Allemagne : les maisons d'édition se passent bien des DRM

Clémence Chouvelon - 11.03.2015

Lecture numérique - Acteurs numériques - DRM - watermark - Allemagne Dumont


DuMont, l'une des plus grandes maisons d'édition indépendantes d'Allemagne, a annoncé l'abandon complet du DRM. Ces verrous numériques, qui limitent l'usage et la lecture des fichiers numériques à certains appareils, font l'objet d'une critique de plus en plus vive. Le syndicat des éditeurs et des librairies allemands, Börsenverein, a appelé les éditeurs allemands à les abandonner pour le bien de l'écosystème du livre numérique. Les grands groupes restent cependant hésitants.

 

 

Eliminate DRM suit

(Justin Baugh, CC BY-SA 2.0)

 

 

La maison d'édition DuMont, au chiffre d'affaires de 9 millions € en 2013, devrait d'ici l'automne prochain proposer l'ensemble de son offre numérique libérée des DRM. « Nos multiples années d'expérience nous ont montré que le DRM présente beaucoup d'inconvénients, mais aucune véritable protection contre le piratage », précise Sabine Cramer, la directrice du groupe dans un communiqué de Dumont.

 

« En d'autres termes, les DRM rendent la vente de livres numériques compliquée pour les petites et moyennes structures, sans apporter une protection efficace ». L'abandon du DRM se fera au profit du watermark, un tatouage numérique, visible ou invisible, moins contraignant pour les lecteurs, qui rencontrent souvent des difficultés techniques face au DRM. 

 

D'autres maisons d'édition allemandes, comme Bastion Luebbe et Orell Füssli ont également abandonné le DRM. Depuis l'été dernier, Hoffmann und Campe (HoCa), la maison d'édition historique d'Hamburg, avait pris la décision de se passer du DRM D'Adobe pour leur offre numérique et de la protéger grâce au watermark. Les trois maisons d'édition majeures Holtzbrinck, Random House (Bertelsmann) et Bonnier restent quant à elles hésitantes.

 

« Mais, à notre avis, les responsables devront renoncer aux systèmes de DRM dur, là où c'est possible », expliquait Alexander Skipis, directeur général du Börsenverein (le SNE allemand) à ActuaLitté en février dernier.

 

L'usage persistant des DRM durs interpelle également les libraires : Heinrich Riethmüller, directeur de la chaîne de librairies Osiander, avait qualifié les verrous de « programme de fidélité pour Amazon », assurant qu'ils incitaient les lecteurs à se tourner vers des systèmes propriétaires du type Amazon, beaucoup plus simples d'accès.

 

 En janvier, la chaîne de librairies allemande Osiander, régulièrement présentée comme l'un des challengers d'Amazon outre-Rhin, avait réalisé un coup de maître, aux dépens de son concurrent. De mèche avec ses collègues de la chaîne Mayersche, les libraires avaient organisé une opération intitulée « On vous offre votre liberté ». Le principe : échanger le Kindle, appareil propriétaire, contre un Pocketbook, reposant sur un système ouvert.