Amazon envoie au tribunal des vendeurs qui se procurent de fausses critiques

Joséphine Leroy - 03.06.2016

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La nouvelle bataille d’Amazon : les fausses critiques de produits. Les vendeurs, petits filous de l’arnaque, se procurent par des services spécialisés des faux commentaires positifs, pour l’autopromotion, ou négatifs, pour écraser la concurrence. Amazon a déjà porté plainte contre de faux utilisateurs et contre des sites de vente de commentaires, mais c’est la première fois que l'entreprise engage des poursuites contre les vendeurs eux-mêmes. 

 

Skateboarder

(David L / CC BY-NC-SA 2.0)

 

 

Amazon n’a plus de patience. L’entreprise a décidé de poursuivre trois vendeurs qui s’adonnent à la falsification de commentaires sur les produits. Ils sont pour le moment trois à s’être attiré les foudres du revendeur : Michael Abbara (Californie), Kurt Bauer (Pennsylvanie) et CCBetter Direct, une entreprise chinoise. Ceux-ci seront exclus des sites et ne pourront plus accéder aux services d’Amazon. Elle exige par ailleurs le paiement des bénéfices réalisés, les frais d'avocats et des dommages-intérêts de 25.000 $. 

 

Faux utilisateurs, sites de vente de commentaires, le vendeur était le seul acteur de la chaîne qu’Amazon n’avait pas attaqué. Depuis 2015, l’entreprise aurait poursuivi 1 000 utilisateurs de comptes qui postaient de faux commentaires moyennant finance. « Notre but est d’éliminer les bénéfices que tirent les vendeurs des sites de marchandage de faux commentaires », a indiqué un porte-parole d’Amazon. L’entreprise a ainsi visé 114 utilisateurs de la plateforme Fiverr, site de vente de commentaires. 

 

L’auteur Nick Mamanas avait repéré sur Craiglist (site de petites annonces) une annonce destinée à recruter « un profil pour poster un commentaire négatif, d’une étoile, sur page produit Amazon » en échange de 10 $. Car les livres sont l’une des catégories les plus appréciées pour ce type de fraude. Un outil, Fakespot (uniquement disponible aux États-Unis, en Angleterre, au Canada ou en Australie), offre une analyse des commentaires d’une page produit pour en montrer le pourcentage de crédibilité. 

 

Les auteurs ne sont pas évidemment pas épargnés par ce phénomène, qui va jusqu’à alimenter la guerre concurrentielle. On se souvient de Jeremy Duns et Steve Mosby qui, victimes d’attaques, avaient accusé leur collègue Stephen Leather d’avoir commenté leurs ouvrages avec intention de nuire. Tout comme Roger Stone, auteur américain, qui se disait victime de ces pratiques et dont les responsables seraient les membres de l’équipe de campagne d’Hillary Clinton. Le livre comportait des passages trop gênants. 

 

Amazon utilise plusieurs moyens dans sa lutte contre les fausses critiques, dont la suspension des comptes de vendeurs. Amazon pense également à développer des algorithmes permettant de détecter les fausses critiques et empêcher leur apparition. Car l’algorithme d’Amazon repose en partir sur les commentaires et les notes attribués par les acheteurs : un produit moins recommandé apparaîtra moins.

 

L’été dernier, l’entreprise a commencé à isoler les critiques qui semblent honnêtes afin que, dans leurs recherches, les clients puissent les voir en priorité. Amazon dit pouvoir éradiquer progressivement les fausses critiques. « La grande majorité des critiques sur Amazon sont vraies et elles aident chaque jour des millions d’utilisateurs à être informés sur les conditions d’achat d’un produit », estime l’entreprise par la voix de son porte-parole.  

 

(via Tech Crunch)