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Amazon plaide pour un Internet ouvert et la révision du copyright

Clément Solym - 21.11.2013

Lecture numérique - Législation - internet ouvert - copyright - Amazon


On peut reprocher des milliards de choses à Amazon, et probablement d'autres encore. Mais la société de Jeff Bezos est engagée dans une lutte pour un Internet libre, ainsi qu'elle l'a démontré devant la Chambre des représentants américaine. Le vice-président s'est également lancé dans un plaidoyer pour limiter les excès que le copyright entraîne...

 

 

Internet Open

balleyne, CC BY 2.0

 

 

La plupart des fournisseurs de contenus sur le net ont été auditionnés par la Chambre cette semaine, avec pour perspective de faire progresser la distribution numérique sur internet. L'intitulé de l'audition, The Rise of Innovative Business Models: Content Delivery Methods in the Digital Age, montre bien tout l'intérêt que portent les parlementaires à cette croissance économique possible. 

 

Bien entendu, des acteurs comme John McCoskey, vice-président de la MPAA, association de lutte pour la défense des intérêts du secteur musical, a tenu à rappeler l'importance de la propriété intellectuelle. Et de l'offre légale, pour assurer la rémunération des producteurs de contenus, et si possible des auteurs. De même, il revient à chacun de prendre sa part de responsabilité dans la lutte contre le piratage et les pratiques abusives qui « nuisent aux intérêts des consommateurs », en fin de compte.

 

L'intervention de Paul, Misener, vice-président d'Amazon.com, pour les relations avec le public, a rappelé que sa société avait originellement commencé son activité par la vente de biens culturels physiques. La dématérialisation ne change pas grand-chose : une fois le contenu numérique délivré au consommateur, des appareils se chargent de le reconstituer pour « le convertir en texte, son et images ». Et de rajouter qu'en plaçant le consommateur au centre de toute la réflexion, ce dernier dispose d'un lieu pour découvrir et acheter, à volonté.

 

Bien entendu, la multiplication des plateformes de vente est une nécessité, reconnaît Amazon, mais contrairement aux homologues du monde musical, la firme avertit charitablement : la lutte contre la contrefaçon est un combat difficile, et que l'on ne remportera pas en brandissant le copyright et la menace de dommages-intérêts. 

 

Amazon préconise une législation et des sanctions moins complexes, « par exemple lorsque l'accusé a agi, en toute bonne foi, ignorant que l'oeuvre était protégée », ou que son utilisation était illégale. À ce titre, se tournerait la page du tout répressif aux États-Unis, pour mieux prendre en compte les besoins et usages du consommateur. 

 

En l'absence d'une forme de licence globale, et de communication propre et centralisée à destination des clients, qui viendrait des créateurs et des éditeurs de musique, Misener propose de ne pas s'en prendre en permanence au consommateur final. Mais plus importante encore, vient la question de l'ouverture d'internet, et de la liberté à préserver absolument.

 

« La poursuite de la croissance et de l'innovation dans la diffusion de contenus numériques suppose qu'internet restera une plateforme ouverte et non discriminatoire, où les octets sont des octets et qu'aucune limite arbitraire ne vient empêcher les consommateurs d'accéder aux contenus. Le choix du client, sans jugement de valeur, doit être préservé. »

 

Quand on connaît la politique d'environnement propriétaire d'Amazon, avec un Kindle qui refuse le format EPUB, et des livres numériques qui ne peuvent être consultés qu'au travers des appareils ou de l'écosystème numérique KIndle, la prise de position peut étonner. 

 

via Torrent Freak