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Amazon facture la taxe de vente en Californie

Clément Solym - 17.09.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - Amazon - Californie - Jeff Bezos


Amazon avait lutté un certain temps contre les autorités fédérales pour ne pas verser la taxe de fédérale. Mais dans un élan de mise aux normes, le géant appliquera l'impôt en Californie et accepte de le verser dans huit États supplémentaires ces prochaines années. Dix-huit entrepôts seront également construits pour faciliter la livraison des commandes en une journée.

 

 

 

 

Mauvaise nouvelle puisque de nombreux clients doivent désormais payer plus dans certains États d'Amérique du Nord. Les clients de Californie devront par exemple payer jusqu'à 9,75 $ de prélèvements supplémentaires, sur les achats de 100 $. Une taxe qui change en fonction du lieu de vie, cette facturation s'élèvera par exemple à 8 $ pour les clients de Philadelphie. Mais Amazon prévoit également de construire 18 entrepôts au total pour des livraisons effectuées le jour même, un véritable défi : « Nous voulons une livraison rapide » a affirmé le PDG d'Amazon Jeff Bezos.

 

Mais la mise en place de cet impôt est un tournant pour Amazon, qui avait longtemps combattu les tentatives par les gouvernements d'obliger les e-commerçants à exercer de tels prélèvements. Les États avaient quant à eux estimé perdre 23 milliards de dollars, lors de la Conférence nationale des législatures d'État.

 

« Amazon estime que la question de taxe de vente doit être résolue au niveau fédéral et nous travaillons activement avec les États, les détaillants et le Congrès pour faire adopter une loi fédérale », d'après Scott Stanzel, le porte-parole d'Amazon. Par le passé et pour échapper à cette taxe, Amazon faisait valoir que si le groupe n'avait aucune présence physique dans l'État, ni entrepôts, ni bureaux, le groupe n'était pas tenu d'imposer cette taxe. Tout cela en fondant son raisonnement sur une décision de 1992 prise par la Cour Suprême.

 

« La justification initiale de cette exemption fiscale de fait était qu'Internet devait avoir un peu de marge puisque le secteur est en pleine croissance » déclarait Michael Mazerov, du Centre du Budget. Mais pour Oliver Wendell Holmes, rien n'est plus normal que de s'y soumettre, puisque « l'impôt est une des bases de notre civilisation » et Amazon n'échappe pas à la règle. 

 

Le net paye ses dettes

 

D'autres marchands en ligne s'y étaient également opposés dont NetChoice, Yahoo, AOL, Facebook, Oracle, Overstock.com, NewsCorp, IAC, Expedia, eBay. Ainsi, comme pour faire passer la pilule, Amazon cherche par à étendre sa présence physique au travers des États-Unis par la construction d'entrepôts et de centres de distribution. Il s'agit d'offrir un service de livraison en une journée à un maximum de clients. Une décision qui apporterait des milliers d'emplois aux États concernés.

 

Amazon a notamment décidé de créer au moins 10 000 emplois à temps plein et d'embaucher 25 000 employés saisonniers dans le Golden State d'ici la fin de 2015. Dans le New Jersey, ses dirigeants prévoient de construire deux centres de distribution, et l'embauche de plus de 1500 employés à temps plein. Une décision prise afin qu'en échange le gouvernement ne perçoive pas la taxe de vente, avant juillet 2013.

 

La société vient à peine de commencer à prélever ces taxes au Texas. Celle-ci va également créer au moins 2 500 emplois dans l'État au cours des quatre prochaines années et ne commencera à l'appliquer appliquer dans le New Jersey qu'en juillet 2013, puis dans l'État du Nevada en 2014. Si Amazon peut vraiment réaliser ses ambitions, a déclaré Sucharita Mulpuru, l'analyste au cabinet d'étude Forrester, « ce sera le détaillant dominant de la décennie à venir ».

 

« Amazon est agressif sur de nombreux fronts », d'après Amy Thomas, le propriétaire du magasinPegasus Books dans l'East Bay de San Francisco. Une librairie qui vend des livres neufs et d'occasion ainsi que des magazines. « Ils vendent des livres électroniques et ils deviennent des éditeurs. Et maintenant, ils veulent mettre en place une livraison éclair. Amazon est une pieuvre. »