Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Addiction à internet : Les pirates sont de grands malades

Nicolas Gary - 30.05.2014

Lecture numérique - Usages - addiction à internet - piratage - contrefaçon


Le piratage en ligne serait lié à un problème d'addiction à internet, vient d'expliquer une étude présentée par l'Université Tennessee Tech. Les élèves du supérieur qui pratiqueraient le piratage seraient d'ailleurs plus susceptibles d'avoir des amis déviants, ou criminels. Foin des conséquences pour ayants droit, la contrefaçon est un indicateur social de premier ordre : les pirates sont des malades.

 

 

piracy

robotson, CC BY NC 2.0, sur Flickr

 

 

La violation du droit d'auteur est donc un symptôme sociologique, à mettre en relation avec une addiction au net et des tendances déviantes. Les résultats, publiés dans l'étude Addicted to pillaging in cyberspace: Investigating the role of internet addiction in digital piracy, ont été présentés chez Computers and Human Behavior journal. (voir ici)

 

L'enquête menée auprès d'un groupe de 1617 étudiants en université, portait sur leurs habitudes de piratage, mais également sur leur dépendance au net. Les conclusions montrent dans un premier temps que la contrefaçon de film est la plus répandue : 30 % des répondants assurent qu'ils téléchargent des films, contre 15 % et 13 % pour la musique et les logiciels.

 

« Sur la base des résultats de l'étude, nous pouvons déterminer que les étudiants universitaires qui ont des problèmes liés à une addiction à internet sont plus susceptibles de commettre des actes de piratages impliquant le téléchargement illégal de logiciels », écrivent les chercheurs. 

 

Et dans le même ordre d'idée, les étudiants qui piratent ont manifestement des amis qualifiés de déviants. Leur comportement serait même influencé par leur entourage, qui aurait déjà commis de pareils actes répréhensibles. 

 

Déviants, cela signifie qu'ils sont en mesure de faire du harcèlement sur le net, envoyer des photos de nus, ou utiliser, sans permission, la carte de crédit ou l'identité d'un tiers. « Il n'est pas étonnant que les jeunes qui ont commis des actes de piratage, soient également plus susceptibles d'avoir des amis déviants. En d'autres termes, leurs comportements ont été influencés par des amis qui ont commis des actes déviants semblables ou autres », poursuivent les chercheurs. 

 

Ils soulignent que leurs résultats sont une première étape dans l'identification des problèmes comportementaux. Pourtant, il serait tout de même assez évident de conclure que, plus on passe de temps devant son ordinateur, plus on s'intéresse à l'obtention de contenus sous droit, pour se distraire.

 

L'addiction à internet toucherait d'ailleurs plus d'hommes que de femmes. Ce seront donc les premiers à profiter d'un camp de réadaptation à la vie en communauté et au respect du droit d'auteur. (via Torrent Freak)

  

Pour mémoire, la contrefaçon d'ouvrages publiés en France est punie de trois ans de prison et de 300.000 € d'amende, selon le Code de la propriété intellectuelle, et son délicieux article L. 335-2. Plusieurs types de délits, impliquent également une peine de prison de trois années :

  • l'homicide involontaire (art. 221-6 du code pénal) ;
  • les violences ayant entraîné une incapacité de travail inférieure ou égale à huit jours ou n'ayant entraîné aucune incapacité de travail (art. 222-13) ; 
  • la menace de mort lorsqu'elle est, soit réitérée, soit matérialisée par un écrit, une image ou tout autre objet (art. 222-17) ;
  • l'expérimentation biomédicale sur une personne sans avoir recueilli le consentement libre, éclairé et exprès de l'intéressé (art. 223-8) ;
  • le fait de provoquer au suicide d'autrui lorsque la provocation a été suivie du suicide ou d'une tentative de suicide (art. 223-13) ; 
  • la diffusion sur Internet de plans de fabrication de bombes (art. 322-6-1).  

De quoi rappeler que, si les pirates sont des malades, ils sont également de grands criminels.