Antigua piratera légalement l'industrie culturelle américaine

Nicolas Gary - 29.01.2013

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L'endroit est paradisiaque, voire idyllique. Si Dieu vient de temps à autre prendre un peu de repos, c'est forcément ici. Et il doit avoir nombre de pirates pour voisins, sur les plages : Antigua propose aux résidents dans son île de télécharger à peu près tout ce qu'ils souhaitent de contenus culturels, vidéoludique, etc., sans avoir à verser un seul centime. Une enclave idéale...

 

 

Antigua

Antigua, vue depuis 38.000 pieds

Jerry.Raia, (CC BY-ND 2.0)

 

 

Antigua et Barbuda est un pays des Antilles, qui compte 90.000 habitants : ancienne colonie britannique, qui a conquis son indépendance le 1er novembre 1981, elle était devenue un adhérant de l'Organisation des États de la Caraïbe orientale, en juin de la même année.

 

Donc Antigua est un lieu privilégié pour les pirates. Dans un récent fait judiciaire, l'île vient de mettre les États-Unis à genoux, en vertu du droit international. C'est en effet un différend commercial ancien qui vient de se résoudre entre les deux pays. Au début des années 90, Antigua compte surtout des casinos, et après la vague de lutte américaine contre ces établissements, Antigua décida de porter plainte, en saisissant l'Organisation mondiale du commerce. 

 

En jeu : la violation des règles du libre échange. Procès. Échanges de politesses...

 

Et voilà qu'Antigua remporte la partie. Dans ce genre de cas, le pays obtenant gain de cause tente de mettre en place un droit spécifique sur une marchandise, exportée par le pays perdant. Mais dans le cas de cette île si petite, l'économie américaine n'aurait rien senti passer. 

 

Et voilà le comble de l'idée : Antigua sollicite l'OMC, lui demande dans quelle mesure les réparations peuvent être gérées sous la forme de biens découlant de la propriété intellectuelle... Et l'OMC valide... En tout, l'île pourrait disposer de 21 millions € annuels de téléchargements divers et variés, sans être le moins du monde inquiétée. En représailles contre l'embargo lancé dans les années 90 par les États-Unis.

 

La levée de boucliers n'a pas tardé : David Israelite, PDG de la National Music Publishers Association s'exclame que rien ne justifie qu'on pille la création des compositeurs américains. Et que promouvoir la violation de la propriété intellectuelle reviendrait à mettre l'île en position délicate vis-à-vis de sociétés qui souhaiteraient investir... 

 

Le conflit n'est pas encore complètement réglé, et la solution choisie reste en discussions.