Amazon engagé avec auteurs et éditeurs pour abattre un site pirate ukrainien

Clément Solym - 08.07.2020

Lecture numérique - Législation - piratage livres numériques - site Ukraine ebooks - éditeurs auteurs Amazon


L’inimaginable a eu lieu : dans une action en justice se retrouvent les membres de la Guilde des auteurs, Amazon et le géant Penguin Random House. Un trio de plaignants façon carpe et lapin, décidé à faire rendre gorge à Kiss Library, un site de piratage, hébergé en Ukraine. 


 

Le procès est lancé dans l’État de Washington, avec la perspective d’obtenir le blocage de la plateforme. Or, à la différence d’autres plateformes de contrefaçon, Kiss ne propose pas simplement des ebooks piratés : il les vend. Mais répond toujours très rapidement aux notifications DMCA, demandant le retrait de contenus. 
 

Un modèle économique parfait


Opérant à travers plusieurs noms de domaine, Kiss Library cherche délibérément à tromper les internautes, en faisant accroire à un site de vente légitime. Mais les plaignants demandent désormais que cesse son activité lucrative, au détriment des acteurs de la filière livre américaine.

« Bien que les principaux coupables soient les sites web et les opérations de Kiss Library, le fait que les sites consacrés au piratage d’ebooks soient facilement disponibles via les moteurs de recherche américains n’aide pas », indique Douglas Preston, de l’Authors Guild, dans un communiqué.

Moralité : auteurs, éditeurs et libraires en ligne décident de se retrousser les manches pour intenter une action. 

Mary Rasenberg, directrice exécutive de l’Authors Guild, pointe la plainte déposée ce 7 juillet. Selon elle, Kiss Library pose un défi supplémentaire, à travers « une entreprise criminelle particulièrement flagrante ». En vendant des contrefaçons numériques, le modèle lèse toute la chaine du livre : « Pas un sou ne va aux auteurs ni aux éditeurs qui produisent les livres », conclut-elle. 

Voilà maintenant plus de deux ans que des auteurs américains s’interrogent sur les forums, des pratiques de Kiss. Et constatent, désœuvrés, que leurs ouvrages y sont bien vendus, sans qu’aucune ressource ne leur revienne. Or, problème majeur, les internautes ont pu acheter des ouvrages sans se rendre compte de la supercherie. 
 

Les auteurs indépendants sont particulièrement engagés contre le site : malgré les demandes de retrait des ebooks, qui aboutissent, les titres reviennent régulièrement, après quelques mois passés en sous-marin. L’une des options pour ce faire serait que le site ne déréférence pas les ouvrages, mais en regard de l’adresse IP, invisibilise certaines pages… À cette heure, les domaines liés à Kiss Library sont inaccessibles depuis la France, et semblent tout bonnement hors ligne.
 
La présence d’Amazon n’est par ailleurs pas anodine : c’est en effet à travers son volet d’autopublication que le cybermarchand intervient. Il souligne en effet que les titres des auteurs passant par son service d’autopublication sont référencés sur Kiss Library. Provoquant « un préjudice substantiel à Amazon », lit-on dans la plainte. 

Mais il compte également plusieurs auteurs dont il possède les droits de publication, et, à l’instar de Penguin Random House, se retrouve alors privé de ses ressources. Les porteurs de la plainte estiment ainsi que Kiss Library est « le plus grand site de piratage d’ebooks que l’on n’ait jamais vu ».
 

Une pandémie lucrative


La décision de porter plainte viendrait par ailleurs de ce que le site aurait augmenté ses revenus en profitant largement de la pandémie. Le préjudice économique aurait alors grimpé en flèche, à mesure que des lecteurs en quarantaine cherchaient des lectures. Et que Kiss Library leur en a fourni en abondance…

« La lutte contre le piratage nécessite une collaboration de l’industrie et Amazon Publishing est heureux de s’associer à Penguin Random House et aux membres de l’Authors Guild dans cette action contre les pirates de Kiss Library », assure un porte-parole de l’entreprise.

Selon une étude menée en 2017 par Nielsen et Digimarc, les téléchargements illégaux d’ebooks représentaient 315 millions $ de pertes annuelles. Parmi les auteurs de la Guilde, on découvrira Lee Child, Sylvia Day, John Grisham, ou encore Scott Turow, Nicholas Weinstock et Stuart Woods…


sik-life CC 0


Commentaires
Il faudrait développer le service de prêt numérique des bibliothèques (et faire en sorte que les livres téléchargés pour le prêt puissent être lus sur différents supports sans encombre, contrairement à ce qui se passe avec beaucoup de titres prêtés par les bibliothèques municipales de Paris). Il faudrait que les titres soient empruntables numériquement et que les gens le sachent, pour éviter d'aller les télécharger ailleurs.

Le prêt en bibliothèque ce n'est peut-être pas super pour le business mais c'est super pour la lecture et la littérature.
Alina,

Vous parlez du prêt numérique, je trouve que c'est risqué et de plus, qu'ont à y gagner les auteurs et les éditeurs? Est-ce qu'ils touchent des sous à chaque prêt, qui serait équivalent à ce qu'ils gagneraient en vendant le livre?
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