Amazon, royalties et commissions : toujours plus haut, toujours plus vite

- 19.03.2013

Lecture numérique - Acteurs numériques - Amazon - frais - droits


Amazon impose un peu plus son modèle. Une véritable asphyxie de la concurrence qui passe par une réversion attractive de 70% de droits aux auteurs tous les trois mois. Une rémunération trimestrielle dynamique si l'on regarde les standards du papier. Dans l'édition traditionnelle, les versements s'opèrent deux fois par an. Et le libraire accélère un peu plus la cadence.

  

 

Rev Dan Catt (CC BY-SA 2.0)

 

 

Lundi, Jeff Belle, vice-président d'Amazon Publishing a fait parvenir aux agents littéraires, puissants maillons de la chaîne éditoriale, un courrier expliquant que les délais allaient être raccourcis. À compter de fin mars, les royalties seront perçues par les auteurs sous 60 jours chaque mois. Belle justifiait dans sa lettre qu'« à l'ère du numérique, nous ne concevons pas que les auteurs devraient attendre six mois pour être payés ».

 

Ainsi pour les droits générés pour le mois de mars, leur versement aura lieu le 31 mai suivant. Cette décision de réduire les délais est saluée, entre autres, par Jim Rutman de l'agence Sterling Lord Literistic. « Nous serions tous heureux de voir les paiements opérés plus fréquemment. » Se faisant, les auteurs « classiques » profitent des mêmes délais de rémunération que ceux autopubliés via Kindle direct Publishing ou en affiliation.

 

Cette fréquence accrue pourrait offrir une meilleure lisibilité des ventes aux auteurs, mais témoigne surtout du fait qu'Amazon dope le marché en titres bon marché, au détriment de ces mêmes auteurs. Si la perception des droits d'auteur est avantageuse, la politique agressive de prix ne profite pas à tous les formats. Ainsi, les marchés de niche, la rédaction largement documentée, les ouvrages enrichis sont autant de productions littéraires onéreuses, écartées de cette bulle numérique, qui avantage surtout les fictions déclinées en séries.

 

Des avantages au détriment des revendeurs affiliés ?

 

Dans le même temps, le poids lourd essuie les critiques des revendeurs de sa plate-forme suite à une hausse des charges prélevées sur chaque vente. « S'ils augmentent trop les frais, des vendeurs décideront de ne plus vendre ici », avertit Niraj Shah, responsable de la boutique en ligne Wayfair. Un ras-le-bol à prendre en compte quand les principaux marchands qui utilisent Amazon se servent également de la concurrence avec Wal-Mart ou d'Ebay.

 

Dans certains cas comme les fournitures électroniques les frais atteignent 15% sur Amazon. Hier, Ebay annonçait une réduction de frais pour ne pas dépasser 10%. Une première depuis 2010 et qui relance un peu cette guerre qu'on croyait perdue du côté d site d'enchères.

 

Si les marchands profitent du volume de contenus sur Amazon, du côté du portail on invoque la hausse des frais d'énergie pour le transport et le stockage de matériel tiers de longue durée. Mais des options comme « Fulfillment by Amazon » service logistique et d'expédition a été l'occasion d'une surfacturation difficile à absorber en plus de ces nouveaux frais.

 

Au point que la destruction d'invendus de longue date soit préférée par certains aux retours. Calcul rapide à faire quand les invendus retournés sont facturés 50 cents pièce et la destruction pure et simple plus du triple (50cents). L'année dernière, la gronde avait été telle qu'Amazon avait réinitialisé ses forums et mis en place un système de notation de commentaires. D'aucuns y ont vu un outil de régulation contre les marchands mécontents.

 

Mais la concurrence n'offre pas de système de livraison aussi rapide et le stockage géré par les marchands eux-mêmes sont synonymes de coûts non négligeables. Aussi, tous en restants liés à Amazon en raison de son impact, des revendeurs insatisfaits attendent une solution du côté de Google. Ce dernier dispose déjà, en plus de son moteur de recherche, de capacités s'analyse de flux et d'un système de paiement propriétaire.