Adobe piraté, et les lecteurs d'ebooks en dindon de la farce

Antoine Oury - 07.10.2013

Lecture numérique - Acteurs numériques - Adobe - comptes piratés - cartes de crédit


Les services communication d'Adobe ont dû s'échiner de longues heures devant l'annonce à faire : Adobe, fournisseur d'une mesure technique de protection parmi les plus utilisées par les fournisseurs de contenus (le fameux « DRM Adobe »), s'est fait pirater ses serveurs. Près de 2,9 millions de comptes utilisateurs seraient concernés, et des données personnelles se baladeraient dans la nature.

 


Hacker

Chez Adobe, on prend pourtant hacker la protection des données... (mikael altemark, CC BY 2.0)

 

 

L'annonce officielle est parue sur le blog d'Adobe le 3 octobre dernier : « Notre enquête indique que des intrus ont réussi à accéder aux identifiants des clients Adobe et aux mots de passe cryptés dans notre système. » L'alerte concerne 2,9 millions de comptes clients dans le monde, avec la possibilité que des noms, numéros de cartes de crédit, dates d'expiration et « d'autres informations » (sic) aient été enregistrés.

 

Pour tout usage d'un livre numérique verrouillé par le DRM Adobe, le lecteur doit en effet se créer un compte client via Adobe Digital Edition, après avoir téléchargé le logiciel. Étape obligatoire pour pouvoir lire en numérique sur un ordinateur (Mac ou PC), elle est également rédhibitoire, particulièrement dans les bibliothèques et autres établissements publics où toute la manipulation doit être expliquée, pas à pas.

 

Bien entendu, la société a immédiatement lancé une alerte générale, et fait actuellement parvenir des emails aux clients concernés pour qu'ils modifient de suite leur mot de passe. Les banques et autorités fédérales, contactées par Adobe, mettront également la main à la pâte pour parvenir à une solution dans les plus courts délais.

 

C'est le prix à payer pour un logiciel outrageusement propriétaire : tout livre numérique protégé par un DRM Adobe se lira et se transférera par le biais du logiciel Adobe Digital Edition, certes gratuit, mais que l'utilisateur paye à coups de données personnelles. A minima, il devra indiquer email, nom, prénom, ville de résidence et code postal. Dans le cas d'une entreprise, les mêmes informations seront demandées... Une manière de faire devenue courante, que l'on retrouve chez iTunes et consorts.

 

Un trésor pour Adobe, et des données personnelles qu'il lui appartient d'exploiter... ou de se faire dérober.