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Amazon et l'auto-édition sur Kindle : un vrai succès ?

- 10.09.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - Amazon - Jeff Bezos - Hugh Howey


Kindle Direct Publishing est le programme d'Amazon permettant aux auteurs de s'auto-éditer en quelques heures, dans le cloud de ses liseuses et tablettes Kindle Fire. Quelques auteurs ayant utilisé le programme sont déjà millionnaires, d'autres espèrent encore un succès fulgurant. Si l'ère numérique ne pourvoit pas à la fortune de chacun, Jeff Bezos le PDG d'Amazon, annonçait jeudi dernier lors d'une conférence que 27  ebooks de son top 100 sont des titres auto-édités. 

 

 

UnBoxing Kindle

LeeLeFever sur Flickr CC BY-NC 2.0

 

 

Le système permet de contourner les éditeurs traditionnels et Amazon assume sa part de responsabilité en récupérant 30 % sur les ventes. Aux États-Unis, 17 % des ventes de livres sont auto-édités, d'après l'institut Bowker. Amanda Hocking en fait partie, devenue millionnaire grâce à ses histoires de vampires dans la série My Blood Approves. Ainsi, lors de la dernière conférence d'Amazon, Jeff Bezos a insisté sur ces promesses d'avenir pour l'auto-édition. Il a affiché une citation de Kathryn Stockett, l'auteure du best-seller The Help.

 

Celle-ci s'était en effet bien souvent lamentée sur son sort, à force d'essuyer rejet sur rejet de la part des maisons. Elle devient un modèle pour les auteurs concernés :  « Et si je m'étais arrêtée au bout de 15, 40 voire 60 refus ? Où serais-je à présent ? Combien de grands manuscrits sont rangés dans un tiroir ? ». Pourtant d'après un sondage, beaucoup d'auteurs auto-édités font peu de recettes, la moitié d'entre eux gagnent moins de 500 $ à l'année, selon un rapport publié par le Guardian. Un faible pourcentage des auteurs auto-publiés ont rapporté des sommes de plus de 100 000 $, en 2011. Les gains moyens étaient seulement de 10 000 $ par an. Pourtant, les commentaires convergent tous dans un sens, soulignant un succès indéniable et général, partagé par les plus grands groupes tels que Barnes & Noble, Apple, et Amazon. 

 

Pour Bernard Starr, professeur et blogueur, le constat est très simple « Les auteurs n'ont plus besoin d'éditeurs, de plus en plus d'écrivains s'ouvrent à l'auto-éditon et réalisent que si vous n'avez pas un profil bien précis et susceptible de vendre, les éditeurs traditionnels ne pourront rien pour vous. » Si les espoirs sont maigres pour les plus pessimistes, à noter qu'ils l'étaient aussi pour Hugh C.Howey et sa série Wool. Et puis en octobre 2011, ses ventes ont décollé, « Je prenais des captures d'écran pour les afficher sur Facebook, au moment où les livres ont commencé à apparaître dans le top d'Amazon ». La compilation Wool Omnibus Edition est depuis quelques semaines classée en 193e position des meilleures ventes. Son histoire est par ailleurs dans le viseur de Ridley Scott.

 

Certains auteurs se sentent comme sauvés lorsqu'ils sont rachetés par une belle maison, après avoir connu un franc succès via l'auto-édition. Howey prétend faire confiance aux lecteurs et dit vouloir continuer à s'auto-éditer malgré les nombreuses offres dont il a fait l'objet : « Les éditeurs vont piocher dans l'auto-édition, mais les lecteurs sont juste intéressés par de bonnes histoires ». 

 

Le groupe célébrait la sortie de son nouvel ereader, le Kindle Fire, qui sera financé en grande partie par la publicité et vendu à des prix réduits. En préambule de la conférence, Jeff Bezos piquait au vif Google, en parlant de sa tablette Nexus 7 : « Ce n'est qu'un gadget alors que le Kindle Fire est un service, il vous offre des conseils d'achat et rassemble tous vos contenus dans le Cloud ». 

 

Quant aux Français, parmi les auto-édités , on trouve Laurent Bettoni, un reconverti. Il ne se fait pas d'illusions sur ses manuscrits : « Je crois qu'il n'était tout simplement pas lu. J'ai donc décidé de me confronter directement aux lecteurs » explique-t-il. Son thriller, Ecran total, demeuré dans le top 5 des ventes du Kindle s'est vendu à 2 000 exemplaires depuis sa sortie en février 2012.