Amazon "dynamise un marché un peu atone" (Romain Voog)

Julien Helmlinger - 10.09.2014

Lecture numérique - Acteurs numériques - Romain Voog - Amazon France fiscalité - Marché du livre ebook


Ce mardi soir, Romain Voog, le PDG France du géant de l'e-commerce Amazon, était l'invité de France Info. L'occasion pour lui de confirmer que le livre de Valérie Trierweiler était la meilleure vente de l'année sur la déclinaison nationale de la plateforme. Par ailleurs, tandis que la firme est toujours en conflit avec Hachette, Voog a également soutenu que les prix discount pratiqués sur les ebooks ne faisaient pas concurrence à l'imprimé, car selon lui « les ventes de livres numériques viennent en addition des ventes papier ». 

 

 

 

 

D'emblée au cours de l'entretien aura été évoquée la controversée vache à lait de la rentrée littéraire, le livre Merci pour ce moment de l'ex-Première dame Valérie Trierweiler. Il s'en serait écoulé quelque 145.000 exemplaires en à peine 4 jours de disponibilité sur le marché, selon l'institut GfK. Romain Voog affirme quant à lui qu'il s'en est arraché « plusieurs dizaines de milliers » via Amazon.

 

Il précise que « le livre s'est imposé comme un top des ventes sur l'année 2014, en fait c'est même le bouquin le plus vendu depuis le début de l'année ». Un véritable phénomène commercial sur la plateforme, « bien plus rapidement installé à la première place des ventes » que la saga Harry Potter. Et ce, bien malgré le record de téléchargements pirates du titre.

 

Au sujet des négociations houleuses avec Hachette, et du désaccord qui maintient pendant ce temps les auteurs de la maison d'édition entre le marteau et l'enclume, Romain Voog estime qu'il s'agit d'une simple « discussion commerciale », « qui a lieu aux États-Unis », et qui serait menée « dans l'intérêt des consommateurs avec le souhait de faire baisser le prix du livre numérique et surtout parvenir à un juste partage entre l'auteur, l'éditeur et le distributeur ».

 

La société Amazon s'attire en France comme ailleurs les foudres de la critique, pour ce qui touche à sa stratégie de développement. Si cette stratégie se fait, selon ses détracteurs, au détriment de l'industrie traditionnelle du livre, Voog soutient qu'il s'agit de « dynamiser le marché un peu atone avec des ventes numériques ».

 

Concernant la rétribution de la création, le porte-parole revendique notamment les 70 % de redevances assurées aux auteurs Kindle Direct Publishing. En somme, si tout le monde s'autopubliait sur Amazon, le problème serait enfin réglé ? 

 

Autre débat sulfureux discuté, l'évasion fiscale : « Le Luxembourg est en effet un endroit qui a une fiscalité, mais aussi une main-d'œuvre très qualifiée, et qui se trouve être, ce qui est pratique pour un groupe comme Amazon, au centre de l'Europe. [...] Nous payons nos impôts dans tous les pays ou nous sommes présents. En France, nous avons collecté et reversé plus de 150 millions d'euros à l'État. Mais surtout [...], la contribution [...] est non seulement au niveau de la fiscalité, mais également au niveau de la contribution économique locale. »

 

Et c'est bientôt Noël. Amazon compte recruter quelque 2.500 emplois pour la saison des fêtes. « Avec plus de la moitié en CDI », assure Romain Voog. Selon lui Amazon serait la 6e société parmi celles qui à avoir créé le plus d'emplois en France ces trois dernières années. Bien entendu, sans tenir compte d'éventuelles fermetures de librairies concurrentes. Pour les questions de chiffres d'affaires, « ce n'est pas une question publique » pour Amazon, cotée en bourse.

 

Ci-dessous, l'entretien en vidéo :

 


« Les ventes de livre numérique viennent en... par FranceInfo

 

(via France Info)