure cite également les supposées vertus écologiques des publications numériques, épargnant les arbres, mais elle estime que ce point reste discutable. Car selon elle, les métaux utilisés dans la production d'appareils de lecture seraient non seulement « rares », mais aussi « hautement toxiques ». Elle pointe le fait que, pour ce qui la concerne, la verdure fait partie des ressources renouvelables.

 

Naomi Baron ne passe pas sous silence les arguments des défenseurs du livre papier. Ceux-là évoquent plutôt des arguments liés aux charmes esthétiques et olfactifs du traditionnel bouquin, ou encore le sentiment d'accomplissement que pourrait apporter au lecteur le fait de voir combien de pages il a dévorées. Ils pointent parfois une certaine facilité d'annotation, ou moins de fatigue oculaire...

 

En milieu scolaire, la professeure rappelle que les étudiants conquis par le format numérique pointent régulièrement des atouts perçus, comme : une meilleure facilité de concentration, une meilleure réponse de leur mémoire spatiale voire de mémorisation en général, moins d'incitation à faire défiler le texte trop rapidement, habitude des lecteurs sur écrans qui pourrait nuire à la compréhension des contenus.

 

Elle a elle-même enquêté sur le sujet, et parmi les étudiants ayant répondu à ses questions ils ne sont pas moins de 92 % à avoir estimé être mieux concentrés lorsqu'ils lisent des textes imprimés. Et selon Naomi Baron l'explication serait simple et résiderait principalement dans les multiples distractions offertes par les appareils connectés. Pour conclusion, la professeure estime que tout dépend des lecteurs et des lectures.