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Amazon/Kobo : comics et photos, prochains champs de bataille

Antoine Oury - 22.04.2014

Lecture numérique - Usages - Amazon - Kobo - autopublication


Amazon et Kobo, toujours rivaux malgré la différence de moyens évidente entre ces deux acteurs de la lecture numérique, ont décidé de remettre un peu de couleurs dans l'autopublication. Jusqu'à présent essentiellement limitée aux romans et aux nouvelles, les outils de mise en page et de commercialisation vont peu à peu d'adapter à d'autres genres.

 


Michael Tamblyn (Kobo) - London Book Fair 2014

Michael Tamblyn (Kobo) - London Book Fair 2014 (ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

Amazon ne s'embête plus avec la création de nouveaux services : quand il décide de proposer un nouvel outil à ses utilisateurs, il rachète plutôt la petite start-up leader du domaine en question. Ainsi, le rachat de comiXology par le géant du ecommerce annonce aussi l'intégration de Submit, le service d'autopublication de la librairie de comics numérique.

 

Lancé en mars 2013, Submit n'avait pas déchaîné les foules, peut-être parce que comiXology restait essentiellement utilisé par des lecteurs acharnés de comics, ne disposant que de peu de temps pour s'essayer eux-mêmes à l'exercice. Submit proposait évidemment aux auteurs autopublier de vendre leurs livres. Aucun chiffre, aucune statistique n'ont bien entendu été dévoilés, mais le service n'avait accepté qu'un petit millier de créations, en une année...

 

Une vitrine vide qui pourrait se remplir vitesse grand V avec une intégration directe dans le service Kindle Direct Publishing, autrement plus couronné de succès. Le vendeur en ligne vient de signer un accord - et non d'acheter - avec le site Blurb, afin que les auteurs qui autopublient leur livre de photos via ce service puissent vendre leurs créations directement sur Amazon, moyennant 15 % du prix de vente et un prix d'entrée à 1,35 $, précise The Bookseller.

 

La concurrence a commencé à fourbir ses armes : Kobo, grand rival canadien du géant nord-américain, va ainsi « élargir la gamme d'outils à la disposition des utilisateurs de Writing Life », nous révélait Michael Tamblyn, président et responsable du contenu au sein de la société. L'objectif est clair : offrir aux lecteurs la possibilité de publier leurs livres de photos et autres comics, pour un résultat quasi professionnel.

 

De toute manière, le Canadien avait aussi annoncé que l'actuelle situation du marché de l'ebook, aux États-Unis, n'était plus supportable, après la disparition du contrat d'agence.  « On l'observe aisément : ils diminuent de plus en plus la promotion, et laissent courir le marché américain, pour se concentrer sur d'autres marchés plus intéressants », nous précisait un observateur.

 

Face à Amazon, le choix n'est plus possible : il faut proposer un service qui côtoie les environs du 7e ciel, numérique ou pas. « Des éditeurs traditionnels se sont emparés de l'outil pour créer leur livre numérique, parce que c'est plus simple que de le développer soi-même. Des petites maisons d'édition ont pu en profiter, et puisque nous avons toujours tenu à ne pas enfermer les lecteurs dans un système, l'EPUB peut être librement utilisé ailleurs », s'amusait Tamblyn. 

 

La meilleure garantie pour les auteurs ? Les éditeurs, pour le test, au moins.