Amazon récolte des retours pros sur sa plateforme KDP

Julien Helmlinger - 07.06.2013

Lecture numérique - Acteurs numériques - BookExpo - Auto-édition - Amazon


Pour faire le point sur l'état de l'auto-édition et obtenir quelques retours sur sa plateforme Kindle Direct Publishing, en marge de l'événement américain BookExpo, les dirigeants d'Amazon Nader Kabbani et Libby Johnson McKee recevaient un certain nombre d'experts de l'industrie du livre pour un débat fermé. Parmi les intervenants se trouvaient notamment les auteurs Stephanie Bond, CJ Lyons, Hugh Howey, auxquels s'ajoutaient quelques journalistes spécialisés. A l'ordre du jour : des questions tarifaires, de valeurs perçues par le consommateur, de formats de fichiers et autres préoccupations en matière de protection du droit d'auteur.

 

 

 

L'occasion de démarrer la table ronde en évoquant le thème récurrent de la tarification de l'ebook par rapport à son pendant papier, ainsi que de la perception de la valeur du livre numérique par les lecteurs. Une manière d'introduire le débat ciblant plus précisément les publications des écrivains autoéditées. Lyons et Bond, qui ont expérimenté à leurs manières l'édition traditionnelle, ont admis que la principale critique que l'on peut adresser au secteur concerne ses lenteurs de production. Un rythme souvent incapable de satisfaire les attentes des fans en demande constante de contenus supplémentaires.

 

Au rang des autres préoccupations touchant de près le lectorat à l'ère du numérique, ont été mis sur la table les phénomènes de piratage et autres problèmes de compatibilité des fichiers informatiques avec les divers appareils de lecture commercialisés sur le marché. Si les participants au débat ne semblaient pas considérer la contrefaçon comme un fléau véritablement dangereux, la prise en otage des consommateurs par les firmes développant des technologies exclusives a été plus vivement dénoncée comme préjudiciable au marché de l'ebook.

 

En revanche, l'intervention de Howey  s'est axée sur la situation du point de vue des auteurs. Tandis que tout contrat d'édition traditionnel nécessite pour les écrivains d'abandonner une part conséquente de leurs revenus potentiels. En outre, il souligne une certaine perte de contrôle sur leurs oeuvres, ce qui peut être perçu comme un manque de reconnaissance pour des auteurs qui contribuent parfois à faire la réputation d'un éditeur.

 

Les perspectives intéressantes de l'auto-édition, selon la présidente du site web IndieReader, Amy Edelman, concerneraient avant tout les auteurs émergents dont la notoriété reste à conquérir. Une opinion que semble attester certaines des plus grandes réussites en la matière, comme celle de Gillian Flynn et son Girl Gone, et qui ont parfois suscité des retours impressionnants de leurs fans. Des retours qui peuvent conduire ensuite à des signatures de contrats traditionnels entre éditeurs et auteurs. Selon les spécialistes, ce nouveau mode d'édition indépendante, sur le marché du livre, a occasionné un transfert de contrôle vers les lecteurs.

 

Via GoodEReader.