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Amazon et ses nouvelles marges : deux distributeurs s'arrangent

Clément Solym - 01.03.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - Amazon - IPG - distributeurs


Si IPG peut compter sur des soutiens de marque pour faire face à Amazon, deux grands de l'édition indépendante ont choisi leur camp, et pas celui auquel on aurait d'emblée pensé. Le National Book Network (NBN) et Perseus Books Group ont ainsi accepté les nouvelles conditions d'Amazon.

 

Et si l'Independent Publishing Group perdait la partie contre Amazon ? Même s'il reste le deuxième plus grand distributeur pour l'édition indépendante outre-Atlantique (voir notre actualitté), IPG a besoin d'alliés pour faire face au mastodonte qu'est Amazon, lequel pourrait très bien faire sans les quelque 5000 ebooks du distributeur qu'il n'affiche plus sur sa plateforme.


 

 

 

Même si les soutiens ne manquent pas (auteurs, libraires et éditeurs indépendants), deux grands noms du secteur, National Book Network et Perseus Books Group, sont parvenus à un accord après d'âpres négociations avec Amazon. « Les négociations ont été difficiles et parfois tumultueuses. Étant donné les bases sur lesquelles nous sommes partis l'année dernière, l'accord final avec Amazon représente le minimum de ce qu'ils étaient prêts à accepter pour continuer à vendre nos titres Kindle, mais il nous permet également de préserver nos intérêts premiers » a expliqué l'un des deux distributeurs.

 

C'est le grand danger pour IPG : bénéficier de la bienveillance du secteur, bien sûr, mais pas de celle de ses collègues, qui y réfléchissent à deux fois devant le monopole d'Amazon (qui représente 67 % du marché du livre numérique aux États-Unis). Le groupe Perseus Books n'est rien d'autre que le premier distributeur indépendant au pays de la bannière étoilée. Enfin, « indépendant », chacun jugera de la pertinence du terme, puisque Perseus Books Group est un conglomérat d'éditeurs (Da Capo, Avalon Travel, Weinstein Books, Vanguard Press...) et de distributeurs (PGW, Consortium) alimenté par un fonds d'investissement à risques.

 

Parmi les nouvelles conditions de vente figurant dans les contrats des distributeurs, on retiendra une marge de 3 % qu'Amazon réclame désormais sur les ventes d'ebooks, pour faire apparaître sur la page d'un livre le contenu spécifique d'un éditeur (vidéo, liens vers d'autres livres, interviews...), contenu que l'éditeur devra bien évidemment fournir. Par ailleurs, la conversion d'un livre papier ou d'un fichier PDF entraînera une taxe de 8 % sur le prix de vente de l'ebook, contre 5 % auparavant.

 

Laisser Amazon dicter sa loi en matière de gestion de contenu risque vite de provoquer un effet boule de neige auprès des autres librairies en ligne, qui pourraient s'aligner sur ce précurseur en matière de revenus complémentaires. Aux États-Unis, tout le monde regarde désormais du côté des Big Six, soit les six plus grands éditeurs américains (Hachette, McMillan, Penguin, Harper Collins, Random House et Simon & Schuster).